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Les écrans non conventionnels pour l’affichage dynamique

L’affichage numérique, que l’on trouve aujourd’hui absolument partout, présente différents objectifs. Il doit informer, orienter, décorer, divertir ou aider à vendre. Dans tous les cas, il doit être vu.

Publié le 25/03/2024

 

Intéressons-nous aux formats non conventionnels qui, en plus d’attirer l’œil en créant la surprise, entraînent plus de créativité au niveau de la présentation et de la diversité des contenus.

Le choix de l’emplacement est clé, mais pas seulement. Le format d’affichage, sa taille et son intégration dans l’environnement jouent également beaucoup sur l’intérêt et l’impact de l’affichage.

 

Sortir des formats d’affichage standards

Lorsque l’on recherche des moniteurs prévus pour de l’affichage dynamique, l’écrasante majorité des réponses est en 16/9e. C’est le standard des moniteurs, qu’ils mesurent 32, 55 ou 98” de diagonale. Remplaçant le 4/3, ce format un peu plus allongé est hérité de l’amélioration des téléviseurs il y a plus de trente ans pour mieux s’adapter au visionnage des films. Il a impacté de la même façon les moniteurs informatiques et les écrans professionnels. Les fournisseurs de dalles et les fabricants sont un peu les mêmes dans tous les domaines, ceci expliquant cela.

Nous nous sommes donc habitués au 16/9e en tirant partie de cette surface ayant su s’adapter à tous les usages. Ce ratio est devenu la norme. Les personnes créant du contenu pour l’affichage dynamique savent immédiatement la place qu’ils ont à leur disposition. Ils organisent les différents éléments de façon assez normée dans chaque domaine d’application : les images à gauche, les textes à droite, le bandeau déroulant en bas, etc. Cela bride un peu la créativité, et l’on s’étonne lorsque l’on découvre des mises en page originales qui sortent un peu de l’ordinaire.

Pour briser les barrières, l’option la plus simple a été de multiplier les moniteurs 16/9e. En installant deux ou trois moniteurs côte à côte, on se retrouve avec une image élargie. Les contenus se répondent ou se complètent d’un écran à l’autre. Avec un peu d’idées, on peut faire déborder les contenus d’un écran sur l’autre, surtout lorsque l’on est aidé d’un processeur vidéo gérant tous les écrans en une surface unique. Un peu plus original mais devenu très courant, les moniteurs peuvent être installés en mode portrait, toujours côte à côte. Cela donne encore plus de possibilités pour des affichages un peu originaux et tirant partie du format allongé à la verticale.

Nous sommes tellement habitués au 16/9e, qu’il soit utilisé seul ou multiplié, que dès qu’un affichage sort de l’ordinaire, il attire notre attention. On le voit par exemple dans le monde de l’automobile lorsque Tesla a été le premier à inaugurer un écran tactile central vertical qui a beaucoup fait parler. En plus de casser les codes, il a permis de faire une nouvelle proposition en termes d’ergonomie en plaçant un certain nombre d’information et de commandes de façon efficace, ce qui n’était pas possible avec le format horizontal.

L’automobile nous habitue de plus en plus aux formats d’affichage non conventionnels qui attirent l’œil, font parler, et modifient nos usages. Les exemples les plus parlants sont chez Mercedes avec l’Hyperscreen © Mercedes-Benz

Par la suite, c’est Mercedes qui a créé l’événement avec son Hyperscreen dédié à ses véhicules électriques haut de gamme. Ce grand écran qui occupe tout le tableau de bord est en réalité composé de trois écrans derrière une vitre unique. Les effets visuels et les ombrages sur chaque dalle font croire qu’elles ne font qu’une. Dernièrement, c’est la nouvelle Mini qui a fait sensation avec son écran central totalement rond impliquant une organisation des informations réadaptée.

 

L’automobile nous habitue de plus en plus aux formats d’affichage non conventionnels qui attirent l’œil, font parler, et modifient nos usages. Les exemples les plus parlants sont chez aussi dans la nouvelle Mini avec son écran central rond. © Mini

 

Que ce soit le format paysage ou portrait, le nombre d’écran accolés, le découpage ou la mise en page des contenus, tout cela contribue à améliorer l’expérience utilisateur, qu’il soit simplement spectateur ou bien impliqué dans l’usage quand les écrans sont tactiles. Cela concerne les applications personnelles, telles que les écrans de nos voitures ou ceux de nos smartphones, mais aussi les interactions dans les lieux recevant du public. On trouve plein d’exemples d’améliorations et d’affichages bien réfléchis pour nous faciliter la vie, comme sur les bornes d’achat de tickets de transport ou les indications pour se repérer dans un grand centre commercial. Pour nous sortir de nos habitudes, il est possible d’aller encore plus loin dans l’affichage dynamique en sortant du sempiternel 16/9e.

 

Les petits formats originaux

L’affichage dynamique peut s’inspirer des derniers formats d’affichage sortant complètement des codes. Il a tout intérêt par ailleurs, car cela bénéficie à l’impact des contenus. Sans aller jusqu’à faire réaliser sur commande la taille et la forme de la dalle comme le font les constructeurs automobiles, il existe quelques propositions sur l’étagère en ce qui concerne les petits formats. Nous appellerons ainsi tout ce qui existe dans des dimensions de petites à classiques, avec un seul écran aux dimensions originales.

Dans le domaine des moniteurs informatiques, le 16/9e ou le 16/10e, sont complétés depuis plusieurs années par des formats plus allongés. Ils ne répondent pas forcément à un ratio précis, mais plutôt à une résolution informatique ou à une définition de dalle. Dans les écrans extra-larges, on va trouver par exemple du 2 560 x 1 080, du 2 560 x 1 440 ou du 3 440 x 1 440. Cela va jusqu’au 32/9e, en 3 840 x 1 080, c’est-à-dire l’équivalent de deux dalles 16/9e accolées. Bref, le choix est large, mais ces écrans ne sont pas vraiment destinés à l’affichage dynamique, bien que l’on puisse les détourner à cet usage si besoin.

 

Le moniteur LG DualUp affiche l’équivalent de deux images 16/9e l’une au-dessus de l’autre. © LG

Dans ce cadre, il est alors intéressant d’aller voir du côté du moniteur vertical LG DualUp 28MQ780 (28”). Son format 16/18e correspond à deux écrans l’un au-dessus de l’autre. On est presque au format carré. Il est possible d’imaginer des choses intéressantes avec un tel ratio d’affichage.

Eizo est le seul fabricant de moniteurs informatiques à avoir proposé un modèle original au ratio 1:1, en 1 920 x 1 920 pixels. © Eizo

Pour faire encore plus carré, il existe le Eizo FlexScan EV2730Q-BK (26.5”) qui est lui au ratio parfait 1:1 avec une définition de 1 920 x 1 920 pixels. Vous avez sans doute déjà vu les moniteurs 32/9e incurvé de Philips ou de Samsung. Plutôt dédiés au gaming, on peut aussi les envisager dans une intégration totale au sein d’un mobilier qui reprendrait la même courbure, dans un bar ou un restaurant par exemple.

Asus propose un autre format inédit en 14” ultra wide avec le PA147CDV. Il fait partie de la gamme ProArt et se destine grâce à sa qualité d’image supérieure aux dessinateurs, designers, monteurs vidéo, etc. Tactile, il peut être détourné pour l’affichage dynamique, sur une borne d’information ou d’identification dans le hall d’un hôtel ou d’une entreprise. Les limites de tous ces écrans sont celles de la durée d’affichage journalière. Quand beaucoup de moniteurs professionnels acceptent de fonctionner 24h/24, les moniteurs informatiques devront observer un temps de repos quotidien. Ce qui n’est pas un problème dans le domaine des CHR en l’occurrence.

 

Les moniteurs professionnels originaux en moyen format

Il existe chez Mimo Monitors un modèle professionnel de 58 cm de largeur sur 10 cm de hauteur qui s’installe telle une réglette sur les rayonnages des commerces. Il remplace les étiquettes RFID en proposant un véritable affichage multicolores dynamique. Son format est forcément très allongé avec une définition de 1 920 x 165 pixels. Il est possible de lier plusieurs écrans de ce type afin de réaliser des animations synchronisées sur tout un rayon par exemple. Cet écran très spécifique peut être utilisé à d’autres fins dans le cadre de l’affichage dynamique. Il se connecte tout simplement en micro HDMI et peut fonctionner 24h/24.

Avec 2 m 15 de longueur, ou de hauteur, le LG 86BH5C trouve sa place là où aucun autre moniteur ne peut s’installer. © LG

En visant un peu plus grand, tout en restant dans des formats très allongés, on va trouver chez Philips et Samsung un modèle en 37”, respectivement les 37BDL3050 et SH37F. Prévus pour fonctionner 24h/24, ils proposent une définition de 1 920 x 540 pixels. De taille moyenne, ils sont adaptés à l’affichage dans les transports par exemple.

 

Philips a, tout comme Samsung, à son catalogue un moniteur professionnel stretch en 37” capable de fonctionner 24h/24. © Philips
Samsung a, tout comme Philips, à son catalogue un moniteur professionnel stretch en 37” capable de fonctionner 24h/24. © Samsung

 

D’autres fabricants offrent un peu plus de diversité en taille d’image dans leurs gammes « stretch », comme ProDVX avec du 24, 28 ou 37”, ou bien Soltec en 18, 21, 32, 42 ou 55”. LG va encore plus loin avec le 86BH5C, un grand écran 58:9e en 3 840 x 600 et 2 m 15 de large. Il équivaut presque à quatre images classiques côte à côte.

L’écran Jupiter Systems Pana 105 est au format 21/9e pour un affichage dynamique en mode paysage ou portrait totalement immersif. © Jupiter

On s’éloigne des petits et moyens formats, tout en restant dans l’écran unique de taille non conventionnelle avec les moniteurs 21/9e de 105”. Depuis quelque temps, différents fabricants mettent en avant leur modèle avec ce ratio correspondant à une définition de 5 120 x 2 160 pixels, un équivalent de la 5K. On trouve dans ce domaine les marques iiyama, Jupiter, Kindermann et ViewSonic. Disponibles pour certains en tactile, ils se destinent aux salles de réunion avant tout. Mais en non tactile, rien n’empêche de les utiliser pour l’affichage dynamique, sachant que Jupiter propose également le même produit 21/9e en 34” et en 81”. Malgré leur taille et leur poids, ces écrans acceptent bien un montage en paysage ou en portrait. Avec de telles tailles, cela permet d’imaginer des contenus panoramiques et immersifs.

 

Les solutions grands formats sans limite

Pour aller encore plus loin, il faut combiner plusieurs afficheurs. Cela passe par trois solutions : les murs de moniteurs Led/OLed, les murs d’images en panneaux Led et la vidéoprojection. Ici, il n’y a plus de limite. Prenons le cas des murs d’écrans. On voit le plus souvent des configurations dans des multiples du 16/9e. Par exemple, quatre écrans Full HD vont être associés en carré pour délivrer une image 4K, chaque écran s’occupant d’un quart de l’image. Le but est ici d’obtenir de grandes surfaces d’affichage.

Mais rien n’empêche d’assembler des configurations hors des formats classiques. En réalisant deux lignes de quatre écrans Full HD, on obtient une définition de 7 680 x 2 160 pixels. Cela donne un affichage panoramique pouvant occuper tout un mur : on peut augmenter encore le nombre d’écrans sur une même ligne. C’est la solution la plus économique en utilisant des moniteurs dans les dimensions habituelles : 50, 55 ou 65”. Il reste une grille visible entre chaque moniteur, mais les fabricants améliorent sans cesse ce point en réduisant l’épaisseur du cadre.

L’étape suivante consiste à passer au mur Led. Bien que les modules soient souvent des sous-multiples du 16/9e pour composer facilement ce format, il n’y a absolument aucune contrainte. Toutes les définitions sont possibles, quasiment à la dizaine de pixels près. L’image peut aussi être coupée à 45° ou s’arrondir autour d’une colonne grâce à des modules spécifiques chez certains fabricants. Les contenus se fondent dans l’espace et font partie prenante de la décoration comme de la structure du bâtiment. Plusieurs zones peuvent être entrecoupées avec des contenus qui passent d’une zone à une autre. La créativité est totale pour le client et le gestionnaire. Ce ne sont plus les contenus qui doivent rentrer dans un format étriqué, c’est l’affichage qui s’adapte aux contenus.

Technologie pourtant plus ancienne, la vidéoprojection est toujours une solution alternative crédible face aux murs Led. Grâce à la technique du edge blending, plusieurs projecteurs s’associent pour créer une image au ratio non conventionnel, sans que les raccords ne soient visibles. De plus en plus de modèles embarquent cette fonction nativement quand ils sont assemblés avec un ou deux modèles identiques. Ainsi, on peut viser l’équivalent de trois 16/9e côte à côte très simplement. Dès que l’on fait entrer un processeur vidéo dans la boucle, alors il n’y a plus de contrainte, en hauteur comme en largeur. L’image peut recouvrir la totalité du mur d’un long couloir par exemple. Et plus rien n’empêche d’obtenir une image carrée, ronde ou très fine à la verticale.

 

Les outils et interfaces de gestion des formats hors normes

Quelle que soit la technologie d’affichage retenue, dès lors qu’elle sort des ratios communs tels que le 16/9e, il faut mettre en œuvre un outil d’adaptation. Son but est de remplir tous les pixels avec les contenus créés. C’est le rôle d’un processeur vidéo. Dans ce domaine également il y a un large choix selon la complexité du projet d’affichage. Un petit processeur suffira pour gérer quatre ou huit moniteurs en carrés ou en long. Un modèle évolué s’impose pour des murs Led complexes ou encore l’association de cinq ou six vidéoprojecteurs.

Les contenus graphiques tels que les bandeaux, les logos ou les animations se créent avec les logiciels classiques tels que Photoshop, Illustrator ou équivalents. Ils s’insèrent ensuite dans le canevas défini dans le logiciel de gestion du processeur vidéo. C’est ici que tous les médias se mélangent pour obtenir le contenu final à diffuser : images, vidéo, logos, graphiques, caméras, réseaux sociaux… Le canevas sera défini selon les dimensions exactes de la surface d’affichage. Cela permet ainsi de tirer parti de ses formes et de ses spécificités. C’est la force de ces processeurs vidéo dont la sortie n’est pas réduite à du 16/9e.

 

Pour les besoins de l’émission « Britain’s Got Talent », les serveurs Green Hippo sont capables de gérer les murs d’image et d’afficher plus de 1 000 webcams en live simultanément. © Russ Grubiak

 

Il existe différents types de processeurs. Les plus simples gèrent seulement la découpe d’image et la mise à l’échelle, afin de s’adapter à une surface dédiée sur mesure. Ils s’occupent de répartir les images des sources sur un même affichage. On les appelle plus communément des contrôleurs de mur d’images : Barco TransForm, Christie Hedra, Extron Quantum, VuWall PAK… Les plus évolués savent gérer simultanément depuis un même boîtier différentes surfaces simples ou complexes via de multiples sorties vidéo. C’est le cas des modèles AnalogWay Aquilon ou tvONE CORIOmaster. Certains intègrent une bibliothèque de contenus tandis que d’autres devront être associés à un serveur vidéo en charge de cette tâche.

Processeur nécessaire au fonctionnement de murs d’images complexes : ici pour la gestion des médias chez AV Stumpfl. © AV Stumpfl

C’est ici le rôle des processeurs des fabricants AV Stumpfl et Green Hippo par exemple. Selon la complexité de l’affichage, on peut être amené à combiner plusieurs processeurs qui, s’ils proviennent du même fabricant, pourront se synchroniser entre eux.

 

Exemple de processeur nécessaire au fonctionnement de murs d’images complexes : ici pour l’affichage chez AnalogWay, © Analogway

L’affichage non conventionnel est, comme vous l’aurez compris, sans limite. Si ce n’est celle de l’imagination des créatifs à qui l’on demande de remplir des zones d’affichage prédéfinies qui s’intègrent dans des lieux et des décors esthétiquement toujours plus recherchés. Finalement, la limite n’est plus technique et ces mêmes créatifs n’ont plus à rentrer dans des cases, dont celles qui répondent au ratio de 16 x 9. Ils peuvent laisser libre cours à leurs idées et c’est la technologie qui s’adaptera. Car aujourd’hui elle est capable de le faire, de la solution la plus simple avec plusieurs moniteurs accolés à la plus expansive grâce à un mur Led sur mesure ou à de la multiprojection. Quant aux processeurs vidéo, ils assurent que les contenus seront affichés tels que cela a été voulu, dans la meilleure qualité possible, avec du HDR s’il le faut, mais surtout de façon fluide, sans délai ni artefact.

 

Extrait du dossier repris dans Sonovision #34 p.40-69

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