Tout simplement de par le faible coût d’investissement de base. Le vidéoprojecteur est à l’évidence le moyen le plus économique au ratio prix/surface d’image de toutes les technologies d’affichage d’image.
Mais avant d’aborder ce seul critère, il est important de comprendre l’offre technologique de la vidéoprojection. Avec à l’esprit qu’une salle de réunion, quelle qu’en soit sa taille, est un espace où l’on regarde l’image avec un niveau de lumière ambiante élevée, pour la simple raison que l’on souhaite y voir les participants et y prendre des notes. C’est donc tout l’opposé d’une salle de cinéma, dans laquelle on ne souhaite pas du tout voir ce que fait son voisin.
Or, tous les écrans de projection courants réfléchissent simplement la lumière ; seuls les écrans à micro-lentilles, tels que par exemple les DNP, permettent d’éviter cet effet de fond d’image, lavé gris par la lumière ambiante, où les noirs sont simplement du blanc sale.
Il faudra donc tenir compte de la puissance lumineuse du projecteur pour permettre de sortir un minimum de contraste, mais aussi, et surtout, d’éviter la fenêtre plein sud dans la zone de l’écran, les spots situés juste au-dessus de la toile d’écran, ou encore des fenêtres derrière l’écran. Les spécifications de contraste des appareils fournis par les constructeurs sont mesurées dans une salle totalement noire.
De telles conditions sont loin de la réalité d’une salle de réunion. On sera toujours en balance entre l’envie de faire le maximum pour que la zone de projection soit dans la pénombre tout en ayant besoin que l’orateur placé à côté y soit bien visible. Alors pourquoi ne pas utiliser partout des écrans genre DNP ? Parce que ces écrans n’existent pas dans toutes les tailles et que leur prix est beaucoup plus élevé qu’une toile classique. Mais c’est une option à considérer.
Dans tous les cas, il est important de bien choisir son écran de projection. Les plus simples ont une toile de qualité moyenne, qui se déforme sur les bords avec le temps, finissant par être une surface gondolée. Privilégier un écran électrique au moteur silencieux, avec un bord noir qui renforce visuellement le contraste de l’image en définissant une zone de référence pour l’œil, et un système de tension par câble pour maintenir droit le bord de toile. Les toiles tendues, fixées sur cadre peuvent être une bonne solution, si la salle le permet.
Autre question autour de l’écran, quelle taille d’image ?
Il est recommandé d’avoir une grande image pour que toute l’assistance, même au fond de la salle, puisse lire les informations ; mais avec 2,50 mètres sous plafond il n’est pas possible d’avoir une image de plus de 1,40 mètre de haut, soit environ 2,50 m de base, les auditeurs des rangs de devant occultant l’image à ceux de derrière. Il n’est donc pas possible de faire une grande salle de réunion avec une hauteur sous plafond standard de 2,50 mètres.
Les vidéoprojecteurs utilisent aujourd’hui deux technologies principales, les transducteurs LCD, sous forme d’un prisme à trois matrices LCD combinant les trois couleurs fondamentales pour constituer l’image, le tout dans un tunnel de lumière vers l’objectif. Le LCD est une technique où la lumière traverse la plaquette, de la lampe vers l’objectif. Chaque pixel est plus ou moins opaque, et laisse plus ou moins passer la lumière. Par définition, le système n’est pas parfaitement étanche et laisse toujours échapper un peu de lumière aux dépens de la perfection des noirs.
La seconde technologie utilisée est le transducteur réflectif DLP, qui va renvoyer la lumière vers l’objectif selon la position angulaire de micro-miroirs. Ceux-ci de la taille du pixel d’image, pivotent en fonction du niveau lumineux de chaque point.
Les projecteurs peuvent être mono-DLP avec une roue de filtres de couleurs rotative pour permettre de recomposer le spectre de couleurs en plusieurs passages successifs très rapides, ou en tri-DLP et combiner dans un prisme les trois couleurs fondamentales pour reconstituer l’image. Le mono-DLP peut parfois gêner certains spectateurs, par irisation de l’image à cause de la roue colorimétrique (faites le test en regardant l’écran tout en clignant rapidement des yeux).
Bien sûr, les deux technologies ont leurs avantages de base et sont plus ou moins bien mises en œuvre par les constructeurs. Mais, pour résumer, les projecteurs DLP présentent un meilleur rendu de contraste avec des noirs irréprochables (dans le noir). Les tri-LCD, de par leur qualité de transfert, offrent une colorimétrie plus franche qu’un mono-DLP.
Pour les usages en salle de réunion, où la lumière ambiante ne permet pas un rendu correct des noirs, le tri-LCD est en position de force pour son rendu plus franc.
Second facteur technologique : la source de lumière du vidéoprojecteur
Après de longues années durant lesquelles la lampe au mercure a totalement dominé le marché, sont apparues, depuis trois à quatre ans, des solutions d’éclairage par Led en très petites et petites puissances, mais surtout l’éclairage par laser, ou combinaison Led/laser.
Pour comprendre l’intérêt de ces nouvelles solutions, il faut prendre en compte le vieillissement de ces sources de lumière.
La lampe au mercure est extrêmement brillante, mais sa puissance lumineuse décroît très rapidement dans le temps. Ces lampes doivent être remplacées périodiquement après 2 000 à 4 000 heures d’utilisation, au moment où leurs performances ne sont plus que de la moitié de celles d’origine. De plus, en dégageant une forte chaleur, ces lampes nécessitent un gros système de refroidissement, bruyant et utilisant de multiples filtres à air qui s’encrassent. Le recyclage des lampes contenant du mercure implique aussi un problème de santé et d’écologie.
Les sources statiques Led et laser ont aussi une courbe de puissance/temps décroissante, mais celle-ci est beaucoup plus lente. Les constructeurs annonçant 20 000 heures pour arriver au seuil fatidique de 50 % de la puissance lumineuse initiale. De plus, avec une dissipation thermique beaucoup moindre, ces projecteurs ne nécessitent qu’un faible refroidissement ; ils sont donc plus silencieux et ne nécessitent que très peu d’entretien.
Différence évidente pour l’utilisateur, à la mise en route, un projecteur à lampe classique nécessite une à deux minutes de chauffe pour que sa lampe soit à son niveau de puissance nominale, alors qu’un projecteur à source de lumière statique est à son fonctionnement optimum après quelques secondes.
Il existe des vidéoprojecteurs laser en LCD et en DLP de toutes les puissances lumineuses de 800 lumens à 20 000 lumens. En tant que nouvelle technologie, ils sont cependant, à puissance égale, plus chers à l’achat que les projecteurs à lampe. À chacun de faire le choix de sa technologie en toute connaissance des éléments ci-dessus.
Les constructeurs proposent des projecteurs en plusieurs catégories. Les petits projecteurs, souvent vendus à moins de 1000 €, dits portables, sont des appareils d’entrée de gamme, à poser sur la table pour une présentation rapide, dont les résolutions sont aujourd’hui au minimum XGA, de 1 024 x 768 pixels. Les possibilités de connexion, proposent en général une prise HDMI et une ou deux prises VGA, puis des connexions diverses vidéo qui ne sont pas utilisées en salle de réunion. Ces appareils ont un chemin optique simplifié et doivent être positionnés parfaitement pour ne pas déformer les images.
Dans la catégorie des petits projecteurs, il faut considérer les très courtes focales. Ce sont des projecteurs à objectif fixe, permettant une projection sur un écran à quelques dizaines de centimètres du mur. Ces projecteurs ont des caractéristiques très proches des précédents. Nous en reparlerons plus loin.
Il y a ensuite les projecteurs de la catégorie « installation » qui ont vocation à être suspendus à un plafond ; ils sont proposés dans les résolutions XGA à WUXGA, avec des puissances de 4 500 à 10 000 lumens. En général, ces projecteurs peuvent recevoir différents types d’objectifs pour assurer différentes distances de projection. Ce sont des produits adaptés à l’installation en petites et moyennes salles de réunion. Ils proposent en général des connexions HDMI, DVI, Display Port, VGA au minimum, et de plus en plus souvent une connexion HDBaseT, dont la souplesse permet la liaison image avec une plus grande distance qu’un câble HDMI.
Ces projecteurs proposent en général des systèmes de décalage optique horizontaux et verticaux, pour recentrer l’image, sans pour autant générer d’effet de trapèze. Cette fonction peut être très utile lorsque le projecteur est un peu trop haut par rapport à l’écran, ou un peu décalé de l’axe de l’écran pour des raisons de montage dans le plafond.
La troisième catégorie de projecteur est appelée « grandes salles » ; ce sont effectivement des appareils dédiés aux grandes salles, avec des puissances de 10 000 à 30 000 lumens. Ces appareils assez volumineux seront de préférence positionnés en cabine technique en fond de salle. Les connexions sont en général très complètes, avec parfois une base HDMI, DVI, VGA, HDBaseT et des cartes optionnelles pour d’autres types d’entrées, HD-SDI, ou Display Port.
Quelle puissance lumineuse utiliser ? Les petites salles pourront fonctionner avec des projecteurs de 2 500 à 5000 lumens pour des écrans de 1,5 à 2,5 mètres de base, les salles moyennes utiliseront des puissances de 5 000 à 10 000 lumens, les grandes salles peuvent nécessiter des puissances plus importantes jusqu’à 25 000 ou 30 000 lumens, voire plus, en fonction de la taille de l’écran.
Où placer le projecteur ?
Il existe au moins trois réponses à cette question. La majorité des projecteurs de moyenne gamme sont livrés avec un objectif zoom dont le rapport est entre 1,5 et 3 de focale environ. Ce qui veut dire que pour une image de 2 mètres de base, le projecteur sera situé environ à 4 mètres de l’écran. Il est cependant possible d’utiliser, pour certains appareils, un objectif différent, par exemple s’il existe une cabine de projection en fond de salle, pour isoler la salle du bruit de ventilation du projecteur.
Certains projecteurs dits d’installation sont parfois, au catalogue, mentionnés sans objectif, avec en option une gamme d’objectifs pour répondre à différentes situations. Il faudra calculer l’objectif adapté à son utilisation. Les objectifs de longue focale sont parfois assez onéreux.
En général les projecteurs ont une optique qui permet de développer l’image depuis la base du projecteur. En clair, un projecteur posé sur une table permet d’avoir une image qui va se positionner entre la hauteur de la table et le haut du mur. En cas de montage plafond, le haut de l’image projetée sera en haut de mur et se développera vers le bas. Pour que cela fonctionne, il faut spécifier dans les menus que l’appareil est monté en plafond. Il existe cependant des projecteurs centrés sur leur optique ; ce sont des appareils dont la finalité est en général liée à des applications de visualisation. Attention de ne pas confondre et de vérifier lors de l’achat que l’image est bien centrée comme désiré.
Dans tous les cas, les constructeurs proposent sur leur site Internet un outil de calcul de position du projecteur. On y indique la taille de l’image souhaitée, le modèle de projecteur envisagé, et l’application retourne la position optimale pour l’installation ou, pour un zoom, la plage mini/maxi des positions possibles. Il faut à ce point vérifier la faisabilité physique de cette installation, car on peut être gêné par une poutre en béton ou des gaines de ventilation dans un faux plafond. Donc toujours vérifier réellement la zone d’installation. Au-delà, l’application permet de choisir des solutions alternatives en changeant l’objectif, en changeant de modèle de projecteur dans une gamme, etc. pour envisager toutes les solutions.
La troisième solution de mise en place est l’utilisation de projecteurs à très courte focale. Ce sont des appareils qui s’installent au dessus de l’écran, porté par un bras fixé au mur, à environ 50 à 60 centimètres de mur.
Très utiles en salle de classe ou de formation, ils offrent l’avantage de projeter presque du plafond ; il n’y a donc pas, ou très peu, d’ombre portée par le formateur qui présente son cours devant l’écran. De plus, celui-ci n’est pas gêné par le flux de lumière qui peut lui venir dans les yeux avec un projecteur positionné de façon classique, lorsqu’il regarde l’assistance.
A contrario, l’optique quelque peu torturée qui permet le développement de l’image de si près, présente des défauts de géométrie, surtout dans le bas de l’image. Ce n’est pas très gênant pour un PowerPoint qui est une image statique, mais c’est plus gênant pour une image vidéo en mouvement.
La très courte focale pour des salles petites ou moyennes est une option à considérer. Ces projecteurs ne sont pas compatibles avec les écrans à micro-lentilles, mais sont plus utilisés directement sur un mur peint en blanc ou avec des tableaux blancs qu’avec des écrans en toile.
La déclinaison du projecteur à courte focale est de l’associer avec un tableau blanc interactif. Nous sommes là totalement dans les applications de formation. En utilisant un projecteur à très courte focale, et en l’associant à un tableau blanc interactif, il est possible pour le formateur de faire des annotations, sur le fond de son image de cours. Le système permet de capturer l’image du PowerPoint et des notes réalisées en direct pour mémoriser les éléments enrichis du cours et fournir une copie aux participants.
Certains constructeurs proposent le tableau interactif avec le projecteur directement associé. On obtient ainsi un ensemble cohérent. Les deux appareils étant reliés entre eux pour respecter les distances et assurer une projection calée aussi bien que possible.
Les vidéoprojecteurs sont contrôlés par l’automation, pour les salles ou celle-ci est installée. Si le projecteur est à lampe au mercure, l’automation devra tenir compte des temps de chauffe et surtout de refroidissement, en bloquant l’interface utilisateur le temps du refroidissement, avant d’autoriser toute relance de la projection. Avec des projecteurs à lumière Led ou laser, la question ne se pose pas.
Le vidéoprojecteur est généralement le produit que l’on remplace le plus souvent pendant la vie d’une installation de salle de réunion. Il faut donc que l’entreprise ait bien en sa possession les fichiers-sources des programmes de l’automation pour pouvoir demander à son fournisseur d’assurer le changement de driver nécessaire lors d’un remplacement d’appareil. Il arrive trop souvent que l’utilisateur ne découvre qu’à ce moment l’importance de ces fichiers pour la vie de son installation.
Le projecteur est donc, par son économie, un produit très populaire. Il permet de fournir une prestation de qualité en respectant les contraintes techniques de choix et de mise en œuvre. Il ne faut pas, pour autant, négliger la solution de l’écran plat LCD, dont les qualités de vision en salle de réunion lui sont bien supérieures, mais à un coût plus élevé, à taille d’écran équivalente.
Article paru dans Sonovision #20, p. 30-33 après avoir été publié dans notre Hors-Série intitulé « Comment réussir sa réunion interactive ? » diffusé au printemps 2020. Abonnez-vous à Sonovision (4 numéros/an + 1 Hors-Série) pour accéder à nos articles dans leur totalité dès la sortie du magazine.









