Trois questions à… Cyrille Carillon, fondateur de Domino Studio

    Créée à Marseille en 2004, l’agence sonore Domino Studio a été choisie pour la numérisation des fonds sonores du MuCEM, un volume conséquent composé par plus de 18 000 entités : bandes magnétiques, cassettes audio et disques vinyles (du 78 au 33 tours). Rencontre avec Cyrille Carillon, son fondateur.*
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    Publié le 16/08/2017

     

    Quels sont les enjeux du chantier de numérisation du MuCEM ?

    Cyrille Carillon : Le MuCEM a choisi de numériser ses fonds en fonction des besoins définis par les équipes de valorisation du patrimoine. Le volume à traiter, ainsi que le calendrier, dépendent donc du musée. Ce choix exige de notre part beaucoup de souplesse, d’autant plus que le catalogage de certains contenus risque de se faire en même temps que leur numérisation. Il s’agit aussi de standardiser les modules de numérisation sonores selon les entités. Et ce, en fonction des recommandations de l’AFAS (Association française des archives sonores). Nous aimerions aussi harmoniser l’exploitation des fichiers de métadonnées. Le MuCEM ayant fait le choix du logiciel de gestion de bases de données, Digital Asset Managment d’Armadillo – à l’inverse de la MMSH (Maison Méditerranée des Sciences de l’Homme) qui a opté pour le logiciel documentaire Alexandrie –, il nous faut d’abord nous assurer que notre protocole soit compatible.

     

    Une part importante de votre activité porte sur la documentation sonore…

    Il nous arrive de documenter le son que nous numérisons, c’est-à-dire d’indexer les contenus avec des mots-clés. Nous cherchons maintenant à mettre des balises directement dans le son. Les laboratoires de la MMSH et du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) mènent des recherches dans ce sens. Ces systèmes commencent à être mis en place dans les médiathèques de consultation son, mais ils ne sont pas encore accessibles au grand public.

     

    Quels sont les enjeux de cette documentation sonore ?

    Elle sert à la création radiophonique. À partir du moment où l’on connaît un contenu sonore, on peut le valoriser. Nous avons ainsi réalisé pour l’ONF, à partir de leurs archives numérisées, plusieurs « bulles » radiophoniques à caractère documentaire. Celles-ci étaient embarquées dans les audioguides pour des balades sonores en forêt. Nous sommes ravis quand nous pouvons faire le pont entre notre activité en numérisation (environ 25 % du CA) et notre activité en postproduction (75 %).

    * Extrait de notre article paru pour la première fois dans Sonovision #7, p. 46-47. Abonnez-vous au magazine Sonovision (1 an • 4 numéros + 1 hors-série) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

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