L’éclairage laser permet aujourd’hui à ces vidéoprojecteurs de conserver une longueur d’avance face au développement rapide des murs Led. Grâce au laser, la vidéoprojection est encore là pour longtemps avec des arguments de poids en termes de palette de couleurs, de luminosité et de facilité de maintenance. Ces qualités maintenant acquises, les dernières générations multiplient les cas d’usages et poussent le curseur sur toutes les fonctionnalités et les caractéristiques possibles afin de s’imposer définitivement.
Le laser présente souvent un coût global moins élevé que les lampes
Le laser a tout pour supplanter la classique lampe haute puissance dans les vidéoprojecteurs. La technologie classique, avec une lampe, présente encore quelques intérêts comme celui du prix principalement. C’est le créneau sur lequel le laser encore jeune n’est pas capable de rivaliser. Malgré une multiplication de l’offre, les tarifs n’ont pas encore réellement baissé au point de rejoindre celui des modèles à lampe de puissance lumineuse semblable. La différence à l’achat est notable. Pourtant, il faut bien tout peser car cet avantage peut être seulement de façade si l’on calcule le coût total d’exploitation, un marqueur bien plus important.
À ce sujet, Nec compare sur son propre site ses vidéoprojecteurs à lampe contre ses références équivalentes laser et l’on s’aperçoit que pour une durée d’utilisation de 20 000 heures, soit la vie d’une source laser, cette technologie est toujours gagnante. Si le modèle à lampe coûte moins cher à l’achat, le fait d’ajouter le coût de remplacement de la lampe ou de deux lampes pour certains modèles, la facture globale s’envole. Certains vidéoprojecteurs à lampe voient leur prix d’achat multiplié par deux ou trois au bout de 20 000 heures d’utilisation lorsque l’on inclut entre six et neuf changements de lampes avec les coûts de maintenance inclus. Contrairement aux vidéoprojecteurs laser dont la maintenance est nulle, il n’y a pas de filtre ni de source lumineuse à changer avant 20 000 heures d’utilisation.
Des vidéoprojecteurs écoresponsables
L’avantage majeur de la maintenance inexistante est inhérent au fonctionnement même du laser. C’est d’ailleurs ce qui explique principalement son succès mais ce n’est pas le seul. Le laser supprime les autres désavantages de la lampe. Il n’y a plus cette fragilité nécessitant d’attendre avant d’avoir une image et d’attendre à nouveau lorsque l’on éteint le vidéoprojecteur ceci afin d’éviter de stresser la lampe et de la voir instantanément partir en fumée. La source d’éclairage laser repose sur des Leds puissantes qui ne craignent absolument pas l’allumage et l’extinction immédiats. Voilà un autre avantage de poids lorsque l’appareil est confié à une variété d’utilisateurs, dans les salles de réunion par exemple. Cette fragilité disparaît, plus rien ne peut réduire par mégarde la durée de vie du vidéoprojecteur.
Les fabricants communiquent également sur d’autres critères, comme le poids. Cela concerne les vidéoprojecteurs les plus puissants comme ceux destinés aux salles de cinéma ou à l’événementiel de grande envergure. Dans ces cas de figure, les appareils sont de plus en plus puissants, jusqu’à 70000 lumens, et en même temps de plus en plus compacts, moins lourds et tout-en-un. Le faible bruit de fonctionnement est un autre argument mis en avant. Bien que les laser génèrent énormément de chaleur, celle-ci est présente de façon très localisée. Les ventilateurs restent nécessaires mais ils sont moins nombreux ou plus petits et tournent moins vite que ceux nécessaires au refroidissement d’une lampe au mercure. Justement, l’absence de cet élément chimique est mise à profit par les fabricants de vidéoprojecteurs laser contre les modèles à lampe. Sans mercure, moins imposants et consommant moins d’électricité à luminosité égale, ils peuvent déclarer que leurs appareils laser sont éco-compatibles.
Forte puissance et tout-en-un pour l’installation
Epson commercialise depuis la fin de l’année dernière le vidéoprojecteur laser 3LCD produisant 30000 lumens le plus compact du marché. Le Pro L30000UNL projette de la 4K via la wobulation à partir d’une matrice Full HD. Il supporte le HDR10 et le HLG pour des images hyper dynamiques. Côté installation, un support en option permet de stacker deux L30000UNL tandis que la caméra intégrée facilite tous les réglages et la calibration.
En mono DLP via une puce 0.96” en résolution WUXGA, Barco a trois propositions dans la nouvelle gamme laser phosphore G100. Ils se différencient par leur puissance lumineuse au choix : 16000, 19000 ou 22000 lumens. Neuf optiques les complètent, de l’ultra courte focale jusqu’à un ratio longue portée de 10,8:1. Barco met en avant la facilité d’intégration dans un environnement multi projecteurs avec la gestion du recouvrement d’image ainsi que la compatibilité avec les sources modernes en HDMI 2.0b et DisplayPort 1.2a.
Le faible niveau sonore en regard des capacités lumineuses du Griffyn 4K32-RGB est l’argument mis en avant par Christie. Ce vidéoprojecteur laser RVB délivre jusqu’à 34000 lumens sans dépasser les 46 dB. Il se présente sous la forme d’un appareil tout-en-un, avec une connectivité complète et sans nécessiter de système de refroidissement externe. Ce qui en fait le projecteur des projets les plus ambitieux en termes d’événementiel, de mapping ou de muséographie. Christie a également une solution pour la 3D avec le Mirage SST-6P. Elle est constituée de deux machines laser RGB produisant au total 30000 lumens pour conserver toute la dynamique même avec des lunettes passives. La 3D est disponible en 4K à 120 Hz ou en 2K à 480 Hz pour supprimer tout risque de scintillement.
Les salles de cinéma sont un lieu où le faible niveau sonore des projecteurs est un critère primordial. Barco a complété à cet effet la Série 4. Déjà présents dans plus de 8 000 salles à travers le monde, quatre nouveaux modèles de 7000 à 15000 lumens, en résolution 2K, se destinent aux salles de petite taille. Pour répondre particulièrement à cette demande, leur niveau sonore est de 40 dB seulement. Barco répond également aux besoins de grandes images dans les simulateurs avec le F400-HR dont la fréquence d’affichage monte à 240 Hz. Une capacité nécessaire pour la formation au pilotage d’avions par exemple. C’est aussi le premier vidéoprojecteur mono DLP en résolution native 4K.
Puisque le sujet du bruit de fonctionnement est devenu majeur, Digital Projection a séparé la tête de projection et la source laser d’une façon très innovante avec la gamme MLS dont la modularité est le maître mot. Quand la tête avec son optique pèse moins de 40 kg, la source réside dans un boîtier en rack de moins de 25 kg. Chaque élément peut ainsi être installé par une seule personne. L’innovation réside dans le lien entre les deux éléments. Ils peuvent être séparés jusqu’à 100 mètres. Mais surtout, il est possible d’associer plusieurs modules laser à une seule tête de projection pour multiplier les lumens ou bien un seul module à deux ou trois têtes.
Solutions multiples d’intégration pour l’affichage dynamique
Disponibles en blanc ou en noir, les vidéoprojecteurs laser 3LCD des séries EB-PU1000 et EB-PU2010 sont destinés aux applications nécessitant, selon le modèle, entre 6000 et 10000 lumens. Ils sont adaptés entre autres à l’affichage dynamique grâce à la présence d’un media player intégré. Leur objectif est interchangeable via une gamme d’optiques déjà existantes. La résolution WUXGA peut reproduire de la 4K grâce au déplacement des pixels à chaque trame. Beaucoup plus compact, les EV-110 et EV-115 de la série LightScene ressemblent à s’y méprendre aux spots d’éclairage que l’on trouve par exemple dans les commerces. Ce sont pourtant bien des vidéoprojecteurs laser 3LCD. Leur luminosité est limitée à 2200 lumens, ce qui sera suffisant pour de la projection architecturale ou de l’affichage publicitaire.
Pour de l’affichage dynamique ou du projection mapping avec 7000 lumens, Optoma a dévoilé tout récemment le ZU720ST au sein de la série DuraCore. Disposant d’une courte focale et d’un zoom motorisé, il est idéal pour des installations au plus proche de la surface d’affichage avec un positionnement totalement libre à 360°, même en mode portrait. Capable de fonctionner 24h/24, la durée de vie du laser peut atteindre 30 000 heures en mode éco.
La rétroprojection est une excellente solution lorsque les spectateurs ou les utilisateurs sont amenés à passer devant l’écran. La nouvelle gamme Panasonic PT-MZx80 comprend trois modèles mono-LCD laser en 6000, 7000 ou 8000 lumens. Parfaits pour la muséographie comme pour les salles de réunion, leur niveau sonore est de seulement 26 à 27 dB en mode silencieux. Ils peuvent recevoir en option une optique à ultra courte focale frontale parfaite pour la rétroprojection. Le Panasonic PT-MZ16K, déjà existant en laser 3LCD avec 16000 lumens, bénéficie également d’une optique comparable.
Faible bruit et haute luminosité en salles de classe ou de réunion
Le laser a largement investi les salles de cours, de formation et de réunion avec des appareils aussi compacts que leurs concurrents à lampe. L’Optoma ZH403 DuraCore est un incontournable dans cette catégorie avec puce mono DLP, 4000 lumens, zoom manuel et la Full HD avec HDR. Tout comme le mono DLP BenQ LW820ST, sa résolution WXGA et ses 3600 lumens. Grâce à son ultra courte focale, il s’adresse avant tout au monde de l’éducation avec en option des accessoires pour rendre virtuellement tactile la surface de projection.
Pour plus de puissance, il faut aller voir du côté d’Epson. Les Optoma et BenQ sont concurrencés par la nouvelle série PowerLite L d’Epson comprenant six références couvrant les résolutions WXGA et WUXGA avec des puissances lumineuses de 5200 à 7000 lumens. Ce sont tous des lasers 3LCD équipés du wi-fi et du HDBaseT. Certaines de ces références remplacent des vidéoprojecteurs à lampe qui n’auront pas de descendance.
Quant à la résolution 4K, si c’est votre besoin, il faut se tourner vers LG. Les derniers modèles de la gamme ProBeam se déclinent en deux versions selon leur nombre de pixels affiché : résolution WUXGA pour le BF60PST et UHD pour le BU60PST. Ce dernier est donc l’un des rares modèles en ultra haute définition à être proposé à destination des salles de cours et de réunion. Avec 6000 lumens, une installation en affichage dynamique est également envisageable. Connecté, il fait appel à WebOS en tant que plate-forme de gestion des applications et des contenus. LG insiste sur son niveau de bruit limité à 33 dB.
Apparition du laser RGB dans les projecteurs laser grand public
Le laser a également pris ses marques dans la vidéoprojection grand public. Il se retrouve principalement au sein de deux catégories de produits : dans les modèles très haut de gamme pour le home cinéma et dans les appareils à focale ultra courte. Le dernier Sony VPL-VW890ES illustre le premier cas. Modèle 4K natif utilisant des matrices SXRD, c’est un appareil à 25 000 euros destiné à la salle dédiée des passionnés les plus fortunés. À l’opposé, tous les vidéoprojecteurs UST grand public utilisent une source lumineuse laser, que ce soit des mono DLP ou des 3LCD. Samsung se démarque de ses concurrents en étant le seul à proposer un appareil laser RGB. Le Premiere LSP9T délivre 2800 lumens et il possède la capacité d’afficher les sources en HDR10+, le concurrent du Dolby Vision. Étant données ses possibilités, les 6 500 euros demandés par Samsung restent raisonnables mais la taille de l’image conseillée ne devra pas dépasser 130”.
Cinéma, parcs d’attraction, salles de classe ou de réunion, affichage dynamique, événementiel, muséographie, home cinéma… Grâce aux différentes applications de la technologie laser, phosphore, RB ou RVB, ce type de vidéoprojection est finalement adapté à tous les environnements mais aussi à tous les budgets. Mis à part quelques cas spécifiques, il n’y a plus réellement de projets où le projecteur à lampe serait plus intéressant que son équivalent laser. C’est désormais une réalité dans le monde professionnel comme pour le grand public.
Article paru pour la première fois dans Sonovision #23, p. 20-23. Abonnez-vous à Sonovision (4 numéros/an + 1 Hors-Série) pour accéder à nos articles dans leur totalité dès la sortie du magazine.










