Pour enrichir les échanges et partager de l’information entre tous les participants, de nombreuses salles de réunion sont systématiquement équipées d’un écran LCD de grande taille ou d’un vidéoprojecteur pour diffuser localement des sources d’images informatiques et y raccorder les outils de communication indispensables à la tenue de réunions en mode local ou à distance. Dans beaucoup de cas, un simple câble HDMI est en attente au milieu de la table pour y raccorder le terminal BYOD (Bring Your Own Device), avec son inséparable bloc de prises secteur et un éventuel câble réseau.
Il est possible d’améliorer le confort d’usage en associant l’équipement de base de la salle avec divers matériels périphériques comme un dock USB-C, un sélecteur de sources, un système de diffusion sonore, des panneaux de raccordement standardisés et intégrés dans le mobilier ainsi qu’une petite automation.
L’arrivée des passerelles de présentation et de collaboration sans-fil apporte un progrès indéniable car elles éliminent la corvée du raccordement de l’ordinateur sur le câble disponible en attente. De plus, elles apportent pour les modèles les plus perfectionnés des fonctions de communication et de travail collaboratif qui rendent les réunions plus dynamiques et efficaces.
GRACE A L’USB-C, REGROUPER DES LIAISONS DISTINCTES DANS UN CABLE UNIQUE
Pour raccorder son ordinateur portable aux divers équipements de la salle, plusieurs solutions sont possibles. La plus traditionnelle consiste à raccorder sur l’ordinateur chaque périphérique utilisé dans la salle via un connecteur USB 3.0, ainsi que sa sortie HDMI vers l’écran de diffusion et sans oublier son alimentation secteur et un éventuel accès réseau. Cette multiplicité de connexions conduit à accumuler les câbles qui viennent encombrer la surface de travail et à ralentir le passage d’un ordinateur à l’autre quand un nouveau participant doit partager ses contenus au reste de l’assistance.
Mais depuis que les ordinateurs récents sont munis d’un connecteur USB-C, il est possible de réduire ces multiples connexions en une seule car ce nouveau type d’interface transporte dans une liaison unique des signaux USB 2.0 et 3.x, le réseau Ethernet, du Thunderbolt pour des disques rapides et de la vidéo HDMI et même l’alimentation électrique de l’ordinateur portable. Il suffit d’installer sous la table de travail ou à proximité un dock USB-C (appelé aussi hub ou station d’accueil) pour établir toutes les liaisons fonctionnelles de l’ordinateur avec un câble unique. Ce dernier arrive de la partie inférieure de la table et transporte à la fois les signaux USB vers les périphériques (webcam, station audio de table ou barre audiovisuelle), la sortie écran de l’ordinateur, l’accès au réseau et l’alimentation électrique. Cette opération est beaucoup plus rapide et élimine le fatras de câbles habituel sur la table de réunion.

Selon les modèles de dock USB-C, le nombre total de prises disponibles varie de six à onze selon le nombre de port USB traditionnels, les formats et sorties écrans disponibles, la présence ou pas d’un port réseau et même parfois des slots car cartes mémoires SD ou micro SD. Tous les accessoiristes en proposent une ou plusieurs versions sous des marques totalement confidentielles mais vu la similitude de leurs caractéristiques, il semble évident qu’ils soient tous conçus autour d’un ou deux chips de référence. Les constructeurs informatiques plus traditionnels offrent également ce genre d’accessoires dans leur catalogue. Le connecteur USB-C équipe également de plus en plus de modèles de smartphones (sauf l’iPhone pour l’instant) et des tablettes récentes, plutôt haut de gamme.
Si vous disposez d’un ordinateur équipé en USB-C, cet accessoire devient vite indispensable pour le raccorder rapidement à une large palette de périphériques qui restent connectés au dock USB-C. Il faut également noter que de plus en plus de constructeurs d’écrans informatiques équipent leurs produits avec ce type de dock. L’écran de taille moyenne pour un poste de travail individuel ou de plus grandes dimensions pour une salle de réunion reste raccordé en permanence aux périphériques (clavier/souris, webcam, station audio ou barre de son, réseau local, alimentation secteur…). Il suffit de brancher un unique câble USB-C sur son ordinateur portable pour être prêt à travailler immédiatement ou à diffuser ses images aux autres participants. Une tendance similaire existe également pour les sélecteurs de sources (voir leur description ci-après).
Même si cette solution paraît fort séduisante, il faut néanmoins rester vigilant par rapport à l’hétérogénéité des signaux transmis sur le nouveau connecteur USB-C, en particulier au niveau des signaux vidéo de la sortie écran. L’USB-C est juste un format de connecteur qui offre le transport de multiples signaux numériques mais avec un panachage fort disparate. La palette de ceux réellement disponibles et leurs formats dépendent du concepteur de la carte mère du terminal utilisé.
Dans le cas d’un parc d’ordinateurs homogène géré par la DSI au sein d’une entreprise, les caractéristiques du dock USB-C seront choisies en fonction des spécifications USB-C des ordinateurs remis aux employés et cela ne pose pas de problème d’exploitation après la validation technique du produit. Par contre, dans le cas d’accueil de visiteurs avec une large palette de machines hétérogènes, des problèmes de compatibilité entre l’ordinateur et le dock USB-C peuvent survenir. Ces difficultés devraient à terme disparaître lorsque la disponibilité de ce connecteur sera systématique sur l’ensemble des machines commercialisées (ordinateur, smartphones et tablettes) et que les constructeurs de puces et/ou le consortium USB auront uniformisé leurs offres.
LES PASSERELLES DE PRESENTATION ET DE COLLABORATION SANS-FIL

Afficher le contenu de son ordinateur ou de son terminal mobile BYOD directement sur le vidéoprojecteur ou l’écran LCD de la salle, sans brancher aucun câble est devenu une réalité grâce aux passerelles de présentation et de collaboration sans-fil. Lancé par le chinois Awind il y a plusieurs années et popularisé par Barco avec son ClickShare, le concept est repris par de nombreux constructeurs qui l’ont étendu aux systèmes de communication unifiée (CU), de visioconférence et même dans des écrans LCD interactifs.
Le panorama des solutions de transmission sans-fil est extrêmement large avec une vingtaine de produits inscrits au catalogue des constructeurs. Elles associent à la fois des technologies, des fonctionnalités et des performances fort diverses. Au sein d’un même produit, elles peuvent varier selon le système d’exploitation du terminal d’émission et l’architecture réseau empruntée. Comme dans bien d’autres domaines, le marché se répartit en deux segments. D’un côté des produits professionnels conçus et vendus par des constructeurs spécialisés dans le domaine de l’affichage informatique et de la distribution d’images vidéo. Et de l’autre les constructeurs informatiques qui ont développé des systèmes remplaçant le câble HDMI reliant un ordinateur, une tablette ou un smartphone vers un téléviseur domestique pour y faciliter la consultation de photos et de vidéos.

Les produits définis pour un usage professionnel proposent via une liaison sans-fil un affichage d’une ou de plusieurs sources d’images en mode multifenêtre, quatre en général. Ils mettent l’accent sur la sécurisation de la transmission sans-fil, offrent des outils de modération, d’annotation et de transfert de contenus dans une perspective de travail collaboratif. Pour offrir toutes ces fonctionnalités, ils exigent l’installation d’un module logiciel sur l’ordinateur ou le terminal mobile en essayant de le rendre le plus simple et ergonomique possible.
Les passerelles professionnelles face aux produits grand public
De leur côté, les constructeurs informatiques ne sont pas restés inactifs et ont aussi développé des technologies de transmission sans-fil des images et les sons vers le téléviseur. Certaines sont restées très confidentielles, comme le WiDi ou le WHDI et ont quasiment disparu du marché. Les trois plus répandues actuellement sont Google Cast (nouvelle dénomination du Chromecast), le Miracast et Airplay d’Apple. Pour un usage en entreprise, leurs fonctionnalités sont plus limitées que celles des passerelles professionnelles, en particulier au niveau de la sécurisation des échanges et du travail collaboratif. Mais elles présentent l’avantage d’être implantées systématiquement sur tous les terminaux et ordinateurs et de se répandre sur un nombre toujours plus large de téléviseurs, d’écrans LCD et de vidéoprojecteurs.
Si le dispositif d’affichage en est dépourvu, il est facile d’y ajouter un dongle de réception disponible pour les trois systèmes, vendu de 40 à 200 euros selon la résolution des images et la technologie. D’ailleurs les constructeurs de passerelles professionnelles ne s’y trompent pas et rendent leurs produits les plus récents compatibles avec une ou plusieurs de ces technologies.
Chacune de ces trois solutions est liée, au départ, à l’un des principaux systèmes d’exploitation, Windows pour Miracast, Android pour Google Cast et MacOS et iOS pour AirPlay. Miracast est la plus simple à mettre en œuvre car elle s’appuie sur une liaison wi-fi direct entre la source d’image et le dispositif d’affichage ou un récepteur Miracast. Il n’est donc pas nécessaire de disposer d’une borne wi-fi pour mettre en place cette liaison. Le transfert d’image fonctionne en mode recopie d’écran uniquement. La technologie est disponible sur un grand nombre d’ordinateurs portables tournant sous Windows et beaucoup de terminaux Android en sont également équipés. Par contre, Miracast ne fonctionne pas avec les machines d’Apple, tant sous MacOS que sur iOS (iPhone et iPad).
Google Cast est d’abord conçu pour streamer des contenus audiovisuels vers un téléviseur. La source d’images et le récepteur Google Cast doivent être raccordés sur le même réseau wi-fi. Dans les applications multimédias, une icône spécifique apparaît sur l’écran du terminal mobile si le logiciel ou le service est compatible et si le récepteur est prêt à « caster ». Si on clique dessus, le flux vidéo et/ou audio est dévié vers le récepteur et libère le processeur du mobile du travail de réception et de décodage. Les fonctions de recopie d’écran pour ordinateurs sont accessibles via un module logiciel maintenant intégré au navigateur Chrome. Il faut donc obligatoirement installer Chrome sur sa machine pour faire de la recopie d’écran. Il est disponible sur les principaux systèmes d’exploitation.
AirPlay est la technologie d’Apple pour distribuer des contenus audiovisuels sur un réseau interne entre toutes ses machines et donc l’Apple TV qui fait office de passerelle de réception et d’affichage. Un nombre croissant de TV connectés et de périphériques d’affichage sont compatibles AirPlay. Depuis les ordinateurs iMac et Mac Book, les iPhone et les iPad, l’utilisateur diffuse des contenus streamés, vidéo, photo ou musique et a la possibilité d’effectuer également une recopie d’écran. Depuis un ordinateur Windows ou un mobile Android, il est également possible de diffuser des contenus multimédias vers des équipements compatibles AirPlay et d’effectuer une recopie d’écran grâce à des applications tierces.
Si l’utilisation de ces outils grand public peut se révéler limitée dans le cadre d’une entreprise importante, sans parler des risques liés à la sécurité, ils peuvent se révéler suffisants pour l’équipement d’une unique salle de réunion en particulier dans les TPE.

Lecture de documents ou recopie d’écran ?
Avant d’explorer les différentes fonctions des passerelles de présentation sans-fil, il est nécessaire de préciser que la majorité d’entre elles proposent deux modes d’affichage des contenus de l’ordinateur de la tablette. Le premier mode est la classique recopie d’écran (ou mode miroir) où tout ce qui est affiché ou manipulé sur l’écran de l’ordinateur ou de la tablette est transmis à la passerelle et reproduit sur l’écran qui lui est raccordée. Or le contenu de l’écran n’est pas transmis directement comme avec un câblage VGA ou HDMI. Il est converti en flux vidéo grâce à une application dédiée ou intégrée au système d’exploitation.
Selon le système d’exploitation (ou sa version) et son architecture hardware interne, tous les terminaux ne sont pas capables d’effectuer cette opération d’encodage en temps réel avec une fluidité suffisante. En conséquence beaucoup d’applications associées à une passerelle proposent un second mode de consultation, le lecteur de documents (ou player). Elles accèdent aux fichiers stockés sur le terminal qu’elles lisent directement mais sans mode d’édition des documents. Ces « players » affichent en général les fichiers d’Office (Excel, Word, PowerPoint), les PDF, les photos JPEG et les vidéos. En cas d’utilisation d’un logiciel spécifique et sans la fonction de recopie d’écran, il sera alors impossible de l’afficher.
De plus en plus de systèmes proposent la recopie d’écran, mais il existe encore au catalogue des produits d’entrée de gamme ou lancés il y a plusieurs années qui sont limités à cette fonction de lecture. Attention, les possibilités varient aussi selon l’OS du terminal et parfois de sa version. Avant tout achat, il est donc prudent de vérifier si la recopie d’écran est disponible sur tous les modèles de terminaux (ordinateurs, tablettes ou smartphones) utilisés dans la salle. Les systèmes les plus récents et donc plus puissants offrent plus de souplesse en permettant de sélectionner la recopie intégrale de l’écran ou bien uniquement les fenêtres d’un logiciel choisi ou encore mieux une fenêtre spécifique de ce logiciel, ce qui évite de distraire l’auditoire avec des éléments extérieurs à la présentation.
Toutes les passerelles de présentation professionnelles sont organisées autour d’un boîtier récepteur qui sera installé à proximité du système d’affichage de la salle. Il se raccorde à ce dernier via une liaison HDMI, et parfois en DisplayPort. Une majorité de systèmes sont capables d’afficher quatre sources d’images simultanément en mode quad split. Elles sont sélectionnées parmi tous les terminaux connectés à la passerelle, huit à seize en général, mais certains systèmes vont jusqu’à 32 ou 64 terminaux connectés simultanément. Les systèmes d’entrée de gamme se limitent à l’affichage d’une seule source. Un mode modérateur est intégré à certains systèmes afin que l’animateur de la réunion puisse sélectionner les images envoyées vers l’écran ou le vidéoprojecteur.
Liaison directe ou passage par une borne wi-fi ?
La liaison sans-fil est mise en œuvre de manière différente selon la présence ou non d’un point d’accès wi-fi intégré au boîtier récepteur, chaque solution ayant ses partisans ou ses détracteurs. Si la passerelle dispose de sa propre borne wi-fi, la liaison s’établit directement entre elle et le terminal mobile et reste indépendante de tout le trafic sur le réseau de l’entreprise. Dans l’autre cas, la passerelle se connecte à l’infrastructure réseau de la salle pour récupérer les images du terminal et les afficher à l’écran. Selon les modes d’accès et les procédures de sécurité en vigueur dans l’entreprise, cela peut devenir plus lourd et contraignant. Ce type de liaison associé à l’architecture réseau du système de diffusion devra être affiné selon les us et coutumes de chaque DSI. Les systèmes indépendants du réseau de l’entreprise sont plus aptes à recevoir les images de l’ordinateur d’un visiteur, qui n’obtiendra jamais l’autorisation de se connecter au réseau de l’entreprise. Par contre, passer via le réseau de l’entreprise donne un accès à Internet et élargit les services de la passerelle à des fonctions de communication vers l’extérieur (visioconférence, travail collaboratif…). Plusieurs modèles de passerelles offrent une double connexion réseau (filaire ou wi-fi), l’une vers le réseau de l’entreprise et la seconde vers le réseau « invité ».
Pour les utilisateurs membres de l’entreprise, le raccordement de leur ordinateur ou de leur terminal BYOD ne posera aucun problème car ils sont déjà connectés et reconnus par le réseau wi-fi de leur société. Par contre, pour les invités, cela peut être plus compliqué. Même en cas de réseau invité, il y a peu de chances que les passerelles de présentation soient accessibles depuis celui-ci. Pour faciliter la connexion des utilisateurs, chaque passerelle dispose d’un écran d’accueil affiché dès sa mise en route. Celui-ci fournit la procédure pour connecter son ordinateur ou sa tablette au système de diffusion : adresse IP, ou nom du SSID, code secret pour garantir la confidentialité. Il donne également le moyen d’accéder à l’application nécessaire pour transmettre les images ou les contenus depuis son terminal, soit par un lien de téléchargement ou parfois un QR Code à flasher depuis son smartphone ou sa tablette.

Malgré cela, les manipulations peuvent encore rebuter des utilisateurs. Barco le premier a conçu son fameux bouton pour le ClickShare (je clique, je partage !). Du côté ordinateur, le participant branche un dongle fourni par Barco sur l’un des ports USB de sa machine. Celui-ci contient le logiciel de transmission qu’il installe de manière temporaire. Une simple pression sur le bouton central du dongle et l’image de l’ordinateur est transmise vers le dispositif d’affichage. La liaison en wi-fi est cryptée et un appairage entre les dongles et la passerelle garantit que les images partent uniquement vers le boîtier de la salle et non dans les locaux voisins. Quatre dongles peuvent fonctionner simultanément et avec un simple clic sur le bouton l’utilisateur passe d’une source à l’autre ou alors avec un mode d’affichage simultané en demi ou quart d’écran. Les tablettes communiquent directement avec la passerelle via des applications disponibles en iOS ou sous Android. ClickShare avec son bouton connecté au port USB de l’ordinateur laisse disponible le module wi-fi intégrée à l’ordinateur pour une connexion simultanée au réseau de l’entreprise ou un autre accès wi-fi. Ce système du bouton est tellement rapide et efficace qu’il a été repris par beaucoup de ses concurrents, mais avec parfois des raccordements et des procédures spécifiques.
Des fonctions élargies au travail collaboratif
Une première catégorie de passerelles de diffusion se contente d’assurer la liaison entre l’ordinateur ou la tablette vers l’écran LCD d’affichage ou le vidéoprojecteur. Une seconde catégorie de produits ajoute des fonctions de lecture de contenus depuis le boîtier de la passerelle via une clé ou un disque dur raccordé sur l’un des ports USB intégrés, ou un accès au cloud. Dans ce cas, l’utilisateur n’est pas obligé de venir avec son ordinateur ou son terminal mobile en réunion et surtout l’appairer au système. Enfin une troisième série d’outils y ajoute des fonctions de partage de contenus et de travail collaboratif entre tous les participants raccordés à la passerelle. Attention ces fonctionnalités sont variables selon les constructeurs et parfois même à l’intérieur d’une même gamme. Nombre de passerelles sont munies de ports USB. Outre la lecture de contenu évoquée plus haut elles assurent d’autres fonctions. Plusieurs s’en servent juste pour la maintenance, et parfois à l’appairage des boutons. D’autres les réservent au raccordement de clavier et de souris pour contrôler le système et même l’utilisation d’un écran tactile.
Toujours pour améliorer la communication entre les participants, certains systèmes convertissent le contenu affiché à l’écran en flux de streaming associé à des pages HTML transmises vers les ordinateurs des participants avec possibilité d’enregistrement individuel. Dans cette perspective de travail collaboratif, plusieurs systèmes permettent l’échange des fichiers entre plusieurs stations identiques, sur le site lui-même ou à distance. Avec de telles fonctions, les outils les plus sophistiqués se rapprochent fortement d’outils de communication unifiée avec systèmes d’échanges dans le cloud. D’ailleurs, plusieurs spécialistes de la visioconférence complètent leur gamme de produits avec des passerelles de présentation sans-fil qui reprennent une majorité des fonctions décrites ci-dessus. Elles s’associent au codec de la marque pour constituer un ensemble complet de communication à la fois dans la salle elle-même et à distance.
Des modèles récents sont maintenant équipés de ports USB-C (voir plus haut les fonctionnalités spécifiques de ce nouveau port) et offrent une large palette d’échanges de signaux numériques, bidirectionnels avec l’ordinateur qui y est connecté. Cela démultiplie les fonctions de communication et leur ouvre l’accès à des services de visioconférence et de communication unifiée.
Pour les distinguer des passerelles de diffusion décrites plus haut, cette nouvelle catégorie de produits ajoute le suffixe « conférence » à leur dénomination. Elles offrent un couplage de leurs fonctionnalités de diffusion avec des outils de visioconférence, de manière à élargir leurs fonctions collaboratives. Les ports USB servent alors à connecter les périphériques de captation comme des caméras PTZ ou des webcams, des barres vidéo, des stations audio de table, des processeurs audio, etc. Elles deviennent ainsi le cœur des fonctions de communication de la salle de réunion, soit de manière autonome, soit en association avec les fonctions collaboratives intégrées dans l’ordinateur des participants.

Des passerelles sans-fil dans les écrans interactifs
Face au succès grandissant des passerelles de partage et de diffusion sans-fil, de nombreux constructeurs d’écrans LCD ont proposé d’y intégrer les fonctions de partage et de transmission sans-fil. Le premier avantage immédiat est la suppression du boîtier récepteur à placer à proximité. Mais cela concerne surtout des écrans interactifs dotés de multiples fonctions d’échanges et de communication (tableau blanc, annotations, consultation de fichiers à distance…) dont la prise en main n’est pas toujours évidente pour des utilisateurs néophytes. Ces fonctions sont proposées sur des modèles haut de gamme assez onéreux et l’acquisition de tels produits pourra être envisagée après une comparaison financière avec la solution associant un écran LCD simple bon marché couplé à une passerelle limitée aux seules fonctions de diffusion et de partage.
Rappelons également que les smart TV grand public destinées au marché domestique sont équipés dans leur grande majorité de modules de réception Miracast et Google Cast et de plus en plus souvent de fonctions AirPlay. Cette tendance commence à gagner également le marché des écrans LCD « corporate ».

LES SELECTEURS/SCALERS
Les sélecteurs de sources sont des équipements destinés à passer rapidement d’une source d’images à l’autre en cours de réunion et éviter les pertes de temps dues au raccordement de l’ordinateur portable entre chaque conférencier. Il existe des modèles passifs très simples mais des constructeurs spécialisés dans les équipements de traitement et de distribution d’images informatiques ont enrichi leurs catalogues avec des gammes très étendues de sélecteurs. Ils les complètent de multiples fonctions pour enrichir les projections vidéo et informatiques.
Dans les gammes « entreprise », les vidéoprojecteurs et les écrans LCD sont équipés d’un nombre limité d’entrées pour les sources vidéo et informatiques, en général deux connecteurs HDMI et un VGA, bien que les sources équipées de cette ancienne sortie analogique aient pratiquement toutes disparu. Ensuite, selon les gammes et les marchés visés, cette combinaison minimale de connecteurs est complétée par des entrées DVI, DisplayPort, puis pour des signaux analogiques, composite vidéo et/ou composantes, de manière à couvrir une majorité de besoins.
Au cours d’une réunion ou d’une conférence, pour passer rapidement d’un ordinateur à l’autre, surtout si les sources sont nombreuses et multiples, il est plus confortable de mettre en place un sélecteur de sources et d’y raccorder à l’avance les divers ordinateurs ou autres sources d’images. D’un clic sur un bouton, l’utilisateur passe ainsi immédiatement d’un appareil à l’autre. Il existe aussi des modèles avec commutation automatique. Dès qu’une nouvelle source est raccordée, l’entrée est sélectionnée automatiquement. Cette fonction est heureusement débrayable car selon les cas, cet automatisme conçu pour simplifier l’exploitation à l’utilisateur peut se révéler aussi source d’erreurs et d’affichage intempestifs.
Si toutes les sources sont équipées d’un connecteur identique, par exemple le HDMI, il existe chez nombre de fournisseurs, des sélecteurs simples équipés d’un modèle unique de connecteur, identique en entrées et sorties. Le seul critère de choix se limite alors au nombre d’entrées du sélecteur, en général, de deux jusqu’à huit, ou plus de manière exceptionnelle.

Élargir les possibilités de raccordement
Mais le HDMI (ou le VGA par le passé) est loin d’être le seul connecteur de sortie écran des ordinateurs. Même si les vidéoprojecteurs et les écrans LCD offrent parfois une palette assez large, le raccordement de sources munies d’une connectique moins classique obligerait d’intervenir à l’arrière de l’appareil de diffusion et de démultiplier les câblages. L’une des fonctions classiques des sélecteurs est d’effectuer la conversion de la connectique variée en entrées dans un format unique en sortie. Une fois raccordé au vidéoprojecteur en plafond ou à l’écran mural, il sera plus aisé de brancher les sources sur le sélecteur muni à la fois d’entrées HDMI, VGA, DVI, DisplayPort, vidéo composite ou composantes.
Avec la généralisation du port USB-C sur les ordinateurs, de nombreux constructeurs ajoutent ce type de connecteur sur leurs modèles récents. Comme celui-ci fonctionne de manière bidirectionnelle, cela offre en outre des fonctions de « hub » USB avec d’autres périphériques raccordés en USB type A ou B, sur le sélecteur et élargit la palette des services accessibles depuis l’ordinateur.
Très souvent ce type de sélecteur est équipé de circuits de traitement (ou de scaling) qui effectuent une conversion des résolutions de manière à passer par exemple de la résolution SD vers la HD ou la 4K ou d’amener les diverses résolutions informatiques des ordinateurs dans une seule, la résolution native du dispositif d’affichage. Ainsi en passant d’une source à l’autre, on évite les flashs ou sautes d’images quand les circuits de balayage du vidéoprojecteur ou de l’écran LCD se recalent sur les nouvelles fréquences de la source. Ces appareils sont alors dénommés sélecteurs/scalers puisqu’ils associent les deux fonctions. Dès qu’une réunion ou une présentation revêt un certain standing, il est indispensable de prévoir un sélecteur/scaler pour assurer une commutation propre ou au moins un affichage stable et constant.

Une ouverture vers le HDBaseT
Avec la généralisation du transport sur paires torsadées HDBaseT, tous les constructeurs de sélecteurs/scalers ont ajouté à leur catalogue des modèles équipés avec une ou plusieurs entrées HDBaseT et une sortie HDBaseT. Concernant la sortie, il est opportun de choisir un modèle avec une sortie dédoublée en miroir, HDBaseT et HDMI.
La sortie HDBaseT alimentera un vidéoprojecteur un peu éloigné (se rappeler que la liaison HDMI est limitée à une longueur d’une dizaine de mètres) et la seconde en HDMI servira pour un écran de contrôle à proximité ou un écran de retour pour l’orateur.
Ne pas confondre la sortie miroir d’un sélecteur/scaler qui fournit la même image sur deux connecteurs de formats différents et ceux avec deux sorties indépendantes sur lesquelles l’utilisateur sélectionne n’importe quelle entrée au choix. Dans ce cas, il diffuse deux contenus distincts vers deux directions, et le sélecteur devient une matrice ou une grille de commutation.
Malgré la standardisation des signaux sur paires torsadées en HDBaseT, les constructeurs d’équipements de traitement d’images informatiques continuent à promouvoir leur propre solution propriétaire. Ainsi Extron avec le XTP et le DTP, Crestron et le Digital Media, AMX avec le DXLink, Kramer avec le DGKat. Certaines sont compatibles HDBaseT, d’autres non. Cela conduit à des dédoublements de références avec des connectiques spécifiques et une extension de leur catalogue pas toujours évidente à déchiffrer.
Si l’acheteur se cantonne à un seul fournisseur, l’interopérabilité ne posera pas de problème. Par contre le raccordement entre marques et dénomination différentes peut conduire à des dysfonctionnements. Veiller à bien vérifier ce point auprès des constructeurs avant la validation de son architecture. L’alliance HDBaseT fournit également sur son site les marques et modèles compatibles.

Les fonctions de traitement audio
Certains sélecteurs possèdent également des fonctions de commutation audio. Cela facilite la gestion des signaux audio et évite de démultiplier les entrées audio sur une console de mixage ou un préampli audio. Les liaisons HDMI et HDBaseT transportent les signaux audio en mode « embedded » (ou embarqué). La commutation audio est assurée automatiquement lors d’un changement de sources. Par contre pour le VGA, le DVI ou le DisplayPort, les signaux audio sont transportés de manière indépendante sur un second câble.
Pour les sélecteurs de sources équipés d’entrées HDMI et d’autres types de connectique, il est souvent prévu des circuits embedder et désembedder audio, qui combinent ou au contraire extraient les signaux audio du signal vidéo. Ainsi l’audio associé à une entrée HDMI pourra facilement être dévié pour être envoyé vers une sonorisation extérieure et inversement, le son associé à une source d’image et câblé de manière indépendante pourra être renvoyé vers la sortie HDMI avec audio « embedded ».
Quelques modèles de sélecteur prévoient une entrée pour microphone afin de renvoyer le son de l’orateur vers les haut-parleurs de l’écran LCD ou la sonorisation. Cette fonctionnalité est souvent limitée dans ses réglages et ses possibilités et offre moins de souplesse qu’un système dédié de sonorisation.
Des fonctions pour agrémenter la présentation
Lorsque l’on monte en gamme, les sélecteurs/scalers s’enrichissent de multiples fonctions destinées à en faciliter l’exploitation et à agrémenter l’affichage des images. Parmi celles-ci, le gel d’image, la diffusion d’une image d’accueil, un noir écran, du multifenêtrage avec des incrustations en PIP… Ces fonctions sont surtout utiles pour des présentations scénarisées lors d’événements avec une certaine renommée. Leur coût et l’obligation de bien en maîtriser toutes les ressources les réservent pour l’équipement d’auditoriums ou de grandes salles de réunion. Si on poursuit vers le haut de gamme, le marché propose de véritables mélangeurs dédiés aux sources d’images informatiques et destinés aux grands shows de présentation, comme chez Analog Way, Barco ou Christie. Ces matériels très sophistiqués dépassent le cadre de ce hors-série.
Certains produits regroupent dans une unité électronique unique, dénommée alors système de présentation, à la fois le sélecteur/scaler, le mélangeur audio, l’amplificateur de sonorisation et l’automate. Cette intégration fort complète de tous les outils nécessaires à la gestion audiovisuelle d’une réunion simplifie grandement l’installation de la salle à la condition que ses capacités en termes d’entrées/sorties, de puissance sonore et de fonctionnalités correspondent réellement aux besoins souhaités.
Tous les sélecteurs/scalers sont munis de boutons en face avant pour sélectionner la source. Quand leurs fonctions s’élargissent, il faudra passer par un afficheur LCD avec les inévitables touches de navigation pas toujours très ergonomiques. Une grande majorité d’équipements est télécommandable à distance via des contacts secs, un port série RS-232 ou de préférence un port réseau Ethernet pour être intégré dans un système d’automation. Il est préférable d’éviter les systèmes de télécommande propriétaire avec connecteur spécifique et protocole dédié ainsi que les télécommandes à infrarouge que l’on ne retrouve jamais quand on en a besoin. De plus en plus d’appareils sont équipés de serveurs Web internes facilitant le pilotage à distance via un simple navigateur sur PC ou tablette.
(*) Extrait du chapitre « Comment diffuser et distribuer ses contenus ? » du Guide des Décideurs AV 2023-24. Vous retrouverez ici, fragmenté en deux articles, la partie liée à l’aménagement des salles de réunion. Pour découvrir le dossier dans son intégralité, vous pouvez vous abonner à Sonovision ou commander uniquement le hors-série via ce site Web. Dossier repris dans Sonovision #34 p.40-69








