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Panorama des stations de production légères pour le streaming

Dans le Sonovision 24, nous avons passé en revue les stations de production légères pour le streaming les plus populaires du marché... Notamment la Media Station d’Arec, la Miris Box Mini d’Ubicast et enfin la Yolobox...

Publié le 23/03/2022

Après vous avoir présenté les stations Pearl d’Epiphan ( A lire ici ), nous passons ici en revue les Media Station d’Arec, la Miris Box Mini d’Ubicast et enfin la Yolobox qui avec sa batterie et sa connexion wi-fi ou 4G est plus destinée à une utilisation nomade….

 

Les Media Station d’Arec

Arec conçoit et fabrique toute une gamme de produits destinés à la communication audiovisuelle et numérique sur réseau IP. Parmi ceux-ci, figurent des caméras PTZ dotées de système de tracking, des encodeurs et décodeurs IP pour distribution de flux audiovisuels sur IP et des systèmes de gestion de contenus.

Pour assurer la captation de conférences, leur enregistrement et leur diffusion en direct via des plates-formes de streaming, Arec propose la gamme des Media Station. Ils se répartissent en trois gammes de produits. La première série (LS-200, LS-300 et LS-400) fonctionne en résolution HD avec deux entrées physiques (chacune avec connecteurs HDMI et VGA et audio mini-jack) pour le raccordement direct des sources, caméras ou sources d’images informatiques, associées à deux, trois ou quatre sources IP selon le modèle. Les caméras IP sont raccordées sur des ports RJ-45 spécifiques dédiés à cette fonction. Arec privilégie les sources IP car ses caméras PTZ fournissent directement un flux RTSP.

Le Media Station est équipé d’un système de mixage vidéo offrant des enchaînements « cut » et des modes de combinaisons multifenêtres avec une image de fond et l’incrustation de titrages. Le mélangeur audio associé récupère les sources audio via des connecteurs mini-jack ou les flux insérés dans le signal HDMI ainsi qu’un micro-HF. La sortie programme est disponible sur un couple de connecteurs HDMI et VGA. Elle est également enregistrée au format MP4 sur un disque interne de 1 To. Celui-ci peut être complété par des clés ou des disques USB. À la fin du cours ou de la conférence, le contenu peut être transmis directement vers un serveur FTP. Chacune des sources d’images peut être enregistrée de manière séparée pour une postproduction ultérieure (le nombre de sources variant selon les modèles).

Pour la diffusion en streaming, les Media Station disposent de deux encodeurs transmettant chacun un flux en RTMP ou MPEG-2 TS vers une plate-forme spécifique avec un profil particulier. Une diffusion sur réseau local en RTSP est également possible mais limitée à six accès simultanés. La diffusion en streaming monte jusqu’à une résolution HD 1080p30 et un débit maximal de 4 Mb/s.

Les unités Media Station se présentent sous forme d’un boîtier électronique classique et sont pourvues en face avant d’une série de boutons de commande pour sélectionner les éléments affichés dans le mixage vidéo et des touches pour lancer l’enregistrement, ainsi qu’un port USB. Elles sont dépourvues d’écran LCD de contrôle, mais leur sortie HDMI affiche une interface graphique superposée à la sortie vidéo du mixage et configurable via une souris raccordée au port USB.

Outre la reprise des boutons physiques de la face avant, l’interface affiche le niveau audio du mixage, l’adresse IP et l’état de la diffusion en streaming. Cette interface sert essentiellement à l’utilisation de la Media Station en cours de captation, d’enregistrement et de diffusion. Arec propose un logiciel pour smartphone donnant accès à ces fonctions, un peu à la manière d’une télécommande.

Pour accéder à des fonctions plus complètes, Arec propose un logiciel de configuration fonctionnant sous Windows ou Mac OS. Il existe un autre logiciel destiné à la conception des mises en page des effets multifenêtres. Les Media Station sont également pourvues d’une interface Web permettant de les piloter à distance par réseau et de configurer les fonctions réservées à l’administration de la machine : paramètres des accès réseau, transferts de contenus vidéo, configuration des accès. Il est également possible de piloter les caméras PTZ de la marque et de mémoriser des cadrages particuliers.

Grâce à des API, les Media Station peuvent être intégrés dans des systèmes de gestion et de diffusion de contenus comme Opencast, Panopto ou Kaltura. Ils disposent également d’un port RS-232 pour permettre leur intégration dans des systèmes d’automation. Au cours de son récent roadshow, Sidev a présenté un système d’enregistrement de conférences multicaméras associant un Media Station Arec et un système de micros conférence Dicentis de Bosch.

Arec complète cette gamme de stations de production « live » avec une version portable, le modèle KL-3. Présenté sous forme de pupitre, il est équipé sur sa face supérieure d’un écran tactile de 10 pouces de manière que le conférencier puisse suivre directement sur sa table l’image diffusée et contrôler le mélangeur vidéo, l’enregistreur et la diffusion en streaming grâce à des commandes tactiles. Il est équipé pour mélangeur trois sources vidéo à choisir parmi les deux entrées physiques HDMI/VGA et les ports RJ-45 pour des flux vidéo IP. Il reprend les principales caractéristiques du modèle LS-300. En option, il peut être fourni sous forme d’un bundle avec deux caméras PTZ et une valise à roulettes les regroupant avec l’unité de production KL-3.

La gamme des Media Station Arec se termine avec le modèle LS-860 qui profite d’un cœur de traitement plus puissant autorisant le mixage de quatre sources vidéo 1080p60. Il est équipé de quatre entrées HDMI et accepte jusqu’à quatre flux IP. Le processeur vidéo encode les images en H.264 jusqu’à une résolution 1080p60 avec un débit maximum de 16 Mb/s. Les outils de production « live » Media Station d’Arec sont distribués en France par Sidev.

 

La Miris Box Mini d’Ubicast

Ubicast conçoit des systèmes de captation et de diffusion de contenus vidéo destinés à l’enseignement et à la formation. Organisée autour de Nudge, la plate-forme d’hébergement vidéo interactive déployée sur site ou dans le cloud, son offre comprend tous les outils permettant de filmer des cours, de les indexer, de les archiver afin que les étudiants puissent les consulter soit en direct ou en différé. L’ensemble des outils facilite la navigation au sein des contenus et les échanges avec les enseignants. La gamme des outils proposés par Ubicast comprend une station légère de captation, Miris Box Mini dont les fonctionnalités sont similaires aux autres produits décrits dans cet article.

La Miris Box Mini se présente sous la forme d’un PC compact de type NUC avec deux entrées vidéo physiques, une sur connecteur HDMI pour des sources jusqu’à la résolution 1080p60, la seconde sur port USB 3.0 compatible UVC pour le raccordement d’une source type webcam USB. Il est possible de raccorder aussi des sources vidéo sur IP via le port réseau, transmises soit en RTSP ou en NDI. Le nombre maximal de sources IP dépend de leur résolution, une en 1080p ou deux en 720p. Une entrée audio analogique sur jack 3,5 mm est disponible pour raccorder une source audio externe. L’entrée HDMI est destinée a priori pour une source d’images informatiques comme un ordinateur ou une tablette. Cette source est reprise en mode passage en sonde sur une sortie pour la renvoyer vers un vidéoprojecteur ou un écran LCD pour le public de la salle.

Deux sources vidéo peuvent être enregistrées simultanément sur la Miris Box Mini avec un codage H.264 avec une résolution 4K30 et un débit maximal de 40 Mb/s. La durée maximale d’enregistrement de quatre heures sur un support interne de 256 Go. Un seul flux de streaming est diffusé en direct avec au choix l’une des sources traitées ou une combinaison des deux en mode côte à côte et une image de fond fixe. Il est possible de rajouter un logo ou un titre en incrustation.

Comme la Miris Box Mini est conçue au départ pour s’intégrer dans la plate-forme Nudge et travailler de concert avec les outils de gestion de contenus, l’encodeur de streaming envoie le mixage vidéo ou l’une des deux sources d’images vers une seule plate-forme de streaming, soit un service dédié, un CDN pour assurer une diffusion multiformat ou une plate-forme publique comme YouTube, Facebook, Twitch à partir du moment où elle accepte un flux RTMP ou HLS.

À côté de la Miris Box Mini, Ubicast propose aussi une station de captation et d’encodage plus puissante, la Miris Box Plus. Sous forme d’une unité centrale en rack 3U, elle est capable de traiter six entrées vidéo, configuration qui correspond plus à l’équipement d’une vraie salle de conférences avec un exploitant technique, ce qui sort du cadre de cet article.

Pour les conférenciers nomades, Ubicast a conçu un outil transportable sous forme d’un studio mobile, mais sans streaming, limité à la captation, l’édition, l’indexation et le transfert de contenus sous forme de fichiers.

 

La station mobile Yolobox

La Yolobox est une station de production « live » portative destinée à des tournages sur le terrain en mobilité. Avec des dimensions intermédiaires entre celles d’un grand smartphone et la taille d’une tablette, elle regroupe les fonctions habituelles des stations de production « live » en y ajoutant une batterie interne offrant une autonomie de l’ordre de trois heures, une interface wi-fi et une carte SIM 4G pour offrir une palette complète d’accès à tous les réseaux de communication. Un écran LCD tactile d’une diagonale de 7 pouces recouvre toute la surface de l’appareil et sert d’interface de commande.

Le premier modèle de Yolobox est équipé de deux entrées HDMI et d’un port USB destiné à y raccorder une webcam, une GoPro ou un drone. Un emplacement pour cartes SD sert soit à la lecture de séquences vidéo ou de fichiers graphiques soit à l’enregistrement du programme final. Comme pour les autres systèmes, le mixage vidéo reste limité à l’enchaînement cut des sources, à des effets de volets ou des partages PIP, et à l’incrustation de textes ou de logos. Le choix des volets et des configurations d’incrustation PIP sont effectués via des commandes tactiles assez simples et complètes. Chaque effet est mémorisé et reste accessible directement depuis la barre d’imagettes de sélection des sources.

Il est possible de diffuser des éléments graphiques stockés soit depuis la carte SD ou une clé USB. Une fois sélectionnés, ils sont rappelés directement depuis une page dédiée. Un sous-titre pourra être affiché en incrustation si le fichier graphique est pourvu d’une couche alpha. Il est possible de créer à la volée un sous-titre mais avec un champ limité à vingt caractères. Dans le cas d’une retransmission sportive, la Yolobox est pourvue d’un outil de scoring.

L’encodeur de streaming intégré est préconfiguré pour une connexion directe vers YouTube, Facebook ou Twitch plus une configuration manuelle en RTMP vers un service ou un CDN particulier. Dans ce cas la configuration de la liaison exige de passer par une connexion à un service géré par Yololiv, le concepteur de la Yolobox et les réglages sont ensuite renvoyés par e-mail. Le flux de streaming est transmis au choix via une liaison 4G, un accès wi-fi ou un raccordement filaire par connecteur RJ-45 mais sans possibilité d’agrégation des liens. Une fenêtre permet d’afficher directement les commentaires des spectateurs regardant le live.

L’enregistrement du programme final sur carte SD reprend le signal sortant de l’encodeur. Il n’est donc pas possible d’effectuer un enregistrement de haute qualité pour une postproduction ultérieure car la résolution et le débit seront limités à ceux du streaming.

La Yolobox traite les sons associés aux sources vidéo (une entrée ligne sur mini-jack est disponible pour une source externe) via un simple sélecteur manuel ou une fonction audio follow vidéo, mais sans possibilité de mixage. Une sortie casque et un vumètre permettent de contrôler et d’ajuster le niveau audio. Enfin, une sortie HDMI est disponible pour renvoyer l’image finale vers un écran externe. Au choix, elle affiche le final du mixage vidéo (avec ou sans habillage graphique), l’interface de pilotage de la machine ou une sortie directe de l’une des entrées en mode passage en sonde.

Beaucoup d’utilisateurs espèrent utiliser cette sortie vers d’autres périphériques, pour profiter des possibilités de mixage de la Yolobox, mais à cause de subtilités de codage de la connectique HDMI, le signal vidéo n’est pas toujours reconnu. Il est par exemple impossible de récupérer sa sortie via un port USB destiné aux webcams dans le cadre d’une visioconférence via Skype, Teams ou Zoom.

La Yolobox est proposée dans une version Pro dans un boîtier un peu plus volumineux (22 cm x 13 cm x 3 cm) et un peu plus lourd (750 g contre 500 g pour le modèle simple) pour y incorporer plus d’entrées vidéo qui passent à trois entrées HDMI, l’USB 3.0 initiale étant complétée par un port USB-C compatible vidéo. Le boîtier de ce nouveau modèle profite d’une meilleure protection contre les chocs.

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Sonovision #24, p. 38-43

 

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