• Contenu Abonné

Enrichir les services de visioconférence avec vos équipements audiovisuels

Pour offrir plus de diversité et d’originalité aux discussions organisées à distance, pourquoi ne pas associer les outils audiovisuels aux services de visioconférence ?

Publié le 10/03/2021

 

Les services de visioconférence comme Skype, Teams ou Zoom, sont devenus des outils incontournables pour organiser des réunions à distance, assurer des formations ou communiquer des informations. Basé sur l’usage du PC portable ou de la tablette, le cadrage permanent de l’interlocuteur en gros plan conduit irrémédiablement à une monotonie des échanges. Associer les outils audiovisuels aux services de visioconférence offre plus de diversité et d’originalité aux discussions.

 

En quelques années, les outils de visioconférence sont passés de systèmes placés à demeure dans une salle de réunion et dédiés à des logiciels installés sur l’ordinateur portable et filmant individuellement chaque participant. La généralisation du télétravail et les contraintes liées au confinement ont encore renforcé cette tendance. D’où une multiplication des réunions tenues à distance avec un cadrage unique en gros plan sur le visage des interlocuteurs. Lorsque la réunion s’éternise, cette uniformité des images tend à diluer l’attention et le degré d’engagement des auditeurs surtout si le sujet est rébarbatif. Cette apathie est également constatée lors des multiples webinaires diffusés lors des formations à distance ou pour compenser l’annulation des salons.

Avec un peu d’imagination et de créativité, il est possible de rendre ces monologues interminables plus variés et animés. D’autant que les outils de prise de vues se sont diversifiés et démultipliés. Dans de multiples occasions, au-delà des contraintes sanitaires, les visioconférences regroupent à la fois des participants individuels et éloignés, avec un groupe de personnes réunies dans un même lieu.

Se pose alors la question de réussir la captation de leurs interventions avec la webcam et le micro incorporé dans l’ordinateur portable. Or, il n’est pas rare que la salle soit déjà équipée d’un dispositif de prise de vues. L’usage de logiciels comme Skype, Zoom ou Teams, voit leur efficacité renforcée en les associant à des moyens de captation vidéo plus traditionnels.

 

Varier les cadrages avec une caméra externe

La première suggestion est de quitter le cadrage statique en gros plan induit par la position de la webcam en haut du panneau LCD de l’ordinateur ou intégrée au smartphone. Le raccordement d’une caméra externe au terminal employé pour la visio facilitera le choix d’un cadrage mieux adapté, offrira des fonctions de zoom et si elle montée sur un trépied et manipulée par un cadreur autorisera divers angles surtout s’il s’agit de filmer un groupe de participants pour mieux suivre la personne qui s’exprime. Et pour y parvenir, une multitude de solutions sont disponibles.

Il faut toujours avoir à l’esprit que les webcams intégrées dans les ordinateurs offrent un cadrage fixe et des performances assez limitées. Pour une grande majorité d’appareils, elles se limitent à la résolution 720p. En associant une webcam externe Full HD raccordée en USB, on pourra déjà obtenir des images plus détaillées. De nouveaux modèles dotés de capteurs 4K associés à des fonctions de zoom numérique permettent de choisir un cadrage HD dans la zone 4K et de passer ainsi instantanément d’un intervenant à l’autre lorsque l’on filme un groupe de personnes. Avec la mémorisation des cadrages, le changement de cadre est très simple et immédiat sans se perdre dans les commandes du zoom et de la position de la tête de caméra.

Les constructeurs de systèmes de visioconférence (Poly, Logitech, Vaddio, Aver…) proposent tous à leur catalogue des périphériques dédiés et en particulier des caméras avec fonctions PTZ (Pan Tilt et Zoom) directement raccordables en USB. Une télécommande dédiée ou un module logiciel sert à les piloter aisément. Plusieurs constructeurs de caméras PTZ, comme PTZOptics ou Lumens ont également à leur catalogue des modèles équipés de ports USB.

Dans le même esprit, il existe aussi les barres vidéo – en réalité une barre de son intégrant une caméra vidéo – qui sera utile à la fois pour diffuser les paroles des intervenants distants et filmer ceux assis dans la pièce. Dès que ces périphériques sont raccordés en USB à l’ordinateur, grâce aux drivers UVC et UAC implantés sur tous les systèmes d’exploitation, ils sont immédiatement reconnus et apparaissent dans le menu de configuration du logiciel de visioconférence, sous la rubrique caméra et microphones.

 

Raccorder une caméra classique

Pour utiliser une caméra plus traditionnelle avec sortie SDI ou HDMI en lien avec un logiciel de visioconférence, il faut intercaler entre sa sortie et l’ordinateur un boîtier interface qui convertit les signaux vidéo SDI ou HDMI en signaux compatibles avec l’entrée USB de l’ordinateur. Il en existe de très nombreux modèles chez Blackmagic, AJA, Magewell, Inogeni, Elgato, entre autres. Leur fonctionnement est basé sur les drivers UVC et UAC incorporés dans les OS et, en principe, les signaux vidéo sont directement reconnus dans le menu de configuration du logiciel de visioconférence.

Le choix du modèle de caméra dépendra des conditions d’utilisation et du matériel disponible. Elle sera installée sur un trépied et manipulée par un cadreur ou bien sera un modèle motorisé sur tourelle PTZ et contrôlé à distance via un logiciel dédié ou une interface web. Un appareil photo DSLR muni d’une sortie HDMI constitue aussi une alternative possible.

 

Et pourquoi pas un smartphone comme caméra externe ?

Tous les smartphones sont équipés d’un module caméra pour filmer directement vos échanges via les messageries instantanées ou pour enregistrer des séquences vidéo. Des éditeurs proposent des logiciels, aussi bien iOS qu’Android, pour utiliser cette caméra et en renvoyer les images vers un service de streaming ou un ordinateur raccordé au même réseau wi-fi que le smartphone. L’ordinateur sera équipé de la version « récepteur » du même éditeur et une fois les deux logiciels interconnectés, le smartphone devient une caméra au même titre que le module webcam interne de l’ordinateur. Il suffit de la sélectionner dans le menu de sélection de la source vidéo du logiciel de visioconférence.

Il est à noter que les smartphones les plus récents et de moyenne à haute gamme sont équipés de capteurs photo/vidéo nettement plus performants que les webcams internes des ordinateurs. C’est donc une solution facile à mettre en œuvre pour offrir des images de meilleure qualité, même dans le cas de la prise de vue individuelle.

Il existe de nombreux logiciels offrant cette fonction de transfert des images d’un smartphone ou d’une tablette vers un ordinateur mais avec des performances en termes de qualité et de stabilité fort diverses. Le logiciel Epoccam d’Elgato est sans doute l’un des plus stables et faciles à mettre en œuvre.

 

Profiter du protocole NDI

Une autre façon de relier une caméra vidéo ou un smartphone au PC qui gère la visioconférence, est de mettre en œuvre une liaison NDI par réseau local. Le protocole NDI, créé par NewTek, le fabricant du TriCaster, a été développé pour transporter des signaux vidéo sur réseau local IP. Mis à la disposition des fabricants et des éditeurs de logiciels, il devient extrêmement répandu sur de très nombreux équipements vidéo tant hardware que software. Un blog américain affirme que près de deux mille équipements ou logiciels fonctionnent avec ce protocole (pour plus de détails, voir le magazine Mediakwest n° 38).

Plus d’une cinquantaine de caméras PTZ proposent, sur option, le transport de leurs images en NDI via le port Ethernet. Et c’est là tout l’intérêt du NDI puisque les principaux logiciels de visioconférence reconnaissent les signaux NDI comme sources vidéo dans leur menu de configuration. Il faut au préalable installer sur l’ordinateur le module NDI Virtual Input des NDI Tools, distribués gratuitement à la fois pour Windows et Mac OS.

Dans Skype, l’accès aux signaux NDI est accessible dans le sous-menu des réglages avancés. Dans Zoom, dès que les sources NDI sont reconnues par le module Virtual Input, elles deviennent disponibles dans le menu de sélection des caméras. Pour Teams, l’opération se fait en deux temps. L’administrateur du service Teams doit autoriser les utilisateurs à accéder aux flux codés en NDI. Ensuite, c’est à chaque utilisateur d’aller dans un menu spécifique pour valider les diverses options (voir ci-après dans la partie « Régies vidéo ») et enfin choisir la source dans leur menu de configuration.

Plusieurs logiciels, servant à associer la caméra des smartphones ou des tablettes, proposent également le protocole NDI en alternative au codage RTMP ou RTSP qui compressent les images avec une latence plus importante.

 

Associer un mélangeur vidéo à des logiciels de visioconférence

Pour surpasser une caméra externe unique et offrir plus de choix dans les cadrages, un mélangeur vidéo devient l’outil indispensable. Les espaces de réunion ou les salles équipées d’une régie vidéo sont aussi concernées, d’autant plus si leurs utilisateurs souhaitent les coupler avec un logiciel de visioconférence pour mieux associer aux discussions, tenues dans la salle, des participants à distance. Pour diffuser leurs interventions, il faudra raccorder la sortie écran externe de l’ordinateur sur lequel tourne le logiciel de visioconférence ainsi que sa sortie audio vers les équipements d’affichage du lieu (vidéoprojecteur ou écrans LCD) et bien sûr le système de sonorisation. Rien que des choses très habituelles.

L’utilisation du mélangeur vidéo facilitera aussi la diffusion de séquences vidéo enregistrées ou d’illustrations au cours de la visioconférence et permettra d’enrichir le contenu avec des titrages ou des éléments graphiques. Tous les logiciels de visioconférence ont un module de partage d’écran mais au-delà de l’affichage d’un document PDF ou Word, la navigation entre les fenêtres de la visio et des autres logiciels devient vite une difficulté surtout s’il faut suivre avec attention les propos échangés.

Pour récupérer les signaux de sortie vidéo et audio du mélangeur en régie, on retrouve les cas de figure évoqués plus haut pour les caméras externes. Si la salle de réunion est équipée d’un mélangeur classique avec sorties SDI ou HDMI, un boîtier interface SDI ou HDMI vers USB 3.0 ou USB-C convient parfaitement. Si le mélangeur vidéo est équipé d’une fonction mixage audio, il sera plus simple de renvoyer la sortie de la console audio de la salle vers le mélangeur vidéo pour que le son soit transmis via la liaison SDI ou HDMI vers l’ordinateur. Il n’est jamais simple de renvoyer un signal niveau ligne sur l’entrée audio d’un ordinateur pour des questions de niveau et d’impédance, à moins de disposer d’une interface audio externe dédiée.

Pour répondre à ces besoins, quelques constructeurs de mélangeurs vidéo ont conçu de nouveaux modèles avec interface USB intégrée compatible webcam, comme la série des Mini Atem de Blackmagic. Attention la présence d’un port USB sur un mélangeur vidéo ne signifie pas obligatoirement la présence d’un codec de streaming. Souvent le port USB ne sert qu’à piloter le mélangeur depuis un logiciel tournant sur micro-ordinateur.

 

Connecter sa régie et sa solution de visio

Si la régie vidéo est équipée d’un mélangeur TriCaster, la solution la plus élégante consiste à le relier par réseau à l’ordinateur exploitant le service de visioconférence. Certains modèles de mélangeurs TriCaster un peu anciens peuvent recevoir une mise à jour leur apportant la compatibilité avec le protocole NDI. Sous réserve d’installer les NDI Tools sur l’ordinateur gérant la visioconférence, des logiciels comme Zoom, Skype ou Teams acceptent le flux NDI comme webcam virtuelle. Dans l’autre sens, il sera possible de récupérer l’écran d’affichage du logiciel avec le module NDI Scan Converter, l’envoyer comme source vers le mélangeur et l’enregistrer éventuellement.

Pour Skype et Zoom, le seul flux disponible correspond à l’affichage reçu sur l’ordinateur, donc soit l’image du correspondant distant qui prend la parole ou l’affichage en mode galerie selon les choix effectués. Par contre avec Teams, il est possible de convertir dans des flux NDI distincts l’image de chaque correspondant distant et, donc, de les enregistrer séparément ou de recomposer avec le DVE du TriCaster un affichage spécifique avec des effets de transition.

Une dernière solution consiste à exploiter sur l’ordinateur servant à la visioconférence un logiciel de mélange vidéo comme OBS, vMix ou Wirecast (voir l’article consacré à ces logiciels dans le Mediakwest n° 39). Divers plugs-in ou API permettent de les connecter aux logiciels de visioconférence ou d’utiliser là encore le protocole NDI. Pour éviter de surcharger les processeurs de la machine et d’encombrer son écran avec une multitude de fenêtres, il sera préférable de répartir les outils sur deux machines distinctes. Une mention spéciale pour le logiciel Manycam qui gère jusqu’à quatre sources (caméras, illustrations, séquences vidéo) avec habillage graphique simple et qui reste beaucoup plus léger qu’OBS, vMix ou Wirecast. Il fonctionne sur Windows, Mac OS, tablette et smartphone.

 

Il ne faut pas oublier le son

La qualité du son est un élément primordial pour assurer le bon déroulement de la réunion et des échanges efficaces. Dès que l’un des sites desservis accueille plus de deux personnes, l’utilisation d’un périphérique dédié pour la capture du son et sa diffusion est incontournable. Si la salle dispose d’une sonorisation dédiée, on sera fort tenté de la raccorder directement sur l’ordinateur qui gère la visioconférence. Mais cette solution peut s’avérer délicate à mettre en place et peut conduire à des effets perturbants.

Tant que le groupe rassemblé autour de la visioconférence réunit une douzaine de personnes, la solution la plus simple est d’utiliser une station d’audioconférence, appelée aussi speakerphone ou plus familièrement pieuvre. Celle-ci réunit dans le même boîtier un haut-parleur pour diffuser les interventions des sites distants, plusieurs capsules pour capter les paroles des participants dans la salle et surtout des processeurs de traitement audio de plus en plus puissants pour contrôler les niveaux, compenser les résonances de la pièce et éviter l’apparition d’effets Larsen grâce à des circuits d’annulation d’écho. Cette station se raccorde à l’ordinateur qui gère la visioconférence grâce à un port USB et sera proposée dans les menus de configuration du logiciel, à la fois pour l’écoute et la captation du son.

Selon la taille du groupe, il est possible d’associer par chaînage plusieurs stations ou de la compléter avec des modules micros additionnels. Sur le plan acoustique, les résultats sont très satisfaisants, d’autant que les modèles les plus performants sont capables d’éliminer les bruits d’ambiance autour des locuteurs ou même de créer une sorte de bulle isolée autour de la table de réunion.

 

Toujours tester sa configuration à l’avance

Si pour des raisons pratiques, on souhaite conserver la sonorisation existante, par exemple dans une salle de conseil municipal équipée avec un système de microconférence, il faudra raccorder l’ordinateur sur lequel tourne le service de visioconférence à la console de mixage audio en mode aller/retour. Pour cela, le plus simple est d’employer une interface USB avec entrées/sorties ligne. Il en existe de nombreuses chez Behringer, Motu, Yamaha, Focus, etc. à choisir en fonction de la connectique de la console audio.

Beaucoup de mélangeurs ou de processeurs audio numériques récents disposent en interne de tels convertisseurs avec port USB. Vérifier avant tout achat que le modèle retenu est compatible avec les drivers UAC du système d’exploitation et donc reconnu par les principaux logiciels de visioconférence.

Dans une configuration avec console de mixage indépendante et système de sonorisation pour les orateurs de la salle sur place, il faudra veiller à plusieurs points. D’une part, prévoir un mixage en mode N-1 pour ne pas renvoyer en retour vers le site distant le son de leurs interventions, sinon cela créera un écho distant fort désagréable. Il faut donc disposer de deux sorties indépendantes sur la console de mixage et aiguiller les bonnes sources vers les bonnes destinations.

La seconde précaution concerne le retard vidéo induit par le codage en streaming des images vidéo. Il faudra donc insérer un délai pour resynchroniser l’image avec le son pour les éléments envoyés vers le site distant. En cas de sonorisation locale, il ne faut pas envoyer ce son retardé vers les enceintes, donc là aussi bien répartir les sources vers les départs. Avec une station d’audioconférence, ces difficultés sont amoindries par les traitements internes du périphérique.

Par ailleurs, certaines caméras PTZ disposent d’une entrée audio ligne. Dans le cas de l’utilisation d’une seule caméra, il peut être judicieux d’y envoyer la sortie audio de la console de mixage car, dans ce cas, le son suivra les traitements d’encodage et sera automatiquement retardé en conséquence.

Dès que le dispositif devient un peu complexe, il est indispensable de faire des essais au préalable avec un site distant dans la configuration prévue en y associant des personnes compétentes en audiovisuel à l’autre bout pour analyser les éventuels défauts et trouver les correctifs nécessaires. Il n’y a rien de plus catastrophique que de devoir corriger les problèmes dans le feu de l’action et de faire perdre leur temps à tous les participants. Il est habituel de constater que de nombreuses visioconférences ou autres webinaires souffrent d’un son très moyen qui rend les échanges pénibles à suivre et la communication difficile alors que ces outils sont justement destinés à la faciliter.

 

Article paru pour la première fois dans Sonovision #21, p. 16-19. Abonnez-vous à Sonovision (4 numéros/an + 1 Hors-Série) pour accéder à nos articles dans leur totalité dès la sortie du magazine.

 

 

 

Articles connexes

  • Contenu Abonné

Visioconférence – Passage en revue des systèmes (partie 1/2)

Dans cette première partie de notre dossier*, nous passons en revue les différents systèmes de visioconférence actuellement sur le marché,[...]
  • Contenu Abonné

Panorama des solutions de collaboration interactive

Cette partie, consacrée aux solutions de collaboration interactive, a pour objectif de dresser un panorama de l’offre logicielle dans ce[...]
  • Contenu Abonné

Panorama des configurations de visioconférence

La visioconférence a véritablement révolutionné les réunions dans les entreprises, en apportant l’image à la discussion à distance. C’est un[...]
  • Contenu Abonné

Les salles de réunion deviennent toutes connectées

La crise sanitaire et le développement du télétravail ont totalement bouleversé l’organisation du travail dans les entreprises tertiaires et en[...]

Dernier numéro

Découvrez toutes les nouveautés

Dernières Vidéos

Sonovision se décline sous un format web, avec un fil d’actualités quotidiennes, un accès direct par catégorie : Produits, Univers, Technique, Contenu, Services, Communauté, Made In France ; une Web TV, une galerie photos et une newsletter bimensuelle.

Accès rapide

Mon compte

Newsletter

Petites annonces

S'abonner au magazine