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Comment choisir et installer son vidéoprojecteur dans les salles de réunion ?

La vidéoprojection de faible et moyenne puissance n’a pas encore dit son dernier mot. La source d’éclairage laser contribue largement la résistance face aux moniteurs de grande taille et aux murs d’images... Pourquoi ?

Publié le 30/08/2023

Les vidéoprojecteurs ont l’avantage d’offrir de grandes diagonales pour un investissement mesuré si l’on effectue les bons choix. Car il existe presque autant de références que de types d’applications. De plus, le vidéoprojecteur seul correspond seulement à une partie du chemin. Un certain nombre d’accessoires entourent la projection afin de l’adapter à son usage, tant en termes de mise en œuvre que de câblage.

 

Une question de focale avant tout !

Parmi sa large gamme de potences pour vidéoprojecteurs, Chief propose cette solution spécifique aux plafonds suspendus standards, en toute sécurité. © Chief

L’une des données évidentes concernant le choix d’un vidéoprojecteur concerne sa luminosité. Pour une salle de réunion, les modèles actuels délivrent suffisamment de puissance pour une utilisation sans nécessiter d’éteindre la lumière ou de tirer les rideaux. Cette luminosité produite par l’appareil devra être comprise entre 3 000 et 5 000 lumens environ. La diagonale de l’écran joue également sur le besoin en puissance lumineuse : plus l’écran sera grand, plus il faudra de lumens. Dans la plupart des salles de réunion, la taille de l’écran reste raisonnable, autour de 2 ou 3 mètres en général. Aujourd’hui, les vidéoprojecteurs ont fait suffisamment de progrès dans le domaine de la luminosité grâce à l’éclairage laser. Mais à caractéristiques équivalentes, ces appareils sont toujours plus chers que ceux à lampe haute tension traditionnelle. Il est toujours possible de sélectionner des vidéoprojecteurs moins puissants s’ils sont très proches de l’écran, si l’écran est de taille modeste et si la pénombre est acceptable lors des séances de travail.

La focale est désormais la caractéristique majeure au moment de sélectionner une machine. Bien que l’offre soit assez diversifiée en termes de formats et de puissance, chaque vidéoprojecteur a sa destination : en fond de salle, au niveau du mur ou de l’écran, au plafond ou posé sur la table. Les contraintes d’installation dans la pièce indiquent à quel endroit pourra prendre place l’appareil.

 

Nec adapte ses panneaux Led pour constituer des murs d’images sans limite et sans contrainte à destination des salles de réunion. © NEC

L’optique diffère selon le recul disponible. Il faut donc connaître cette distance et sélectionner un projecteur disposant de la focale correspondante, soit fixe, soit via un zoom. Le calcul est simple, voici un exemple : une focale de 2.5:1 indique que le vidéoprojecteur doit être installé à 2,5 mètres d’un écran dont la base est de 1 mètre. La présence d’un zoom autorise quelques libertés. Mais un projecteur à focale fixe ne peut être installé qu’à un seul endroit pour remplir la totalité de l’écran de projection. Vous devez donc vous assurer d’avoir fait le bon choix de focale vis-à-vis du recul disponible et de la taille d’image visée. Certains modèles sont équipés d’optiques interchangeables pour une adaptation parfaite, voire une réutilisation dans un autre environnement en changeant d’optique. Ensuite, vous pourrez vérifier la quantité de lumens nécessaire.

Le troisième point à prendre en compte concerne la résolution. Les vidéoprojecteurs actuels destinés à un usage professionnel sont encore majoritairement en Full HD 1080p. Cela s’avère suffisant dans la grande majorité des situations, surtout pour de la présentation de documents et avec des diagonales d’image jusqu’à 2 mètres. Au-delà, et pour des applications plus spécifiques via des applications métier, il est intéressant de passer à la 4K pour une plus grande finesse de l’image avec un maximum de détails. Il y a évidemment un surcoût qui se justifie par le confort apporté garantissant des séances de travail plus efficaces et productives.

Mobile s’il est posé sur la table de la salle de réunion, fixe s’il est attaché à une potence de plafond, un même vidéoprojecteur peut être polyvalent dans sa destination. © BenQ

Avec la généralisation de l’éclairage laser, la question de la maintenance se pose de moins en moins. Cette source lumineuse offre une durée de vie de 20 000 à 30 000 heures à l’appareil. Il n’y a plus de lampe à changer toutes les 2 000 heures, ni de filtres à nettoyer ou à remplacer une fois par an. Néanmoins, comme les vidéoprojecteurs laser restent plus chers que leurs équivalents à lampe haute puissance, ces derniers conservent l’avantage du coût, parfois même sur la durée. N’hésitez pas à comparer le prix des lampes, des filtres et à bien anticiper la maintenance pour des vidéprojecteurs toujours pleinement fonctionnels.

 

De multiples possibilités d’intégration

Les modèles portables que l’on pose sur la table de réunion et que l’on déplace d’une salle à une autre restent encore très répandus. Leur coût est souvent moins élevé que les modèles installés. Ils sont polyvalents et il est facile de leur relier temporairement une ou plusieurs sources, ou encore de raccorder une clé USB ou d’insérer une carte SD. Ces vidéoprojecteurs gèrent également le son grâce à des haut-parleurs intégrés. Ils possèdent des réglages facilement accessibles et parfois automatisés pour obtenir une image de niveau dont l’effet trapèze est corrigé. Pratiques, leur poids est modéré et une sacoche de transport est parfois fournie.

Dans l’idéal, il est préférable d’avoir un vidéoprojecteur installé à demeure, dont la télécommande est toujours posée au même endroit. Mieux encore, l’appareil peut s’intégrer au système de contrôle de la salle via un clavier mural ou une dalle tactile au centre de la table servant aussi à la visioconférence et au pilotage de la lumière et des stores. Cette automatisation passe par une connexion série RS232 ou via le réseau. Les vidéoprojecteurs supportent les protocoles les plus courants comme ceux d’AMX, de Crestron ou d’Extron. Le PJ-Link qui se veut universel est utilisé par un nombre croissant de fabricants tels que Sharp, Sony ou Panasonic.

Un vidéoprojecteur se fixe au mur ou au plafond via une potence. Ces supports classiques et universels existent chez tous les fabricants spécialisés. Certains sont fixes, d’autres sont orientables. Des modèles spécifiques permettent de s’adapter à toutes les conditions : potence ultra longue pour les plafonds hauts, potences adaptables aux plafonds en pente, modèles pour projecteurs à ultra courte focale, attaches pour plafonds en dalles standards, cages avec verrou de sécurité, etc. Le câblage pourra être soigné grâce aux passages de câbles aménagés dans les tubes supports.

Pour les salles de réunion haut de gamme où l’apparence et la décoration ne peuvent s’accommoder de machines techniques trop visibles, l’intégration peut être encore plus poussée grâce aux motorisations. Il existe le classique ascenseur descendant du plafond qui fait toujours son petit effet. Plus original et encore plus discret, la trappe miroir s’ouvre à 45° pour réfléchir l’image du vidéoprojecteur qui reste fixe à l’intérieur du faux plafond. Les idées d’intégration ne manquent pas afin de fondre la technologie dans le décor.

 

Le Vivitek DH3665ZN est équipé de la fonction NovoConnect afin de recevoir sans-fil le bureau partagé des appareils des intervenants via le support de différents protocoles. © Vivitek

 

Les applications spéciales

Afin de concurrencer pleinement les écrans plats, les vidéoprojecteurs doivent pouvoir proposer un éventail de possibilités aussi étendu. Celle de plus en plus demandée concerne la projection à ultra courte focale. Ce sont des appareils destinés à être posés au pied du mur ou fixés au-dessus de l’écran. Malgré le positionnement de proximité, leur optique spécifique leur permet de délivrer des images grand format. En dehors de la facilité d’installation et de câblage, ils suppriment la problématique du présentateur passant dans le faisceau de projection. Avec l’ultra courte focale, il n’y a jamais d’ombre sur l’image, à l’identique d’un moniteur.

Toujours dans l’idée de concurrencer le moniteur classique, l’ultra courte focale ouvre la porte au tactile. Ce n’est pas l’écran de projection qui est sensible mais des capteurs qui analysent les déplacements et l’action des stylets ou des doigts des utilisateurs. C’est en quelque sorte de l’interactivité virtuelle qui fonctionne de mieux en mieux par ailleurs, au point de concurrencer les dalles tactiles traditionnelles, la contrainte de la taille figée en moins. Le couple capteur/infrarouge et stylets connectés représente la solution la plus efficace pour les environnements professionnels. Le capteur se fixe au-dessus de l’écran, au plus proche du vidéoprojecteur. Le multi touch est assuré par la plupart des produits dans ce domaine.

La projection sur une surface vitrée apporte une part d’originalité dans les salles de réunion modernes parfois dépourvues de cloisons classiques. Un film spécial se colle sur la vitre. Lorsque le vidéoprojecteur est éteint, rien ne laisse deviner que c’est un écran technique. Une fois l’image en route, la vitre devient un écran. Cette solution peu courante et ludique n’est pas forcément adaptée aux réunions sur des sujets critiques ou confidentiels car tout est visible depuis l’extérieur de la salle. Mais elle a le mérite d’exister pour diversifier les solutions et répondre à certaines contraintes architecturales.

 

Les différents types de liaisons

Le switch VP-426C signé Kramer accepte trois sources en VGA, HDMI et USB-C à transmettre vers le vidéoprojecteur de la salle. © Kramer

La connexion la plus classique consiste à relier un ordinateur fixe ou portable de passage au vidéoprojecteur. Cette liaison s’effectuera classiquement en HDMI, bien que le VGA soit encore présent. Alternativement, le DisplayPort peut être nécessaire, et plus récemment l’USB-C. Ces liaisons numériques, tout comme le HDMI, sont contraintes à de courtes distances. Ce sera parfait pour une liaison temporaire à un projecteur posé sur la table de réunion, à condition de toujours bien avoir le bon cordon sous la main. Si le projecteur est installé au plafond, l’opération devient tout de suite plus compliquée car la longueur de câble peut aisément dépasser les dix mètres.

Une liaison directe pour assurer une reproduction de l’image via la connectique moderne ne fonctionne pas sur de grandes longueurs. Il est obligatoire de prévoir un extendeur HDBaseT ou en vidéo sur IP. Celui-ci peut être direct : un émetteur au niveau de ta table, un récepteur à côté du vidéoprojecteur et un câble réseau entre les deux. À ce propos, la liaison HDBaseT se trouve de plus en plus souvent intégrée aux vidéoprojecteurs. Seul le boîtier émetteur est alors nécessaire.

Le switch vidéo dédié aux salles de réunion représente une solution complète et pratique. Ce type de boîtier rassemble plusieurs entrées vidéo et une ou deux sorties vers le vidéoprojecteur et un moniteur complémentaire par exemple. Les entrées peuvent être diverses sur un même switch afin de couvrir tous les besoins : HDMI, VGA et USB-C par exemple. Ainsi, les intervenants pourront toujours brancher leur ordinateur portable, quel qu’il soit. Pour une intégration efficace, le switch sera caché sous la table et chaque entrée sera reliée à un boîtier comprenant les prises vidéo, des liaisons réseau et des prises de courant. Certains switchs savent également gérer les accessoires USB. Le clavier et la souris de la salle basculent sur l’ordinateur qui a la main et d’éventuels ports USB complémentaires servent à partager facilement le contenu d’une clé USB.

Et pourquoi ne pas passer au sans-fil ? Les solutions collaboratives de partage d’écran sans-fil passent principalement par deux canaux : en wi-fi, via une application spécifique ou les protocoles classiques Miracast/AirPlay/Chromecast, ou à travers un mini émetteur USB à connecter à l’ordinateur appelé communément « click share ». C’est le nom du produit créé par initialement par Barco mais repris depuis par de nombreux concurrents. Ce type d’émetteur communique avec un boîtier récepteur à brancher sur une entrée HDMI du vidéoprojecteur. Mais il existe aussi des fabricants de projecteurs qui embarquent directement cette technologie. Ainsi, l’émetteur USB relié à l’ordinateur se connecte directement au vidéoprojecteur, sans aucun autre intermédiaire.

 

Projection ou mur d’images ?

Le vidéoprojecteur à ultra courte focale PS750W peut recevoir en option un capteur infrarouge et des styles pour se transformer en tableau blanc interactif virtuel. © ViewSonic

Comme nous l’avons vu, les vidéoprojecteurs pour salles de réunion n’ont aucun mal à concurrencer les moniteurs en termes de fonctionnalités et de qualité d’image. Ils sont même supérieurs en ce qui concerne la possibilité d’obtenir de très grandes images. Sauf si l’on compare la vidéoprojection à son équivalent en écrans : les murs d’images. Ces derniers se font de plus en plus présents, sous différentes formes. Il y a tout d’abord les murs classiques constitués de moniteurs LCD.

Le coût d’un mur constitué de 2×2 écrans de diagonale classique, 43 ou 55 pouces, peut être équivalent à celui d’un très bon vidéoprojecteur. Mais dès que l’on passe sur des diagonales plus importantes, le prix global du mur de moniteurs LCD va s’envoler. Pourtant, les moniteurs conservent l’avantage de la luminosité pour une utilisation quelles que soient les conditions d’ensoleillement. Les vidéoprojecteurs conservent l’avantage du prix plus accessible à diagonale équivalente. Côté installation, un projecteur sur une potence a de grandes chances d’être plus facile à mettre en œuvre qu’un mur de quatre moniteurs à aligner parfaitement sur autant de supports muraux.

Les panneaux Led pourraient bien venir titiller rapidement le monde de la vidéoprojection. Évacuons tout de suite la question du coût : les panneaux Led sont encore trop peu démocratisés pour concurrencer la vidéoprojection. C’est juste une question de temps. Dans quelques années, gageons que la technologie sera suffisamment mature pour que les deux technologies se concurrencent frontalement. À ce jour, les panneaux Led ont pour eux l’avantage de luminosité grâce à leur technologie auto émissive. Ils sont aussi très simples à mettre en œuvre grâce à leur modularité. Les panneaux s’empilent et se fixent les uns aux autres pour constituer la surface d’image de son choix, une opération pouvant être effectuée par un installateur seul dans la grande majorité des cas.

Contrairement aux murs d’images constitués de moniteurs, les panneaux Led suppriment l’effet de grille pour une image parfaite de grande ou de très grande taille. Sans limite, en dehors de celle du coût, il est possible d’obtenir des diagonales équivalentes à ce que savent faire les vidéoprojecteurs. Un autre avantage à mettre au crédit des murs d’images Led concerne la durée de vie. Quand celle des projecteurs laser atteint 20 000 ou 30 000 heures, certains fabricants annoncent 100 000 heures pour leurs modules Led. Cela peut représenter dix à vingt années d’utilisation d’une salle de réunion.

Les vidéoprojecteurs conservent encore leur supériorité pour une utilisation en salles de réunion. Les grandes tailles d’images combinées à des tarifs accessibles pour une mise en place simplifiée n’ont pas de concurrence. Le choix dépendra avant tout de la diagonale d’image visée et des différentes possibilités d’installation. Et pourquoi pas des fonctions annexes de plus en plus évoluées pouvant vous diriger vers des produits innovants. Mais il faudra surveiller de près le développement des murs d’images Led dans un futur proche qui pourraient bien finir par voler la vedette à la vidéoprojection telle que nous la connaissons.

 

Article paru pour la première fois dans Sonovision #26, p. 16-19

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