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Réunions et visio : les Outils de capture video (I) – La prise de son

Si pour le moment les réunions virtuelles sont privilégiées, le mode physique reviendra. Ce dossier présente, en deux parties, les différents outils pour capturer la voix et les images des personnes en réunion.
© Adobe Stock / Elnur

Publié le 13/01/2021

La crise sanitaire a démocratisé les usages de la visioconférence, mais cette technologie n’est pas nouvelle. Depuis des décennies, les constructeurs proposent des solutions pour communiquer à distance. Ce qui est nouveau ce sont les logiciels qui se sont déplacés vers le Cloud sous forme d’applications. Ce qui compte en visioconférence, c’est la qualité des images et des sons pour que les messages soient les plus clairs possibles et effacent les centaines ou milliers de kilomètres potentiels entre les différents collaborateurs.

Tour d’horizon des types de microphones disponibles, des stations de table, des modules barre de son en salle de réunion et d’outils d’expression complémentaires. Nous bouclerons cette première partie axée sur la prise de son par comment raccorder son logiciel d’UC à la sonorisation d’une salle.

 

 

LES MICROPHONES

Le microphone de table est un outil essentiel à toute réunion à laquelle prennent part un ou plusieurs utilisateurs distants. Il assure une communication de qualité que le micro intégré à un téléphone, à un smartphone ou à un ordinateur portable ne peut clairement pas offrir. Le microphone de table capte les voix de la salle de réunion de façon professionnelle afin que les participants à distance entendent et comprennent parfaitement tout ce qui est dit. Les produits à cet effet sont désormais suffisamment qualitatifs dans toutes les gammes de tarif. Ils sont disponibles sous différentes formes : les fonctionnalités associées et les modes de montage vont faire la différence.

Le micro se connecte habituellement en USB vers un PC. L’USB suffit à alimenter le micro de table sans autre branchement. Le PC auquel il est relié fait tourner l’application de conférence telle que Skype, Zoom, WebEx… Il faudra bien vérifier la compatibilité du micro de table avec l’application choisie car ce n’est pas automatique. Certains fabricants ont une gamme de micros avec des références différentes selon l’application de conférence. Il existe également des modèles qui se connectent en Bluetooth, à un PC ou à un smartphone, pour un usage encore plus pratique.

 

Le microphone col de cygne traditionnel

Le microphone col de cygne est habituellement associé aux grandes salles de conférence. Chaque intervenant est face à un micro. Les micros ne sont pas autonomes : ils sont installés de façon définitive. Ils sont tous reliés à un système global, piloté par l’organisateur. Bien que cela soit possible, ce type de système n’est pas adapté à toutes les salles de réunion pour des questions de coût et de mise en œuvre. On les réservera de préférence aux grandes salles de conférence, aux auditoriums et aux administrations.

Bien que le micro col de cygne ressemble à n’importe quel autre col de cygne, chaque fabricant de système de conférence équipe ses plaques supports d’une connectique propriétaire. Le son capté par le micro passe par ce connecteur, mais également toutes les fonctions avancées comme l’identification de la personne ou la possibilité de voter. Un haut-parleur peut également être intégré à côté du micro. Lorsque l’on sélectionne un fabricant ayant fait le choix d’un système propriétaire, tous les éléments devront venir de la même gamme.

Pour un usage plus simple dans de petites salles de réunion, il existe également des micros au format classique col de cygne à relier en USB. Chez MXL, le AC-400 peut recevoir trois unités esclaves pour mettre ainsi en place une salle de réunion avec quatre participants, chacun ayant son micro avec une touche silence afin de poursuivre si besoin une conversation privée. Pouvoir choisir la couleur de l’indicateur sur le micro est l’une des grandes tendances actuelles. Lorsqu’une personne prend la parole, la Led au pied de la capsule prend la couleur de la charte de l’entreprise. MXL et Audio-Technica parmi tant d’autres proposent cette fonctionnalité.

En dehors de l’USB, les cols de cygne existent également dans un format analogique classique avec sortie XLR chez Bosch, Shure ou Televic. Il faut alors prévoir de relier ces micros à une mixette plus ou moins évoluée, intégrant ou non un DSP et les fonctionnalités de priorité automatique. Shure propose des boîtiers d’interface capables de convertir le signal en Dante pour faciliter sa manipulation afin de le mélanger avec d’autres sources audio locales ou distantes si nécessaire.

Le col de cygne prend place dans différents types de réceptacles. Il se visse ou se branche selon le fabricant. Il existe des supports de table classique, en surface type sabot. Ce peut être également une plaque complète à visser sur la table ou à intégrer dans la menuiserie. Certaines marques réduisent le support au maximum avec un montage en affleurement, à peine plus large que le diamètre du col de cygne. Des fabricants tiers comme Arthur Holm ou Soltec proposent quant à eux des motorisations compatibles avec les cols de cygnes de certaines marques partenaires. Le micro sort et rentre dans la table de réunion automatiquement pour être totalement invisible lorsqu’il n’est pas utilisé. Une solution haut de gamme adaptée aux salles de conseil par exemple.

 

Plus de directivité pour plus de discrétion

Ce type de micro prend la forme d’un petit boîtier de quelques centimètres de hauteur. Quasiment tous les fabricants impliqués dans le domaine en ont au moins un à leur catalogue. Le format est standardisé avec une grille recouvrant la ou les capsules capables de capter de façon précise et directive la voix de la personne placée devant. Plus discret que le col de cygne, il ne gêne pas la vue. Nul besoin de se pencher vers lui, il suffit de parler normalement. Il possède le plus souvent une touche de prise de parole et un indicateur Led associé.

Comme les cols de cygne, il faut prévoir de préférence un micro de table directif par intervenant. Leur format réduit permet de les multiplier sans occuper trop de place. C’est le type de capsule et la qualité de sa directivité qui vont différencier un micro de table d’un fabricant par rapport à un autre. Côté intégration, certains modèles possèdent un câble sortant à l’arrière, d’autres un câble sortant dessous. Audio-Technica a eu la bonne idée de créer un mix des deux : la sortie de câble pivote à 90 ° afin de l’orienter selon son besoin.

Peut-être plus pratiques dans certaines situations, les micros de table directifs existent aussi sur batterie, comme le modèle Quinta TB de Beyerdynamic. On déploie ainsi les micros selon le nombre d’intervenants. Une fois la réunion terminée, il suffit de les reposer sur leur socle de recharge pour la prochaine séance. L’autonomie est de 14 heures et on peut utiliser jusqu’à 36 micros Quinta TB dans un même système. Beyerdynamic a poussé l’accessibilité jusqu’à inscrire la fonction en braille sur le bouton de prise de parole.

Un des critères importants du micro de table directif concerne son angle de couverture. Cela n’est pas forcément lié au nombre de capsules qui le composent. Il existe des modèles avec trois micros qui captent à 180 °, afin de pouvoir être utilisés par deux ou trois intervenants. Le résultat va dépendre du format du boîtier et de l’implémentation des micros. Un modèle à 180 ° sera utilisé de préférence dans une petite salle où la table est contre un mur par exemple. Ils ont l’avantage de ne pas capter le son derrière eux s’ils tournent le dos au système audio/vidéo par exemple.

 

Lorsqu’il n’y a plus de place sur la table de réunion

Qu’ils soient à col de cygne ou plats, les micros de table occuperont toujours de l’espace sur la table de réunion. Ils impliquent également un câblage à réaliser sous la table. Lorsque ce type d’installation n’est pas souhaité, il faut alors trouver un autre emplacement aux microphones. La fixation au plafond est apparue tout naturellement en prenant différentes formes : dalle, encastré ou en suspension. Ces micros étant plus éloignés des intervenants, ils font appel à un ensemble de capsules directives parfois configurables de façon logicielle.

ClearOne propose une dalle de plafond 60 x 60 intelligente équipée de 24 microphones à la couverture personnalisable. La dalle BMA CTH issue de la solution Versa Pro CT intègre des Led d’état pour visualiser son fonctionnement, un système d’annulation d’écho ainsi qu’un amplificateur 2 x 10 watts. Ainsi, il sera extrêmement simple de lui relier une paire d’enceintes encastrables pour constituer une solution complète entièrement positionnée au plafond pour laisser la table de réunion vide de tout équipement technique. La dalle se relie via un câble réseau au boîtier de gestion équipé d’un port USB pour la liaison avec un PC ou tout autre système collaboratif de la gamme ClearOne Versa.

La dalle de plafond Shure MicroFlex Advance MXA910 fait appel à de multiples capsules réparties en huit canaux. Une Led intégrée indique l’état du MXA910. La directivité est entièrement paramétrable à travers le réseau : la sortie audio est en Dante et l’alimentation en PoE. La technologie Shure IntelliMix rassemble la captation globale de toutes les capsules de façon intelligente vers un neuvième canal audio unique. La dalle de plafond multi-micros ne prend pas toujours la forme d’une grille.

Le modèle TCC2 de Sennheiser est visuellement plein ou presque. Les 28 capsules sont organisées en croix avec bien entendu une fonction de focalisation. Sennheiser annonce couvrir les salles de réunion jusqu’à 60 m2. La sortie audio est en Dante. Un ensemble prêt à l’emploi existe en association avec Bose qui s’occupe des DSP et des enceintes pour la partie restitution. Quant à la solution retenue par Beyerdynamic, elle prend la forme d’une longue suspension dont la capsule fonctionne en mode corridor. Sa connectivité analogique XLR la rend universelle.

Les micros peuvent être placés au plafond sans prendre la forme d’une dalle. Vaddio propose par exemple les CeilingMIC, des micros qui tombent du plafond sous la forme de petites sphères à la façon des luminaires. Omnidirectionnels, ils sont disponibles en blanc ou en noir. Ils disposent d’une connectique propriétaire à travers un cordon réseau. Un boîtier intermédiaire sera nécessaire. Selon le modèle, il pourra intégrer plus ou moins de fonctions essentielles telles que l’annulation d’écho. Chez Audio-Technica, on fixe le col de cygne au plafond. Différents types de couvertures sont proposées. Audix propose quant à lui des micros en suspension, mais également un très discret micro quasiment plat de 70 mm de diamètre, aussi discret qu’un spot d’éclairage. Audio-Technica comme Audix facilitent la connexion de leurs micros de plafond grâce à une connectivité réseau Dante.

Biamp développe un produit dédié aux petites salles de réunion avec une simple connexion USB 3.0 à relier au PC à travers le boîtier d’interface Devio. Celui-ci trouvera sa place sous la table de réunion par exemple. Le micro en suspension au plafond est équipé de trois capsules couvrant chacune 120 degrés et s’activant selon la détection des voix. La connexion avec le boîtier s’effectue en RJ45, sachant que deux micros peuvent être chaînés sur le même câble. Une Led d’état indique sur chaque micro son état. Une version plate est disponible également. Elle prend la forme d’une plaque ronde de 15 cm de diamètre ressemblant à celle d’une enceinte encastrée. Ce modèle est équipé de quatre capsules destinées à couvrir 90 ° chacune pour une sélectivité améliorée.

 

Sony est le dernier arrivé sur ce créneau avec le MAS-A100. Ce micro de plafond en applique a une vocation universelle grâce à sa liaison Dante PoE. Sony l’a doté de son savoir-faire en termes de traitement du signal avec une gestion par zone, mais aussi une réduction intelligente du feedback pour éviter écho et larsen, sans ajout d’un boîtier DSP externe. Il bénéficie également d’une calibration automatique grâce à des signaux tests au moment de l’installation. Une fonction unique qui sera sûrement reprise par la concurrence dans les années à venir. L’application de paramétrage Sony sait prendre en compte plusieurs MAS-A100 dans une même pièce pour adapter leur fonctionnement et leur couverture les uns par rapport aux autres.

 

Propriétaire ou universel : bien choisir son micro

Selon le fabricant et le modèle, les microphones de table ou de plafond pourront être autonomes ou dépendants d’un système complet. Certains disposent d’une connectique USB simple, d’autres d’une sortie audio analogique. L’audio sur IP Dante est de plus en plus présent. Cela permet de constituer un système multimarque selon ses besoins. Un mixer ou un DSP Dante est nécessaire dans ce cas, mais cela offre de multiples opportunités en termes d’intégration et d’évolutivité. À ce titre, il est possible de faire évoluer facilement une installation en ajoutant des micros lorsque cela devient nécessaire. L’installation est rarement définitive avec des micros posés sur la table de réunion ou prenant la place des plaques de plafond, contrairement à l’intégration dans la menuiserie. Voilà un autre critère à bien estimer au moment du choix des produits.

Retenir une technologie plutôt qu’une autre, un fabricant plutôt qu’un autre dépend essentiellement de l’écosystème que l’on souhaite mettre en place. Il dépend lui-même des contraintes d’installation en termes de nombre de participants maximum dans la même salle, du format de la salle et du respect de son esthétique. Préfère-t-on un micro par participant ou un système unique capable de capter tous les intervenants ? On retiendra alors des microphones fixés ou posés, sur la table ou au plafond, omnidirectionnels ou cardioïdes. Il ne faudra pas oublier de prendre en compte le système de restitution sonore qui apporte lui aussi son lot de contraintes selon son positionnement dans la salle. Les micros de table et de plafond ne sont qu’une composante de l’équation.

 

Les micros-casques

De nombreux modèles de micros-casques sont dédiés aux activités de secrétariat et aux centres d’appel. Cependant, des modèles plus spécifiques existent à destination d’un usage en réunion. Le micro-casque prend tout son sens dans un open space, dans une petite salle de réunion, ou en déplacement dans un hôtel par exemple. Il s’adresse à un utilisateur seul souhaitant rejoindre une réunion tout en pouvant s’isoler dans sa bulle avec une bonne qualité d’écoute et de restitution de sa voix auprès de ses interlocuteurs. Filaire ou sans fil, le micro-casque professionnel doit assurer une liaison fiable et une compatibilité avec les logiciels de conférence les plus courants.

Bose décline son casque Bluetooth grand public de référence en version professionnelle sous la référence Headphones 700 UC. Il bénéficie d’un système d’annulation de bruit performant afin d’entendre seulement sa voix. Pour une liaison sans faille avec le PC, Bose fournit son propre dongle USB de connexion Bluetooth. Il est de fait compatible avec toutes les applications de conférence.

En mode filaire, le Logitech Zone Wired est également équipé de l’annulation des bruits ambiants. Son câble se terminant en USB-C comprend une mini télécommande très pratique pour gérer le volume et le décrocher/raccrocher. Il est proposé en deux versions : l’une compatible Microsoft Teams, l’autre universelle pour Zoom, Skype, BlueJeans, etc.

Sennheiser a décliné l’un de ses casques hi-fi phares en version professionnelle. Le MB 660 UC certifié Skype Entreprise offre une très grande qualité d’écoute et l’annulation de bruit adaptative selon l’environnement. Pour rendre les réunions plus agréables, la technologie Room Experience déplace virtuellement la voix du correspondant en dehors de la tête pour un échange plus réaliste, comme si la personne était devant vous.

Il existe également des stations fixes pour micros-casques sans fil avec clavier et écran pour rejoindre ou lancer une conférence. Chez Poly, l’Elara 60 est un outil de collaboration universel dans le sens où il se connecte au téléphone portable de l’utilisateur et à ses différentes applications de communication unifiée. Composé d’un support pour smartphone, d’un clavier, d’un écran et d’un casque Bluetooth, cela en fait une station de conférence totalement autonome sans même avoir besoin d’un PC. Elle est certifiée Microsoft Teams via une touche dédiée pour initier une réunion. L’Elara 60 peut fonctionner en mains libres sans utiliser le casque et recharger simultanément le smartphone par induction. Ce type de produit hybride et innovant pour un ou deux participants se rapproche d’un système de conférence multimédia.

Aujourd’hui, le micro-casque pour la communication unifiée mise sur la qualité d’écoute et d’immersion. Grâce à la généralisation de l’annulation des bruits extérieurs, l’utilisateur peut réellement se concentrer sur les échanges avec ses interlocuteurs. La sensation d’être virtuellement sur place est ainsi plus forte. L’action d’un DSP capable de manipuler la voix des correspondants hors du casque participe également à cette immersion. En termes de confort et de réalisme, ces micros-casques modernes pour la conférence audio représentent l’équivalent de la téléprésence pour la conférence vidéo.

 

 

LES STATIONS DE TABLE

Les stations de table s’adressent à toutes sortes d’environnements, des « huddle rooms » aux très grandes salles de congrès en passant par les réunions improvisées sur le coin d’un bureau. Avec les modèles placés au centre d’une table, toutes les personnes présentes se trouvent approximativement à égale distance de la station et de ses micros. Un seul appareil remplace de multiples micros, en captant les voix tout en écartant les bruits ambiants forcément présents. Le son reproduit chez les utilisateurs distants sera ainsi clair et naturel. L’offre démarre avec des versions portables très simples, prêtes à l’emploi. Pour les projets plus ambitieux, la station de table devient personnelle. Elle intègre encore plus de fonctions pour devenir multimédia. Son cœur est l’équivalent d’un véritable PC.

 

Les solutions plug-and-play pour démarrer une réunion n’importe où

Les téléphones personnels de conférence se sont beaucoup démocratisés ces dernières années pour devenir de simples produits de commodité. Cette facilité d’accès passe par la connexion USB directe avec n’importe quel PC, ou alternativement le Bluetooth. On retrouve sur le marché de nombreux produits assez similaires prêts à être connectés pour un fonctionnement immédiat. Leur objectif principal est de remplacer le micro et les haut-parleurs d’un PC portable pour améliorer le confort de communication. Un peu comme un smartphone en position mains libres, mais bien plus évolué techniquement. Non affecté à une salle en particulier, c’est l’utilisateur qui déplace et emmène avec lui le téléphone de conférence sans fil selon son besoin.

Les téléphones personnels ClearOne Chat offrent cette alternative sans s’encombrer inutilement. Alimentés par le port USB, ils sont compatibles avec les logiciels de communication classiques. Certains modèles disposent de touches de contrôle pour le volume. Ils sont surtout équipés de l’annulation d’écho et d’un réglage de volume sonore automatique. La couverture est de 120 ° jusqu’à deux mètres de distance pour le modèle personnel. La gamme Chat existe également pour un usage en groupe, toujours en version alimentée en USB. Trois micros couvrent la salle à 360 ° avec priorité à celui qui capte l’intervenant en train de parler. Jusqu’à quatre téléphones de groupe ClearOne peuvent être chaînés dans une même salle. Le Yamaha YVC-330 reprend le même principe avec trois capsules de captation et le chaînage de deux unités pour plus d’intervenants. Il est alimenté par le port USB de l’ordinateur.

La couverture totale à 360 ° n’est pas adaptée à tous les cas d’usage. Le Beyerdynamic Phonum est un micro USB et Bluetooth composé de trois capsules dont la couverture est paramétrable. Il est possible de choisir entre une captation cardioïde, à 360 ° ou bien suivant automatiquement la personne en train de parler. Le mini haut-parleur est positionné sur le dessus. Dédié aux petites salles avec trois à quatre intervenants, le Phonum fonctionne sur batterie pour initier des réunions sans contraintes. Une housse de transport est fournie. Jabra propose le Speak 510, sans sélection possible du type de couverture, à un tarif forcément moins élevé. L’autonomie est de quinze heures. Anker, spécialiste des accessoires électroniques grand public, avance également ses pions sur ce marché des solutions sur batterie avec le SpeakerConf, un produit aux spécificités agressives : six capsules, couverture à 360 °, DSP intégré et 24 heures d’autonomie. À l’opposé, Sennheiser propose pour sa part TeamConnect Wireless, une solution très haut de gamme basée sur de petites stations sans fil pour six utilisateurs. Elles sont rangées dans une mallette servant de base de recharge.

Le PC faisant tourner l’application de communication reste toutefois une source potentielle de problème, surtout lorsqu’il est verrouillé par le service informatique, laissant peu de latitude de modification à l’utilisateur. Pour éviter de dépendre des capacités du PC et d’installer des pilotes ou logiciels supplémentaires, Poly livre un dongle USB Bluetooth appairé avec son téléphone de conférence sans fil Calisto 620. Son autonomie est de sept heures. Il bénéficie également d’un DSP intégré.

Toujours avec l’objectif de se défaire totalement du PC, Logitech vise les conférences via un smartphone ou une tablette avec son P710e. Cette station sans fil ménage un emplacement sur le dessus faisant office de dock pour insérer et maintenir à la verticale son appareil mobile. L’autonomie est de 15 heures avec une compatibilité PC via USB si nécessaire, ainsi que le support de tous les logiciels de conférence mis à part Microsoft Teams.

 

Les solutions fixes pour des réunions de huit personnes et plus

Les solutions portables sont parfaites pour trois à quatre utilisateurs maximum. Pour aller plus loin, il faudra passer sur les stations de table, une solution filaire capable de capter jusqu’à huit utilisateurs. Certains modèles sont extensibles avec la possibilité de chaîner plusieurs micros pour encore plus d’intervenants dans la salle de réunion. La station de table n’étant pas mobile elle est forcément rattachée à une salle.

Les stations de table ressemblent le plus souvent à un boîtier d’un encombrement de surface équivalent à une feuille A4. Elles sont généralement de forme ronde ou triangulaire. Ce format spécifique permet d’intégrer non pas une mais plusieurs capsules suffisamment espacées pour une captation optimale. Même si on la réduit souvent à l’appellation de microphone, la station intègre également un ou plusieurs haut-parleurs. Ainsi, elle se suffit à elle-même pour capter et écouter de façon suffisamment qualitative. La station de table possède les touches physiques pour aller à l’essentiel sans passer par le PC : volume, décrocher/raccrocher, silence, présélections, numérotation…

Les stations sont équipées de plusieurs capsules capables de détecter de façon très fine d’où provient la voix de la personne en train de parler. Elle coupe alors les autres micros afin d’éliminer les bruits de fond. En l’absence de parole, elle peut même passer automatiquement en mode silence pour éviter de diffuser un fond sonore inutile. Pour aller encore plus loin dans l’optimisation, la technologie SoundCap de Yamaha est capable de distinguer les voix humaines du reste des signaux sonores pour pouvoir les occulter.

Selon la taille de la table de réunion, il faudra vérifier la portée des micros. Elle s’affiche aujourd’hui en moyenne autour de quatre à six mètres chez la plupart des fabricants. Une seule station est suffisante pour des salles recevant autour de cinq à huit personnes. Pour des salles un peu plus grandes et avant de passer à l’installation d’un micro à chaque place, certains fabricants proposent la possibilité de chaîner deux ou trois stations de table. Les fonctionnalités sont dupliquées, un plus grand nombre de participants peut prendre part à la réunion.

La solution Yamaha FLX UC 1500, issue du rachat du spécialiste Revolabs, est plus imposante que celle de ses concurrents en prenant la forme d’un gros cube. C’est ici la qualité de restitution sonore qui différencie le produit grâce à l’usage d’un double tweeter et d’un woofer séparé. Une vraie écoute haute-fidélité sur laquelle s’appuie Yamaha. Le module principal est équipé de quatre micros complétés par deux autres micros séparés. Le clavier de contrôle, compatible avec les solutions SIP et USB, est également séparé afin de disposer de toutes les commandes sous la main sans avoir à se pencher vers le centre de la table.

Il existe des stations de table non autonomes, dont l’intelligence est déportée dans un boîtier externe. C’est le cas du TableMIC de Vaddio. Très petit, il renferme néanmoins trois capsules pour une couverture à 360 °. Vaddio a particulièrement travaillé l’inertie aux bruits de tapotements sur le bureau pour éviter de les capter et de les amplifier. Les commandes classiques de volume et de décrocher/raccrocher sont sensitives. Le boîtier externe plus ou moins évolué s’occupera de l’annulation d’écho, du DSP et du mix entre plusieurs stations.

Avec la série Microflex, Shure propose des postes de conférence pour un ou deux utilisateurs, avec haut-parleur intégré et écran tactile sur certaines références. Le micro à col de cygne qui s’y raccorde est commercialisé séparément afin de choisir la capsule et la longueur. Ces postes existent en filaire et sans fil. La station de recharge accepte jusqu’à dix batteries.

 

Les solutions de conférence multimédia

Après les téléphones de conférence USB portables, les modèles sédentaires un peu plus gros, mais toujours aussi simplifiés en termes d’usage, passons aux stations multimédia. Ces équipements bien plus imposants sont totalement autonomes grâce à leur interface tactile, mais également ouverts aux autres fonctionnalités de la salle de réunion. L’évolutivité est le maître-mot des stations de conférence multimédia. Certaines sont dotées de la connexion hybride à de multiples plates-formes de conférence, et ce simultanément sur une même session. Leur objectif est autant de faciliter la prise en main de la réunion que de l’enrichir grâce à l’accès à des documents et des informations complémentaires. Les intervenants peuvent assister à la réunion sans avoir besoin d’apporter leur PC. Ils se concentrent ainsi sur les contenus affichés par la station multimédia, un gage supplémentaire de réussite de la réunion.

Dans cette optique, Taiden est l’un des précurseurs avec sa série Paperless. Cette station de conférence prend l’aspect d’une grande tablette de 10 ou 14 pouces à laquelle on a greffé un micro. Elle fonctionne sur le principe des apps pour donner accès à de multiples services : documents, vidéos, système de vote, etc. Une caméra est intégrée afin de répliquer l’image de la personne qui a la parole sur les grands écrans de la salle. Les Taiden Paperless sont utilisés dans les salles de conseils, de conférence et de congrès. Ils reposent désormais sur une connexion réseau compatible Dante.

Bosch propose différents types de station dans sa gamme Dicentis. Elles aussi transmettent leur signal audio en Dante. Les plus simples possèdent seulement haut-parleurs et micro, le choix étant possible entre un col de cygne ou une version haute directivité multi capsules. Dans le même format, les versions les plus complètes sont équipées d’un écran tactile permettant de prendre la parole, de se connecter à Internet et de visualiser l’image des caméras filmant les intervenants. Fonctionnant sous Android, les stations Dicentis sont facilement évolutives pour pouvoir ajouter de nouvelles fonctionnalités.

Le fabricant de PC Lenovo a développé un produit dédié aux conférences. Il est constitué d’une unité centrale au format mini, surmontée d’un écran tactile Full HD de 11,6 pouces. L’accent est mis sur la facilité d’usage : cet écran pivote à 360 ° pour que n’importe quel participant puisse prendre la main. Il dispose de deux doubles microphones, mais la connectique disponible permet d’en relier d’autres. Ce Lenovo ThinkSmart Hub 500 est disponible dans deux versions : Skype/Microsoft Teams ou Zoom. Il sera bientôt complété par une version 8 pouces destinée à un usage personnel, le ThinkSmart View, pour les personnes en télétravail par exemple.

La portée des micros est importante lorsque la station est située au centre d’une table de réunion plus ou moins grande. Poly a donc conçu sa gamme de stations Trio autour de cette donnée. Trois modèles couvrent des distances maximales de 3,7 mètres à 6 mètres de rayon. Les trois micros intégrés aux Poly Trio sont de nature différente selon le modèle. Le plus petit est prévu pour les réunions de deux à cinq personnes, tandis que celui à la plus grande portée acceptera huit participants et plus. Les stations Trio sont équipées d’un clavier à touches ou d’un écran couleur 5 pouces. L’amélioration de la qualité des échanges passe par l’utilisation de haut-parleurs large bande associés à la technologie exclusive NoiseBlock pour faire reculer le bruit de fond.

Au croisement du contrôle de salle et de son système de conférence, il y a Crestron. La gamme Mercury se compose de différentes stations multimédia à l’esthétique facilement reconnaissable. L’écran tactile de 7 pouces est accompagné de quatre micros pour capter à 360 ° jusqu’à 6 mètres de distance. Crestron propose d’ajouter jusqu’à deux micros esclaves de surface, toujours à 360 °.

Toute la puissance des Mercury repose sur une plate-forme PC. Cela leur permet d’être hautement évolutifs. D’une part, ils comprennent bon nombre de fonctions Crestron telles que la réservation de salle, les automatismes ou la sélection des sources vidéo. D’autre part, ils intègrent de façon native les applications de communication Microsoft Teams, Skype, Zoom, Skype for Business, WebEx, etc. Pour une universalité totale, il est également possible de relier un PC en USB ou de se connecter en Bluetooth. Crestron présente les Mercury comme une solution de communication unifiée totalement ouverte.

 

L’importance du traitement audio par DSP

Toutes les stations de table, qu’elles soient mobiles ou sédentaires, ne sont pas forcément équipées d’un DSP performant. Celui-ci a pour but d’améliorer la gestion des signaux audio en intervenant sur l’anti-écho, le filtrage, l’égalisation ou encore le délai. Au sein des systèmes propriétaires, le DSP prend place dans l’unité déportée par laquelle passent toutes les connexions.

Après plusieurs années de développement, Shure propose désormais toute la puissance de ses DSP sous la forme d’un logiciel à installer sur n’importe quel PC disposant d’une puissance confortable (Core i5 & 8 Go de RAM). Shure Intellimix Room gère de huit à seize canaux. Cela correspond à huit micros seuls ou à une dalle de plafond Shure équipée justement de huit canaux. La connexion entre les micros et le logiciel passe en Dante via le réseau. Cela rend la solution Shure universelle avec les micros de son choix. Il devient ainsi possible de créer des systèmes de conférences multi micros simples à gérer et à paramétrer grâce au DSP logiciel. Cela évite d’ajouter un boîtier supplémentaire. Le logiciel Shure trouvera naturellement sa place dans le PC qui fait déjà tourner l’application de communication, voire au sein même des stations de table multimédia les plus évoluées comme la Lenovo ThinkSmart Hub 500 et le Crestron Mercury.

S’il y a bien un acteur spécialisé dans le traitement audio et l’amélioration de la reproduction des voix en particulier, c’est Dolby. En dehors de son travail pour le cinéma et l’audio en général, la société américaine a développé un traitement dédié aux conférences appelé Dolby Voice. Il est accompagné d’une preuve de concept sous la forme d’une station de table multimédia avec écran tactile, le Dolby Conference Phone avec captation à 360 °, commercialisé entre autres par Ashley Benton. Cette station est déjà compatible avec BlueJeans et GoToRoom. D’autres applications de communication pourraient suivre en faisant ainsi confiance à un spécialiste de la qualité audio plutôt qu’à un fabricant de matériel. Dolby Voice standardise en quelque sorte le traitement audio pour les communications unifiées en tentant d’imposer sa patte comme il l’a fait dans bien d’autres domaines.

 

 

LES MODULES BARRE DE SON EN SALLE DE RÉUNION

Les barres de son ont-elles leur place en salle de réunion ? Ce type de haut-parleur, conçu pour simuler les systèmes 5.1 dans un salon, semble inadapté dans une salle de réunion. Cependant, on peut dire sans hésitation, oui les barres de son remplacent efficacement la piètre diffusion sonore des écrans plats, dans le cadre d’une salle de visioconférence ou de réunion.

Les barres de son sont utilisées pour les salles de réunion équipées d’écran plat, plutôt que pour les salles de vidéoprojection qui bénéficieront généralement d’une paire d’enceintes conçues pour un volume de salle plus important. Sur les écrans plats, le son est émis à l’arrière de l’appareil et réfléchi sur le mur. Malgré des algorithmes pour compenser cette situation atypique le son reste confiné et peu directif, avec un spectre de fréquence plus ou moins réduit.

À l’inverse, la barre de son est un complexe de multiples haut-parleurs en « line array » qui génère une diffusion sonore large et englobante, très adaptée à une salle de réunion de taille moyenne. L’effet barre de son génère des réflexions du son sur les murs latéraux qui couvrent très bien une pièce, avec en plus, en général, une bonne courbe spectrale.

C’est donc un choix tout à fait valide d’utiliser une barre de son en salle de réunion de petite à moyenne dimension. C’est aussi un bon montage esthétique sous un écran plat, là où la paire d’enceintes accolées à l’écran plat donne un aspect lourd en élargissant visuellement la forme du 16/9 de base.

Pour le choix d’une barre de son, il faut tenir compte du fait qu’une salle de réunion est tout d’abord un lieu de parole, que ce soit en interne ou en communication avec un site distant. Le caisson de basses, parfois fourni avec les barres de son, n’a pas là d’intérêt réel, car la voie couvre un spectre de fréquence bien au-dessus des fréquences de caisson de basses. À moins d’avoir une activité où la diffusion de séquence sonore, musique, publicité, cinéma nécessite un spectre audio complet, on évitera le caisson, que l’on ne sait où placer (pour finir dans un placard, comme souvent vu). Il vaut mieux une bonne barre de son en milieu de fréquence, qu’une mini barre qui repose sur le caisson pour donner une sensation de spectre.

 

Barre de son auto-off

Certaines barres de son proposent une simple mise en veille automatique après quelques minutes sans signal, et se réveillent automatiquement lorsqu’un signal leur est appliqué. Ce type de barre de son ne comporte pas de réglage de volume ou autre, celui-ci doit être géré en amont. Elles sont donc simples à installer et plutôt respectueuses de l’environnement en termes de consommation électrique.

 

Barre de son avec caméra intégrée

Des constructeurs comme Crestron avec la UC-SB1-Cam-Flex, par exemple, proposent des barres de son qui intègrent une caméra qui permet de compléter la salle de réunion pour une solution intégrée type Skype for Business, Teams, Zoom, etc. Ces versions sont adaptées pour de petites salles, car équipées avec une caméra grand angle, pour voir facilement les participants autour d’une table proche de l’écran. On obtient directement un ensemble haut-parleur caméra, compact à installer sous l’écran.

Attention, au passage, à la Meetup de Logitech, qui ressemble à cela, mais celle-ci n’est pas une barre de son, telle que décrite plus haut, mais comporte un petit haut-parleur d’un côté et un micro du côté opposé, pour séparer la prise de son et la diffusion. Le rendu sonore est plutôt faible par rapport à l’effet attendu d’une barre de son.

 

Barre de son contrôlable par automates

Principalement développées pour des applications grand public, les barres de son ne sont pas généralement tournées vers l’intégration audiovisuelle, avec des capacités de contrôle en RS232 ou IP. Historiquement, Yamaha avait une gamme de produits qui a contribué au développement de ces technologies dans les marchés professionnels. C’est donc une fonction importante, pour pouvoir, de façon fiable, mettre en route et arrêter cette enceinte amplifiée, et bien sûr, y contrôler le volume et parfois y commuter les entrées. Car certaines barres de son incluent un jeu d’entrées HDMI et audio seul, permettant d’assurer la sélection de source. Dans ce cas, la barre de son est positionnée entre les sources à diffuser et l’écran, le câble HDMI sortant vers l’écran ne contenant plus de signal sonore, pour ne pas entrer en conflit et provoquer une double diffusion sonore.

Un certain nombre de constructeurs proposent des barres de son utilisables en salle de réunion. On peut citer les modèles suivants : Focal Dimension, Audac IMEO1, Crestron Saros SB-200 ou Yamaha avec la CS-700. Avec des différences d’entrées, de tailles et d’esthétique, tous ces produits proposent un son de bonne qualité pour une salle de réunion.

 

 

LES OUTILS D’EXPRESSION COMPLÉMENTAIRES

Les systèmes de vote pour les salles de conférences existent de façon plus ou moins complète. La solution la plus simple consiste en un clavier avec trois boutons de couleur. Elle a le mérite d’être efficace et bon marché. Plus évoluée, la version avec écran va permettre d’afficher clairement la question à laquelle répondre juste au-dessus des boutons. Le risque de se tromper est ainsi moins important. Ces pupitres sont proposés en version à poser ou à encastrer. Pour une sécurité accrue, ils peuvent se voir adjoindre un système de lecture de carte. Le votant doit ainsi insérer sa carte personnelle avant de pouvoir valider son choix. Bon nombre de fabricants sont capables de proposer des pupitres personnalisés aux dimensions de son choix et aux couleurs d’une entreprise ou d’une organisation. Bien que des acteurs soient spécialisés dans cette technologie, il peut être intéressant de se reposer sur l’offre d’un acteur déjà présent dans les micros de table comme Shure, Taiden ou Televic.

Station de table et pupitre de vote seront liés, voire même intégrés dans le même produit. Dématérialisé, le vote peut également passer par un écran tactile. C’est le cas des micros de conférence multimédia acceptant l’installation de multiples applications, mais aussi de certains systèmes propriétaires. La solution Shure Microflex dispose d’un poste de conférence avec écran tactile couleur, le MXC640. Il permet de naviguer dans la liste des intervenants, d’obtenir des informations sur la réunion en cours et de prendre la parole. La fonctionnalité de vote est intégrée avec validation par l’insertion de sa carte d’identification sur le côté du poste. On retrouve le même principe dans la gamme Bosch Dicentis avec cette fois une identification par lecture de badge NFC.

Être présent à une conférence où le nombre d’intervenants est important nécessite de pouvoir être visible, et pas seulement lorsque l’on prend la parole. Les chevalets avec le nom de la personne imprimé sont passés à l’encre électronique. Le Televic Pixus mesure seulement 9 mm d’épaisseur pour occuper le minimum de place. Il permet d’écrire ce que l’on souhaite comme le nom de la personne, de sa société et son logo par exemple. Il est complété par une Led sur le dessus qui s’allume selon la prise de parole. De son côté, Taiden a intégré son chevalet e-ink à ses micros de conférence multimédia : il se trouve au verso de l’écran du participant afin de proposer deux fonctions en un seul produit.

Les personnes malentendantes peuvent aussi participer à des réunions. Epiphan Video prépare LiveScrypt, un outil de transcription en temps réel. Il se présente sous la forme d’un petit boîtier avec écran capable de transcrire tout texte parlé avec un taux de 85 à 90 % d’exactitude. Il fait appel pour cela à une intelligence artificielle dans le cloud. Autre avantage de cet appareil, il permet de récupérer l’intégralité de ce qui a été dit durant la réunion sous forme textuelle. Nul doute que ce type de produit risque de fortement se développer à l’avenir.

Biamp a poussé la réflexion jusqu’à se dire que les outils de collaboration en réunion et en conférence étaient déjà dans notre poche : micro et interface. Alors pourquoi ne pas les utiliser ? L’idée est de se passer de tout équipement dans la salle pour les remplacer par les smartphones des participants. Ces derniers doivent simplement télécharger l’application mobile Crowd Mics. L’écran du téléphone permet de demander la parole, qui sera donnée par l’organisateur à sa convenance : le micro du smartphone est alors relayé sur le système audio de la salle. Cette même application intègre également un système de vote. Un seul boîtier d’interface intermédiaire Biamp est nécessaire pour faire le lien entre le wi-fi et le système audio de la salle. Il accepte jusqu’à mille participants simultanés.

Ce type de solution ne remplace pas la qualité audio, la confidentialité et la sécurité d’un système intégré avec un poste fixe devant chaque intervenant. Mais il rebat les cartes du domaine en proposant une alternative crédible et bon marché pour un grand nombre d’environnements de travail et de conférence.

 

 

RACCORDER SON LOGICIEL D’UC À LA SONORISATION D’UNE SALLE

Les salles de réunion sont de plus en plus équipées pour une communication externe à travers des outils comme Teams, Skype for Business ou autres. Plus économiques et plus simples, ces systèmes permettent un échange directement avec des participants à leur poste de travail ou face à leur smartphone. Pourtant cela pose la question de la prise de son et de la diffusion sonore pour un large groupe de participants réunis dans une salle. Les constructeurs ont imaginé de nombreuses solutions comme celles décrites plus haut, mais elles restent limitées pour des audiences de dix à vingt personnes. Beaucoup de salles sont par ailleurs déjà équipées d’un système de sonorisation traditionnelle avec micros filaires et sonorisation avec amplis et haut-parleurs.

Contrairement aux codecs de visioconférence, qui intègrent les interfaces audio pour microphones et des sorties pour haut-parleurs, tous les systèmes de communication unifiée sont architecturés autour de l’ordinateur personnel pour établir la communication ; il est donc impératif, même dans une salle de réunion de taille moyenne, de fournir à l’ordinateur le son du micro et de le récupérer pour une diffusion vers les amplis et haut-parleurs de la salle, le micro de l’ordinateur ne pouvant pas capter correctement la parole au-delà de deux mètres de distance.

Sur le principe cela semble évident, à l’exploitation cela s’avère très rapidement complexe. Les ordinateurs acceptent en entrée/sortie les sons sur une interface de type USB. Or les micros sont souvent analogiques, voire numériques avec une sortie au format Dante pour les panneaux de micros en plafond, et de façon similaire pour les amplificateurs audio pour diffuser vers les haut-parleurs.

Pour des petites salles, autant on peut se fournir en caméra munie d’une connectique USB permettant une connexion directe vers l’ordinateur, il est, en revanche, beaucoup plus complexe de trouver des micros ayant cette facilité de connexion. L’utilisateur est donc obligé d’utiliser un convertisseur audio analogique vers numérique en USB.

En sortie le problème est similaire, il faut convertir un signal numérique sous forme USB en un signal analogique pour alimenter les amplificateurs vers les haut-parleurs.

Il existe sur le marché pléthore de convertisseurs, que ce soit dans un sens ou dans l’autre. Certains bas de gamme en connexion mini-jack, d’autres professionnels en connectique XLR pour une liaison symétrique de qualité. Il faut considérer qu’un micro connecté directement au convertisseur est à un niveau très bas, de -40 à -60 dB, alors que s’il est préalablement pré-amplifié, ou s’il passe par un mixeur audio, le niveau est plus proche de -10 à +4 dB, par exemple s’il y a plusieurs micros dans la salle. Là aussi il faudra choisir un convertisseur acceptant le bon niveau audio, ou ayant de bonnes qualités de pré-amplification.

Il existe des convertisseurs qui proposent la conversion audio dans les deux sens dans un même boîtier, micro vers USB et USB vers amplificateurs.

Pour les utilisateurs n’utilisant pas une caméra déjà au format USB, mais en HDMI, ou en SDI, pour une salle de réunion assez grande, pour avoir plusieurs caméras par exemple, il existe des convertisseurs audio incluant la conversion vidéo dans un même boîtier. On pourra utilement choisir ce type de produit pour regrouper les interfaces.

On comprendra que le choix du module d’entrée/sortie est lié à la configuration de la salle et au niveau de prestation souhaité. Cela nécessite donc un moment d’analyse pour choisir le module le plus adapté au besoin. À titre d’exemple, en version pro, Extron propose le MediaPort 200 qui assure la conversion audio dans les deux sens et l’entrée vidéo HDMI vers un port USB unique. Toujours pour des applications de haute qualité, Focusrite propose des convertisseurs pour micro vers USB au traitement audio poussé. Beaucoup d’autres constructeurs proposent des solutions.

Au-delà de la question de la conversion se pose la question du choix des micros en amont, qui seront posés sur la table ou fixés au plafond pour capter au mieux la discussion. Revolab (désormais Yamaha Unified Communications) propose des micros sans fil à poser sur la table, Sennheiser idem avec TeamConnect. Ces micros sont très bien adaptés à la captation de conversation, le côté sans fil permet un placement variable suivant le nombre de participants, par exemple. Le module récepteur fournit un signal qui entrera dans le convertisseur USB du paragraphe précédent.

Pour une capture audio plus large, ou dans un espace au mobilier changeant, on utilisera avec clarté un capteur audio par matrice de micro au plafond, tel que le Microflex Advance de Shure ou Sennheiser avec TeamConnect Ceiling 2 ; ces micros assurent une bonne capture et une réjection des bruits annexes hors du champs de parole principal.

Enfin lorsque l’on a choisi le type de micro le plus adapté à la salle de réunion, que l’on a mis en place le convertisseur audio analogique vers numérique USB adapté, il faut ensuite configurer l’ordinateur personnel. Car celui-ci possède déjà un micro intégré, ou une entrée micro sur mini-jack, ainsi que des haut-parleurs intégrés et une sortie pour casque. Il n’est pas du tout évident qu’il va détecter le périphérique USB, pour y assigner les entrées/sorties audio de façon automatique. Contrairement aux annonces des fabricants, le côté automatique est très aléatoire, d’un PC à un autre.

L’expérience montre qu’avec le même adaptateur audio vers USB, d’un ordinateur à l’autre on peut avoir des réactions différentes. Il faut donc cliquer droit, sur le haut-parleur en bas à droite de la barre des tâches, et « ouvrir les paramètres du son » et choisir manuellement les voies d’entrée et de sortie du son.

C’est l’un des points clefs de ces équipements. Il faut régulièrement s’assurer de la bonne configuration des routages au niveau de l’ordinateur, et certaines configurations peuvent refuser de fonctionner sur certains ordinateurs.

Dans le cas où la prise de son de la salle doit être elle-même diffusée dans la salle, c’est le cas des salles d’une certaine dimension, 40 à 50 places minimum, un effet d’écho peut apparaître au niveau du site distant. Lorsque le site distant parle, le son est diffusé dans les haut-parleurs de la salle, repris par le micro local et renvoyé au site distant, qui s’entend avec une seconde de retard. Ce phénomène est très perturbant pour les participants du site distant.

Seul un processeur audio équipé d’une fonction anti-écho, permet de supprimer cet effet fort désagréable. Ce type de processeur fait la différence entre le son entrant du site distant et le son renvoyé et supprime la modulation similaire si elle apparaît dans le canal des micros. Ces traitements très efficaces assurent un son clair au site distant. Typiquement, le processeur QSC Core 110, ou le Crestron DSP-1282, permettent à la fois l’interface USB pour l’audio et le traitement anti-écho.

Dans tous les cas il ne faut jamais renvoyer au site distant, le son qu’il nous envoie. Si l’on mélange le son des micros de la salle avec le site distant pour la diffusion dans la salle, ce qui est normal, il ne faut pas renvoyer le même mix au distant, mais le N-1. Ce qui veut dire les N sources de micro de la salle, moins le son du site distant. Cela implique que le mélangeur audio de la salle doit pouvoir gérer plusieurs mix différents les uns des autres.

On comprend à la lecture de ces notes que la mise en place d’un système de conférence à distance peut comporter quelques difficultés. Les salles dans lesquelles les utilisateurs viennent se connecter avec leur propre ordinateur sont plus exposées à des problèmes de mise en œuvre, car chaque ordinateur est configuré différemment. On préférera mettre un ordinateur, ou un NUC, à demeure dans la salle pour assurer le service, celui-ci configuré une fois pour toutes.

De façon similaire, la mise en œuvre d’une communication de ce type pour un poste de travail est extrêmement économique, ce peut être très différent pour une salle de réunion si l’on souhaite un résultat au niveau d’une visioconférence traditionnelle. Le coût des convertisseurs audio, des micros, d’un processeur anti-écho et des prestations d’installation est un investissement important, mais indispensable au bon fonctionnement de ce type de salle.

Retrouvez la suite de l’article ici

Article paru pour la première fois dans Sonovision #21, p. 28-43. Abonnez-vous à Sonovision (4 numéros/an + 1 Hors-Série) pour accéder à nos articles dans leur totalité dès la sortie du magazine.

 

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