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DIFFUSER ET DISTRIBUER SES CONTENUS – Les solutions d’affichage (Partie 1/3)

Nous reprenons ici le chapitre lié à la diffusion locale et à proximité paru dans notre « Guide des décideurs »*. Lequel se divise en trois parties : 1/Les solutions d’affichage, 2/L’installation de son afficheur dans une salle et 3/Les systèmes de sonorisation. 

Publié le 02/06/2025

rétroDe nombreuses salles de réunion sont équipées d’un écran LCD de grande taille ou d’un vidéoprojecteur pour diffuser localement des sources d’images informatiques et les partager entre tous les participants. Dans la plupart des cas, un simple câble HDMI est en attente au milieu de la table avec son inséparable bloc de prises et un éventuel câble réseau. Au-delà des aspects esthétiques, cette configuration minimaliste conduit souvent à des dysfonctionnements et donc à des retards dans le déroulement de la réunion. Il est possible d’améliorer cette situation en associant à l’équipement de base divers matériels complémentaires comme un sélecteur de sources, un système de diffusion sonore, des panneaux de raccordement standardisés et une petite automation.

L’arrivée des passerelles de présentation et de collaboration sans-fil apporte un progrès indéniable car elles éliminent la corvée du raccordement de l’ordinateur sur le câble disponible en attente. De plus, elles apportent pour les modèles les plus perfectionnés des fonctions de communication et de travail collaboratif qui rendent les réunions plus dynamiques et efficaces.

L’affichage en entreprise se trouve partout et non plus seulement en face d’une table dans une salle de réunion. Le choix n’a jamais été aussi large en termes de technologies différentes, de modes d’installation, d’applications, de services et de fonctions intégrés. Sans verser dans l’overdose d’écrans à tout va, l’affichage dans ces différents lieux d’utilisation revêt toutefois des intérêts distincts en apportant un vrai plus aussi bien aux collaborateurs qu’aux visiteurs de l’entreprise. Une fois les besoins d’affichage numérique cernés, il reste à identifier les réponses techniques afin d’utiliser la bonne solution au bon endroit. Celles-ci se structurent en trois grandes familles : les moniteurs, les vidéoprojecteurs et les murs de panneaux Led.

 

De nouveaux formats d’affichage pour attirer l’œil

Les moniteurs en entreprise sont soit des éléments de présentation passifs, soit des écrans interactifs. La première catégorie s’adresse prioritairement à l’affichage dynamique pour de l’information générale liée à l’entreprise. Ce sont des écrans qui vont baliser le chemin et les espaces en apportant une information pertinente en fonction du contexte. Ce sont aussi des moniteurs que l’on va retrouver fixés au mur ou au bout d’une potence pour les tableaux de bord ou encore dans les salles de commande. L’offre est pléthorique en termes de dimensions et de formats.

Le 16/9e peut bien être remplacé par des moniteurs allongés du type 32/9e pour des affichages originaux qui attirent l’œil et retiennent l’attention. Les dernières technologies d’image offrent de nouvelles possibilités pour marier l’image animée à l’architecture du bâtiment. Les écrans Oled souples épousent les formes des murs et des colonnes, les modèles transparents viennent se coller sur les surfaces vitrées.

La résolution 4K s’est généralisée sur toutes les tailles de moniteurs LCD et Oled. La qualité d’image et la finesse de restitution sont au rendez-vous. Tous les critères sont en augmentation constante. La luminosité, en cd/m2, est un point important à prendre en compte. Elle indique la capacité d’un moniteur à délivrer des images réalistes et contrastées dans les conditions d’éclairage naturel, avec une lumière plus ou moins directe : 400 à 500 cd/m2 en toute situation est une bonne moyenne.

La qualité du rétro-éclairage joue beaucoup sur ce critère. Les moniteurs dont l’éclairage de la dalle s’effectue en Direct Led, éclairage derrière la dalle, ont un avantage par rapport à ceux en Edge Led, éclairage depuis les bords de la dalle.

Enfin, tous les écrans ne sont pas égaux en termes de cycles de fonctionnement. Habituellement, il ne faut pas dépasser seize heures de fonctionnement par jour. Il existe des modèles capables de rester allumés 24h/24. Dans ce cas, un système d’anti-marquage assure que l’affichage restera exempt de défaut sur toute sa durée de vie.

Dans un objectif d’affichage informatif dynamique, les moniteurs totem représentent une alternative lorsqu’aucune cloison n’est disponible. Ils sont parfois adossés à un élément de mobilier tout en pouvant aussi être positionnés de façon autonome, avec deux moniteurs dos à dos par exemple. Ils peuvent aussi être positionnés à l’extérieur pour accueillir et informer les visiteurs avant même leur entrée dans le bâtiment de l’entreprise. Dans ce cas, la luminosité se doit d’être importante pour contrecarrer la lumière du soleil. Les modèles les plus performants dans ce domaine montent à 2 000 cd/m2. Ils sont également équipés d’ingénieux systèmes de ventilation antibuée pour un fonctionnement continu quelles que soient les conditions météo.

 

Tableau comparatif des écrans © Sonovision

 

Les moniteurs deviennent multifonctions dans les salles de réunion

Les moniteurs classiques peuvent être utilisés comme afficheur principal d’une salle de réunion, avec des diagonales de 50 à 86” pour rester dans les dimensions classiques. Ce sont des écrans auxquels on relie différentes sources : celles à demeure liées à la salle ainsi que les appareils mobiles de participants. Il faut prévoir pour cela des cordons, des prises, des extendeurs et une façon de piloter l’ensemble. Autant de fonctions qui s’intègrent désormais directement à certaines gammes de moniteurs spécifiquement dédiées aux salles de réunion. Tous les accessoires et câbles habituels disparaissent pour simplifier la mise en œuvre et les usages au quotidien.

La nouvelle génération de vidéoprojecteurs NEC PA est représentée par des modèles compacts laser à haute puissance et à très faible bruit de fonctionnement. © NEC

La première des fonctions est la transformation du moniteur en tableau blanc interactif. Grâce au tactile multipoints, le présentateur comme les autres intervenants peuvent collaborer sur l’écran avec différents outils d’annotation, soit avec le doigt, soit avec des stylets spécifiques, ou les deux simultanément. Toutes les actions seront mémorisées et facilement récupérables en fin de session via un export sur une clé USB par exemple.

La seconde fonction très demandée concerne la liaison sans-fil entre le moniteur et les appareils des participants. Ce peut être aussi bien un ordinateur portable qu’un smartphone ou une tablette. Autrefois nécessitant des boîtiers externes, les moniteurs embarquent cette possibilité en jouant le rôle de point d’accès sans-fil.

Enfin, lorsqu’ils ne sont pas utilisés, les écrans des salles de réunion peuvent basculer en mode affichage dynamique afin de maximiser leur fonctionnement tout au long de la journée.

 

La vidéoprojection se défend et se renforce

Malgré la forte percée des moniteurs LCD et Oled, la vidéoprojection reste encore une technologie très présente en entreprise. Elle se destine aux salles de réunion où la taille d’image est le critère de différenciation vis-à-vis des moniteurs. En effet, si l’on prend la question du point de vue du budget, le ratio prix/diagonale d’image est toujours en faveur de la projection. Plus l’image sera grande, plus la facilité de mise en œuvre est également à l’avantage du vidéoprojecteur qui s’installe sur une potence par un seul technicien, contrairement à un moniteur de 86”, par exemple, qui va nécessiter l’intervention de deux ou trois personnes.

En revanche, les vidéoprojecteurs connectés équipés de fonctions collaboratives sont encore rares, même si la tendance se dirige vers le renforcement de cette catégorie. Certains intègrent donc la liaison sans-fil pour le partage du bureau d’un ou de plusieurs ordinateurs simultanément. Ce qui est très pratique quand l’appareil est installé trois mètres au-dessus de sa tête, tout en évitant le passage de cordons devenus inutiles. Dans le cas contraire, l’ajout de boîtiers et d’interfaces reste nécessaire, ce qui laisse un avantage aux moniteurs collaboratifs ultra équipés.

Le vidéoprojecteur laser Full HD PT-FRQ60 facilite les réglages vidéo grâce à un mini joystick intégré pour déplacer l’image en une fraction de seconde. © Panasonic

La seconde tendance dans la vidéoprojection en entreprise concerne l’ultra courte focale, qui est en réalité une sorte de rétroprojection. Dans un vidéoprojecteur à focale classique placée au plafond ou en fond de salle, la lumière suit un chemin de l’arrière vers l’avant afin que l’image débouche via l’objectif en façade. A contrario, dans un modèle à ultra courte focale, la lumière suit son chemin pour, au final, passer à travers un jeu de miroir, puis un objectif grand angle pour être finalement projetée vers l’arrière. Résultat : il n’y a pas d’objectif visible en façade. Il se retrouve sur le projecteur qui peut ainsi être placé sur une potence murale spécifique à cette technologie, juste au-dessus de l’écran. Il devient ainsi possible de se déplacer dans la salle sans jamais couper le faisceau de projection.

Certains modèles sont interactifs. Dotés de capteurs de mouvement intelligents ou de stylets communicants, ils transforment la surface de projection en écran tactile virtuel. D’autres sont équipés de multiples fonctions de partage d’écran et de contenus, toujours dans un souci de simplification du câblage dans la salle de réunion en général.

 

Tableau comparatif des vidéoprojecteurs @ Sonovision

 

Une puissance lumineuse adaptée grâce à l’éclairage laser

Pour trouver leur place dans les salles de réunion, les vidéoprojecteurs doivent délivrer une puissance lumineuse suffisante pour ne pas avoir à éteindre la lumière, tout en résistant à la lumière naturelle de la pièce. Les modèles dédiés à cet environnement répondent à cette attente en grande partie grâce à la généralisation du laser. Cette source lumineuse permet d’obtenir une image précise et contrastée, sur de grandes diagonales et à des distances classiques dans un environnement de bureau.

Le laser présente un autre avantage : un allumage immédiat qui fait oublier la mise en chauffe de la lampe haute puissance classique. Toujours à mettre au crédit du laser qui n’a décidément que des avantages, la maintenance est extrêmement réduite et la durée de vie atteint facilement les 20 000 heures. Les vidéoprojecteurs traditionnels utilisant une lampe ne présentent pas tous ces avantages, mais ils restent financièrement plus intéressants pour les budgets réduits.

Les grandes salles de conseil et les salles de conférence nécessitent des appareils à la puissance lumineuse bien plus importante. Ce sont également des espaces où l’image doit pouvoir être affichée sans avoir à plonger obligatoirement la salle dans le noir total. Le vidéoprojecteur sera placé en fond de salle et même dans une cabine pour les environnements pouvant accueillir un très grand nombre de personnes. Il n’y a alors plus de limite à la taille du projecteur et pas de contrainte quant à son bruit de fonctionnement.

Plus la luminosité délivrée par un projecteur est importante, plus il devient bruyant car il doit être refroidi par de multiples ventilateurs. On atteint alors 10, 20 ou 30 000 lumens pour des images de très grandes tailles en 2K ou en 4K, insensibles à l’éclairage indirect de la salle. Dans ce domaine, le laser est en train de supplanter totalement les lampes pour l’ensemble des avantages vus précédemment, auquel il faut ajouter une consommation électrique bien moins importante.

 

La série Philips Display 6000 DvLed comprend trois panneaux de 27” au format 16/9e afin de créer des zones d’affichage de toutes tailles et de supporter jusqu’à la 8K. © Philips

L’affichage dynamique profite de la polyvalence des panneaux Led

Le panneau Led se substitue autant aux moniteurs LCD qu’aux vidéoprojecteurs. C’est justement dans le cas des grandes salles de conférences que la question se pose entre un mur Led et une image projetée. Les deux sont complexes à mettre en œuvre, le gain pour l’un ou l’autre ne se trouve pas là. Le mur Led a comme avantage de pouvoir occuper la surface de son choix avec un découpage totalement sur mesure. Ce peut être une large zone très étirée ou bien plusieurs espaces délimités par l’architecture, la décoration de la salle ou des choix esthétiques. Pour obtenir l’équivalent en vidéoprojection, il faudra peut-être associer deux ou trois projecteurs côte à côte alimentés par un processeur de mapping pour obtenir le même résultat. Les coûts peuvent alors très vite exploser. Le mur Led présente aussi l’avantage d’être évolutif, modifiable, démontable et réutilisable bien plus facilement. À caractéristiques équivalentes, la question de l’un ou l’autre se posera pour l’affichage d’une image 4/3e ou 16/9e classique sans autre artifice. Le vidéoprojecteur peut alors encore tirer son épingle du jeu.

Les panneaux Led sont appelés à remplacer les moniteurs LCD ou Oled pour l’affichage dynamique. Ils sont capables de remplacer un moniteur ou un mur de moniteurs derrière le comptoir de la banque d’accueil et à différents autres endroits de passage importants de l’entreprise. Certains modèles peuvent être courbés ou recouvrir des angles pour des affichages originaux.

Les panneaux Led sont également plus faciles à utiliser à l’extérieur avec des gammes certifiées IP65 ou mieux alors que les moniteurs LCD nécessitent d’être encapsulés dans des totems spécifiques. L’association de panneaux Led sans aucun bord ni effet de grille permet de constituer des murs de taille plus ou moins importante, sans réelle limite de surface ni de format. C’est donc un excellent outil de communication et de présentation interne.

 

Le Flip2 de Samsung pivote sur lui-même afin d’être utilisé dans les salles de réunion en mode portrait ou en mode paysage au gré des besoins. © Samsung

 

Les moniteurs DvLed pour des écrans encore plus grands dans les salles de réunion.

Dans le cas de l’affichage dynamique, la précision de l’image est importante mais elle peut se satisfaire de pixels plus ou moins espacés. C’est le cas lorsque les panneaux Led sont installés suffisamment loin du passage des personnes ou quand ils sont positionnés en hauteur. Avec l’éloignement, l’espace entre les pixels devient invisible. Le pitch définit cet espace entre chaque point de l’image. Plus le pitch est petit, plus le coût des panneaux augmente. Il est nécessaire de définir le pitch adapté à l’usage prévu en étudiant autant la distance de vision minimale que la distance de vision optimale moyenne.

Un pitch situé entre 1 et 3 millimètres sera suffisant pour de l’affichage dynamique grand format en hauteur par exemple. À l’inverse, des pitchs de plus en plus petits rapprochent la qualité d’image des panneaux Led de celle des moniteurs LCD et Oled.

En-dessous d’un millimètre, il devient envisageable d’utiliser des panneaux Led en salle de réunion ou de conférence. On peut associer des panneaux classiques selon ses besoins, mais des fabricants de panneaux les rassemblent dans un cadre unique pour en faire un moniteur prêt à l’emploi. Ce sont ce que l’on appelle aujourd’hui des moniteurs Direct Led. Il n’y a pas de dalle LCD ou Oled, mais bien un ensemble de micros Leds individuellement émissifs.

Les panneaux et écrans Direct Led, appelés aussi DvLed, viennent concurrencer également la vidéoprojection en se positionnant comme une nouvelle alternative avec les avantages suivants : la possibilité de créer un grand affichage sur mesure en empilant les modules, la luminosité importante en toutes circonstances et une très longue durée de vie.

L’affichage numérique en entreprise n’a jamais eu accès à autant de choix en termes de technologies. Vidéoprojection, moniteur ou mur Led, ces différentes méthodes peuvent se voir disséminées à l’extérieur comme à l’intérieur, dans le hall d’accueil, les zones de circulation, les salles de réunion et de conférence. Quasiment à chaque fois, les trois technologies sont capables de répondre à la problématique, avec chacune des avantages à faire valoir, tant en termes de budget que de personnalisation. Plus que jamais, il est important de s’entourer des bons spécialistes pour être accompagné sur ce sujet.

 

*Extrait du chapitre « Comment distribuer et diffuser ses contenus ? » du Guide des Décideurs AV 2023-2024, hors-série de Sonovision, repris dans Sonovision #38 p. 44-59.

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