• Contenu Abonné

Caméras en mouvement

La magie de l’image animée, c’est justement… qu’elle l’est ! Sous les yeux de la caméra, le sujet évolue et vit, parfois la caméra aussi se met en mouvement pour le suivre. Quelques indications sur les choix à opérer en fonction des usages voulus.

Publié le 30/06/2021

 

Si la caméra se contente de pivoter sur son axe il s’agit d’un panoramique, mais si elle se déplace on parle alors de travelling. Celui-ci peut être d’amplitudes très variées, avec des trajectoires allant de quelques centimètres à plusieurs kilomètres. Afin de réaliser au mieux ces mouvements on utilise divers outils de machinerie, que nous allons détailler ci-après pour vous aider à choisir le(s) plus adapté(s) à votre situation de tournage.

 

Le panoramique

Le premier mouvement cité est le panoramique s’effectuant en tournant la caméra sur son axe vertical. Celle-ci ne se déplace pas, mais la direction de prise de vue varie souvent pour suivre un sujet ou pour présenter un lieu, par exemple un paysage. Le panoramique peut ainsi être horizontal, vertical ou une combinaison des deux axes. Rien n’empêche bien entendu d’effectuer un tel mouvement à la main, en pivotant sur soi-même pendant que l’on tourne, mais pour un rendu soigné il est recommandé de s’aider d’un peu de machinerie.

A minima, si on cherche l’encombrement le plus réduit, on utilise alors un monopode qui, comme son nom l’indique, est un pied à un seul brin. En gros, il s’agit d’un bâton télescopique capable de supporter le poids d’une caméra, avec un pas de vis sur le dessus pour la fixer. Il faut donc le tenir pour qu’il ne tombe pas, mais il a l’avantage d’aider à gagner en stabilité tout en prenant peu de place sur le lieu de tournage comme dans le sac à dos. Libec et Manfrotto ont développé des modèles équipés d’un mini-trépied à la base afin d’aider le monopode à se maintenir debout tout seul pour peu que la caméra qu’il soutient soit suffisamment légère. Ce système peut même être couplé à une rotule pour pouvoir effectuer des mouvements plus soignés, sans tremblement excessif. Un accessoire faisant gagner un temps précieux est de fixer sur la vis du monopode un plateau rapide et ainsi au lieu de devoir visser et dévisser constamment la caméra sur le support, selon qu’on tourne avec ou sans lui, on peut accrocher très rapidement et sûrement celle-ci en conservant la semelle fixée sous le corps. Quand on utilise plusieurs appareils de machinerie on choisit un plateau rapide de la même marque pour que la semelle soit compatible avec tous et qu’il soit rapide de placer la caméra sur chacun d’entre eux.

Si on souhaite réaliser des panoramiques fluides, il est toutefois nécessaire d’utiliser un trépied, à savoir un pied à trois branches, en haut duquel est fixée une rotule ou tête fluide, qui contient du liquide pour assurer des mouvements sans à-coup. Les branches peuvent être de différentes longueurs et se replier en deux ou trois brins pour un encombrement en transport minimal et être fabriquées dans des matériaux divers : aluminium plébiscité pour sa robustesse ou carbone pour son poids léger. Certains sont plus ou moins pratiques à déplier et à transporter, ou capables de supporter des masses plus ou moins importantes, mais la véritable différence de qualité entre plusieurs trépieds se fait essentiellement dans leur rotule.

L’intérêt d’un pied vidéo est de pouvoir effectuer des mouvements, à l’inverse d’un pied photo qui ne sert que de support pour prendre des images fixes. La tête doit donc pouvoir pivoter sans à-coups, en magnifiant le mouvement initié par le cadreur. Pour cela, des frictions latérales et verticales permettent d’ajuster la résistance à la poussée du cadreur afin d’obtenir le panoramique désiré. On imagine facilement que pour du film animalier, quand on suit des bêtes sauvages au téléobjectif, chaque vibration de la caméra se perçoit et vient perturber l’image. La qualité du trépied et de sa tête est donc primordiale dans cet exemple, mais même en dehors de ce cas extrême, elle influence nettement la finesse des mouvements.

Le choix du trépied se fait en fonction de l’utilisation qui va en être faite, à savoir principalement de la caméra qu’il va supporter. Le volume et le poids étant très différents entre un petit hybride et un caméscope d’épaule, le support ne sera pas le même pour les deux types d’appareils de prise de vue. Bien entendu « qui peut le plus peut le moins » donc vous pouvez utiliser un trépied conséquent pour tourner avec du matériel léger alors que l’inverse n’est pas vrai : un petit pied ne pourra pas supporter le poids d’une grosse caméra. Néanmoins, si vous avez fait le choix d’un équipement compact ce n’est pas pour transporter un pied énorme. On adapte donc le trépied au type de caméra que l’on utilise. Le poids supporté est toujours indiqué par les fabricants et généralement le classement sur les sites Internet est fait en fonction de ce critère, ce qui aide à faire son choix en toute connaissance.

Manfrotto et Libec, cités précédemment, proposent quantité de trépieds avec des branches en aluminium ou en carbone et diverses têtes pour supporter tous les gabarits de caméras. À petits prix on peut citer aussi Camgear. En montant en gamme, on arrive sur les modèles très réputés pour leur fluidité de chez Sachtler, Miller et Vinten, particulièrement appréciés pour les caméras imposantes.

Sous leurs apparences robustes, les trépieds sont en réalité relativement fragiles, du fait du système hydraulique de leur tête, donc il faut en prendre soin, c’est-à-dire éviter de les faire tomber (comme pour tout le matériel !) et desserrer les frictions et les vis de serrage lors des transports et du stockage, pour ne pas forcer sur les mécanismes. Avec un peu de soin on s’assure des images stables à long terme.

 

Travellings

Il est possible de créer de courts travellings à partir d’un trépied, pour peu qu’on rajoute un slider sur celui-ci. Il s’agit d’un petit rail sur lequel vient glisser l’ensemble tête et caméra, afin d’effectuer de légers déplacements pendant la prise de vue. Les sliders sont très utilisés pour dynamiser une interview ou une présentation de produits, afin de mettre en valeur les sujets par de légers travellings soignés. Le mouvement peut être généré à la main en poussant la caméra sur le rail, en s’aidant éventuellement d’une manivelle ou être réalisé par un robot. Les avantages du moteur sont de pouvoir créer des travellings parfaitement fluides, de les répéter à l’identique autant de fois que nécessaire et si besoin est, de les effectuer avec une extrême lenteur, par exemple pour donner du mouvement à un timelapse enregistré sur plusieurs heures. Parmi les concepteurs de ce type de produits, on peut citer Syrp et ses moteurs très reconnus ou iFootage.

Pour des travellings de plus grande ampleur, c’est l’ensemble trépied et caméra qu’il faut mettre en mouvement sur les fameuses dollys qui ont eu leur place sur tous les plateaux de cinéma et de télévision durant des décennies, poussées par le chef machiniste. Depuis, des systèmes portables ont été créés, tels que les steadycams puis les gimbals, rendus possibles par l’apparition d’appareils de prise de vue de plus petit gabarit.

 

Stabilisateurs

Intéressons-nous à ces gimbals gyrostabilisés, ou stabilisateurs, qui se sont multipliés ces dernières années pour convenir à tous les types de caméras et offrir des possibilités de prise de vue totalement nouvelles. Il s’agit d’une nacelle couplée à des moteurs pour compenser les vibrations et les mouvements intempestifs sur deux ou généralement trois axes afin de créer des déplacements d’une très grande fluidité, comme aériens. Le principe est d’ailleurs le même que pour les nacelles de drones ou les boules gyrostabilisées accrochées à des véhicules, souvent sous des hélicoptères. Du fait de leur faible encombrement et de la rapidité de mise en place, ces stabilisateurs permettent de tourner des plans qui étaient jusqu’à présent réservés soit au tournage à la main ou à l’épaule, avec tous les tremblements qui y étaient associés, soit au travelling sur dolly.

Les possibilités sont même élargies puisqu’il n’y a plus de limite dans le déplacement comme c’était le cas avec les rails et on peut se retourner sans découvrir tout un arsenal de machinerie. Ils se tiennent à une main ou à deux selon les configurations, permettent éventuellement d’accéder aux réglages de caméra et de mise au point et proposent des optimisations de stabilisation pour créer divers types de suivis de sujets. On peut ainsi accompagner un personnage, tourner autour de lui, présenter un lieu, en bref évoluer librement dans l’espace pour une prise de vue chorégraphiée et extrêmement fluide.

Avec la multiplication des modèles les tarifs se sont réduits d’autant, donc il serait dommage aujourd’hui de se passer d’un tel accessoire. Que vous tourniez avec un simple smartphone, un hybride ou une caméra plus volumineuse, il existe un gimbal approprié. Comme pour un trépied, le choix du modèle se fait en fonction du gabarit de l’appareil de prise de vue utilisé, avec une attention toute particulière sur la masse de l’ensemble pour un stabilisateur dont les moteurs sont conçus pour supporter des plages de poids relativement réduites : il faut donc bien évaluer la masse de notre caméra et de ses accessoires éventuels pour opter pour le modèle approprié.

Plusieurs fabricants développent des gammes de produits, dont Manfrotto déjà cité pour ses pieds, mais surtout Zhiyun et DJI, bien connu pour ses drones qui exploitent la même technologie de stabilisation de nacelle.

Ainsi pour porter un téléphone, on choisit un Smooth de Zhiyun ou un DJI Osmo Mobile 4. Pour un tout petit hybride de charge utile inférieure à 2,2 kg, on s’oriente vers le Manfrotto MVG220 et en montant en poids, on peut opter pour le MVG460 (pour 4,6 kg), le DJI Ronin S2 ou le Zhiyun Crane 2S qui portent jusqu’à 4,5 kg de charge utile, etc. Pour les modèles de caméra plus conséquents, comme les Red par exemple, il faut regarder du côté de Freefly et de ses Movi, et s’assurer une bonne préparation physique pour être capable de porter un tel ensemble à bout de bras tout en effectuant les meilleurs mouvements de prise de vue !

 

L’envol à l’aide d’un drone

Si l’on souhaite aller encore plus loin dans l’amplitude de ses mouvements, voire s’élever au-dessus de la scène, il faut laisser s’envoler la caméra à l’aide d’un drone. Alors que ceux-ci sortaient des ateliers des fans d’aéromodélisme il y a encore quelques années, leur fabrication en série par plusieurs fabricants, dont le géant DJI, a rendu leur utilisation bien plus fiable, facile et peu onéreuse. Pas étonnant alors qu’ils aient conquis tous les types de productions. Bien qu’il existe quelques alternatives à la marque chinoise, je vous conseille de regarder surtout du côté de ses produits qui bénéficient d’années d’expérience, de recherche et de développement, notamment pour rendre l’expérience utilisateur accessible au plus grand nombre.

Dans les petits modèles, on a le choix dans les Mavic 2 entre les versions Air, Zoom et Pro. Le premier a les avantages d’être ultra-compact et très peu cher, mais en étant un peu plus limité en capacités de vol que les deux autres. Le Zoom, comme son nom l’indique, est équipé d’un zoom optique 2x pour s’affranchir du grand-angle habituel. Quant au Pro, équipé avec une caméra Hasselblad, il est clairement pensé pour fournir la meilleure qualité d’image possible dans cette gamme de produits. À l’heure où j’écris ces lignes, ces appareils ont déjà quelques années et on peut imaginer que de nouvelles versions vont venir les remplacer, avec peut-être même un drone FPV assurant des suivis extrêmement vifs, quoi que réservés à des pilotes aguerris.

Du panoramique au travelling de quelques centimètres à plusieurs kilomètres, il est désormais possible (et même fortement recommandé !) d’effectuer toutes sortes de mouvements de caméras avec les accessoires leur assurant un rendu fluide et léché, afin de multiplier les prises de vue excitantes et ainsi de dynamiser tous les types de vidéos.

 

Extrait de l’article « Comment choisir sa caméra et ses accessoires ? » paru dans Sonovision #23, p. 30-45. Cet article est issu de notre hors-série « Décideurs AV 2021 ». Pour découvrir la suite de ce dossier,  Abonnez-vous à Sonovision (4 numéros/an) et recevez en cadeau un exemplaire de ce hors-série. Ce hors-série est également disponible seul en papier ou digital ici sur le site sonovision.com.

Articles connexes

  • Contenu Abonné

Comment choisir sa caméra de production ?

La production de contenus à destination de la communication audiovisuelle des entreprises peut se faire via différents outils, que ce[...]
  • Contenu Abonné

Outils de capture pour réunions et Visio (II) – Les caméras vidéo

La caméra vidéo est l’élément indispensable pour organiser une visioconférence ou enregistrer un webinaire. Deuxième partie de notre dossier portant[...]

Dernier numéro

Découvrez toutes les nouveautés

Dernières Vidéos

Sonovision se décline sous un format web, avec un fil d’actualités quotidiennes, un accès direct par catégorie : Produits, Univers, Technique, Contenu, Services, Communauté, Made In France ; une Web TV, une galerie photos et une newsletter bimensuelle.

Accès rapide

Mon compte

Newsletter

Petites annonces

S'abonner au magazine