Choisir ses moyens de captation et diffusion audio (partie 1/2)

Le son a plus que jamais un rôle prépondérant dans nos échanges et notre communication. C’est pourquoi il est primordial de bien choisir vos moyens audio pour vos conférences et salles de réunion. Avantages et inconvénients des différentes solutions, à commencer par les micros de plafond et les micro-casques.

Publié le 30/01/2024

 

Notamment quand les réunions se font avec des personnes présentes et d’autres distantes, la voix se doit d’être audible, le message compréhensible. On pourra être tolérant sur une image qui s’interrompt mais pas sur une communication audio hachée.

 

LES MICROPHONES

Le microphone de table est un outil essentiel à toute réunion à laquelle prennent part un ou plusieurs utilisateurs distants. Il assure une communication de qualité que le micro intégré à un téléphone, à un smartphone ou à un ordinateur portable ne peut clairement pas offrir. Le microphone de table capte les voix de la salle de réunion de façon professionnelle afin que les participants à distance entendent et comprennent parfaitement tout ce qui est dit. Les produits à cet effet sont désormais suffisamment qualitatifs dans toutes les gammes de tarif. Ils sont disponibles sous différentes formes : les fonctionnalités associées et les modes de montage vont faire la différence.

Le micro se connecte habituellement en USB vers un PC. L’USB suffit à alimenter le micro de table sans autre branchement. Le PC auquel il est relié fait tourner l’application de conférence telle que Skype, Teams, Zoom, WebEx… Il faudra bien vérifier la compatibilité du micro de table avec l’application choisie car ce n’est pas automatique. Certains fabricants ont une gamme de micros avec des références différentes selon l’application de conférence. Il existe également des modèles qui se connectent en Bluetooth, à un PC ou à un smartphone, pour un usage encore plus pratique.

 

Les systèmes de micro-conférence

Le support de surface pour micros col-de-cygne Audio-Technica ATND8677a est universel. De plus, sa sortie audio sur IP est en Dante avec alimentation par le PoE. © DR

Le microphone col-de-cygne est habituellement associé aux grandes salles de conférence. Chaque intervenant est face à un micro. Les micros ne sont pas autonomes : ils sont installés de façon définitive. Ils sont tous reliés à un système global, piloté par l’organisateur. Bien que cela soit possible, ce type de système n’est pas adapté à toutes les salles de réunion pour des questions de coût et de mise en œuvre. On les réservera de préférence aux grandes salles de conférence, aux auditoriums et aux assemblées territoriales. Bien que le micro col-de-cygne ressemble à n’importe quel autre col-de-cygne, chaque fabricant de système de conférence équipe ses plaques supports d’une connectique propriétaire. Le son capté par le micro passe par ce connecteur mais également toutes les fonctions avancées comme l’indentification de la personne ou la possibilité de voter. Un haut-parleur peut également être intégré à côté du micro. Lorsque l’on sélectionne un fabricant ayant fait le choix d’un système propriétaire, tous les éléments devront venir de la même gamme.

Pour un usage plus simple dans de petites salles de réunion, il existe également des micros au format classique col-de-cygne à relier en USB. Chez MXL, le AC-400 peut recevoir trois unités esclaves pour mettre ainsi en place une salle de réunion avec quatre participants, chacun ayant son micro avec une touche silence afin de poursuivre si besoin une conversation privée. Pouvoir choisir la couleur de l’indicateur sur le micro est l’une des grandes tendances actuelles. Lorsqu’une personne prend la parole, la Led au pied de la capsule prend la couleur de la charte de l’entreprise. MXL et Audio-Technica parmi tant d’autres proposent cette fonctionnalité.

En dehors de l’USB, les cols-de-cygne existent également dans un format analogique classique avec sortie XLR chez AKG, Beyer ou Shure. Il faut alors prévoir de relier ces micros à une mixette plus ou moins évoluée, intégrant ou non un DSP et les fonctionnalités de priorité automatique. Shure propose des boîtiers d’interface capables de convertir le signal en Dante (transport audio sur réseau IP) pour faciliter sa manipulation afin de le mélanger avec d’autres sources audio locales ou distantes si nécessaire. Avec son ATND8677a, Audio-Technica propose finalement le support de micro col-de-cygne le plus universel avec connecteur XLR analogique, sortie numérique sur réseau IP en Dante et alimentation en POE.

Le col-de-cygne prend place dans différents types de réceptacles. Il se visse ou se branche selon le fabricant. Il existe des supports de table classique, en surface type sabot. Ce peut être également une plaque complète, à visser sur la table ou à intégrer dans la menuiserie. Certaines marques réduisent le support au maximum avec un montage en affleurement, à peine plus large que le diamètre du col-de-cygne. Des fabricants tiers comme Arthur Holm ou Soltec proposent quant à eux des motorisations compatibles avec les cols-de-cygne de certaines marques partenaires. Le micro sort et rentre dans la table de réunion automatiquement pour être totalement invisible lorsqu’il n’est pas utilisé. Une solution haut de gamme adaptée aux salles de conseil par exemple.

 

Les microphones à effet de surface

Ce type de micro prend la forme d’un petit boîtier de quelques centimètres de hauteur. Quasiment tous les fabricants impliqués dans le domaine en ont au moins un à leur catalogue. Le format est standardisé avec une grille recouvrant la ou les capsules capables de capter de façon précise et directive la voix de la personne placée devant. Plus discret que le col-de-cygne, il ne gêne pas la vue. Nul besoin de se pencher vers lui, il suffit de parler normalement. Il possède le plus souvent une touche de prise de parole et un indicateur Led associé.

Comme les cols-de-cygne, il faut prévoir de préférence un micro de table directif par intervenant. Leur format réduit permet de les multiplier sans occuper trop de place. C’est le type de capsule et la qualité de sa directivité qui vont différencier un micro de table d’un fabricant par rapport à un autre. Côté intégration, certains modèles possèdent un câble sortant à l’arrière, d’autres un câble sortant dessous. Audio-Technica a eu la bonne idée de créer un mix des deux : la sortie de câble pivote à 90° afin de l’orienter selon les besoins.

 

Le succès des téléphones USB Chat de ClearOne ne se dément pas depuis de nombreuses années. Simples et efficaces, ils sont disponibles dans différentes versions plus ou moins évoluées. © DR

Peut-être plus pratiques dans certaines situations, les micros de table directifs existent aussi en version sans fil avec une alimentation sur batterie, comme le modèle Quinta TB de Beyerdynamic. On déploie ainsi les micros selon le nombre d’intervenants. Une fois la réunion terminée, il suffit de les reposer sur leur socle de recharge pour la prochaine séance. L’autonomie est de quatorze heures et on peut utiliser jusqu’à trente-six micros Quinta TB dans un même système. Beyerdynamic a poussé l’accessibilité jusqu’à inscrire la fonction en braille sur le bouton de prise de parole. Pour s’adapter aux besoins, le micro de surface ultra plat Audix M63 comprend une touche programmable pouvant être affectée soit à la prise de parole, soit au mode secret pour couper le micro. Des voyants indiquent l’état en cours.

Un des critères importants du micro de table directif concerne son angle de couverture. Cela n’est pas forcément lié au nombre de capsules qui le composent. Il existe des modèles avec trois micros qui captent à 180°, afin de pouvoir être utilisé par deux ou trois intervenants. Le résultat va dépendre du format du boîtier et de l’implémentation des micros. Un modèle à 180° sera utilisé de préférence dans une petite salle où la table est contre un mur par exemple. Ils ont l’avantage de ne pas capter le son derrière eux s’ils tournent le dos au système audio/vidéo par exemple.

 

Lorsqu’il n’y a plus de place sur la table de réunion

Qu’ils soient à col de cygne ou plats, les micros de table occuperont toujours de l’espace sur la table de réunion. Ils impliquent également un câblage à réaliser sous la table. Lorsque ce type d’installation n’est pas souhaitée, il faut alors trouver un autre emplacement aux microphones. La fixation au plafond est apparue tout naturellement en prenant différentes formes : dalle, encastrée ou en suspension. Ces micros étant plus éloignés des intervenants, ils font appel à un ensemble de capsules directives parfois configurables de façon logicielle.

Les dalles de plafond mesurent typiquement 60 x 60 cm. Cette surface est suffisamment importante pour intégrer bien plus qu’un simple micro. Les fabricants impliqués dans ce domaine en profitent pour disposer de multiples capsules souvent réparties en groupe. Chaque groupe est disponible via une sortie distincte côté mixeur. La directivité est alors entièrement paramétrable via une application. Il est également possible de retrouver une sortie générale qui regroupe la captation additionnée de toutes les capsules. Les sorties sont disponibles en XLR classique, de façon propriétaire à relier vers un récepteur/processeur associé ou en Dante pour une plus grande universalité d’emploi. Dans ce cas, le son des micros passera par le DSP de son choix pour le traitement et l’intégration avec le reste des équipements de la salle. Les systèmes propriétaires imposent de sélectionner mixeurs et interfaces chez le même fabricant que la dalle micro.

La connexion Dante permet le plus souvent d’alimenter au passage la dalle micro en PoE. Un unique câble réseau suffit pour toutes les fonctions. Les dalles disposent de fonctions complémentaires comme la présence d’une Led multicolore indiquant l’état des micros. L’électronique derrière cette dalle peut également incorporer un amplificateur afin d’alimenter des enceintes de la salle pour faire du deux-en-un simplement. Les micros en dalles de plafond offrent une large couverture qui peut aller jusqu’à 60 m2 pour les plus performantes.

 

Les micros en suspension de Vaddio sont très discrets. © DR
Micros en suspension de Vaddio. © DR

Pour les plafonds qui ne seraient pas constitués de dalles standard, vous pouvez vous tourner vers les micros de type suspension. Ils prennent la forme d’une boule reliée à un support rigide ou à un simple cordon. Il y a le plus souvent plusieurs choix en termes de taille afin de pouvoir faire descendre le micro à bonne hauteur, quelle que soit la hauteur sous plafond. Pour une discrétion accrue, ce type de micro est proposé en noir ou en blanc. La boule renferme soit un micro omnidirectionnel, soit l’association de plusieurs capsules pour une couverture à 360°. Ces micros se raccordent soit de façon propriétaire, soit en Dante. Ils disposent d’une Led indicatrice à la façon des micros col de cygne.

Dans une optique d’intégration maximale, il existe également des micros de surface ou à encastrer dont la destination est le plafond. La couverture à 360° permet d’envisager un seul exemplaire dans les petites salles ou de les multiplier dans les plus grandes salles de réunion. Ces micros fonctionnent le plus souvent de façon propriétaire, avec une liaison obligatoire à un boîtier DSP qui va s’occuper du traitement sonore, de l’annulation d’écho, voire du calibrage pour certaines références récentes.

 

Propriétaire ou universel : bien choisir son micro

Selon le fabricant et le modèle, les microphones de table ou de plafond pourront être autonomes ou dépendants d’un système complet. Certains disposent d’une connectique USB simple, d’autres d’une sortie audio analogique. L’audio sur IP Dante est de plus en plus présent. Cela permet de constituer un système multimarque selon ses besoins. Un mixer ou un DSP Dante est nécessaire dans ce cas, mais cela offre de multiples opportunités en termes d’intégration et d’évolutivité. À ce titre, il est possible de faire évoluer facilement une installation en ajoutant des micros lorsque cela devient nécessaire. L’installation est rarement définitive avec des micros posés sur la table de réunion ou prenant la place des plaques de plafond, contrairement à l’intégration dans la menuiserie. Voilà un autre critère à bien estimer au moment du choix des produits.

Retenir une technologie plutôt qu’une autre, un fabricant plutôt qu’un autre dépend essentiellement de l’écosystème que l’on souhaite mettre en place. Il dépend lui-même des contraintes d’installation en termes de nombre de participants maximum dans la même salle, des dimensions de la salle, de son acoustique et du respect de son esthétique. Préfère-t-on un micro par participant ou un système unique capable de capter tous les intervenants ? On retiendra alors des microphones fixés ou posés, sur la table ou au plafond, omnidirectionnels ou cardioïdes. Il ne faudra pas oublier de prendre en compte le système de restitution sonore qui apporte lui aussi son lot de contraintes selon son positionnement dans la salle. Les micros de table et de plafond ne sont qu’une composante de l’équation.

 

LES MICRO-CASQUES

À la manière des indicateurs sur les micros dans les salles de réunion, le casque USB Jabra Evolve 2 30 possède une Led qui s’éclaire en rouge lorsqu’on est en communication. © DR

De nombreux modèles de micro-casques sont dédiés aux activités de secrétariat et aux centres d’appel. Cependant, des modèles plus spécifiques existent à destination d’un usage en réunion. Le micro-casque prend tout son sens dans un open space, dans une petite salle de réunion ou en déplacement dans un hôtel par exemple. Il s’adresse à un utilisateur seul souhaitant rejoindre une réunion tout en pouvant s’isoler dans sa bulle avec une bonne qualité d’écoute et de restitution de sa voix auprès de ses interlocuteurs. Filaire ou sans fil, le micro-casque professionnel doit assurer une liaison fiable et une compatibilité avec les logiciels de conférence les plus courants.

La technologie d’annulation des bruits d’ambiance, qui s’est beaucoup développée sur les casques et écouteurs grand public, trouve maintenant sa place dans les entreprises. Les collaborateurs ont tout intérêt à profiter de cette fonction qui s’affirme chez les ténors du casque professionnel pour les entreprises avec, le plus souvent, différents niveaux d’action. Elle permet de s’isoler de façon efficace en supprimant tous les bruits environnants pour se concentrer sur l’échange avec ses interlocuteurs. Pour rendre les réunions plus agréables, un traitement sonore peut déplacer virtuellement la voix du correspondant en dehors de la tête pour un échange plus réaliste, comme si la personne était devant soi.

Les casques se connectent en USB ou sans fil, en Bluetooth. Ce dernier laisse une plus grande latitude de mouvement. Certains fabricants fournissent un dongle USB/Bluetooth pré-appairé avec leur casque pour une liaison immédiate. Ce dongle permet de contourner les limitations éventuelles du Bluetooth d’origine ou son absence sur l’ordinateur portable. Pour les modèles filaires, certaines références existent avec un connecteur USB-A classique ou bien avec un connecteur USB-C plus moderne.

Tous les casques sont reconnus par l’ensemble des logiciels de conférence. Cependant, il existe certains modèles de casques spécifiquement certifiés pour des applications telles que Microsoft Teams ou Skype Entreprise. La certification garantit un fonctionnement sans friction. Pour seconder les commandes disponibles directement dans les logiciels, des casques filaires intègrent une télécommande sur leur cordon avec les touches décrocher/raccrocher, la mise en sourdine ou la gestion du volume. Enfin, un voyant spécifique à cette catégorie de micro-casque s’allume pour indiquer distinctement aux personnes autour que l’on se trouve en communication.

 

Article extrait du hors-série Guide des Décideurs AV 2023, chapitre « Comment choisir ses outils de captation image et son pour la communication unifiée », repris dans Sonovision #33, p. 52-76

 

Articles connexes

Aménager sa salle de réunion (partie 1/2)

Au-delà des aspects esthétiques, la configuration minimaliste de certaines salles de réunion conduit souvent à des manipulations lors du passage[...]

Choisir ses moyens de captation et diffusion audio (partie 2/2)

Dans cette seconde partie de notre article, nous nous intéressons aux micros de table, aux speakerphones, solutions multimédia, barres de[...]

Comment les salles de réunion sont devenues hybrides…

L’hybridation des salles de réunion est une conséquence de la pandémie que nous avons vécue il y a quelque temps.[...]

Les équipements audio pour le tournage léger

Que l’outil envisagé soit le smartphone, l’appareil photo ou un caméscope de poing, une multitude de microphones et d’accessoires audio[...]

Dernier numéro

Découvrez toutes les nouveautés

Dernières Vidéos

Sonovision se décline sous un format web, avec un fil d’actualités quotidiennes, un accès direct par catégorie : Produits, Univers, Technique, Contenu, Services, Communauté, Made In France ; une Web TV, une galerie photos et une newsletter bimensuelle.

Accès rapide

Mon compte

Newsletter

Petites annonces

S'abonner au magazine